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Chaque semaine, Caroline Ettori et Michel Barat, ancien recteur de l’académie de Corse reçoivent un acteur de la vie publique insulaire.

Politique, société, tendance, économie, sport… Décryptages et analyses sont dans Revue de Corse.

Le vendredi à 8 heures, le samedi à 13 heures et le dimanche à 18 heures.

Revue de Corse avec Julie Benetti, ancienne rectrice de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Marie-Jeanne Nicoli, présidente du Cesec de Corse
Revue de Corse avec Jean-Guy Talamoni, vendredi 12 novembre 2021
Revue de Corse avec Laetitia Descoin-Cucchi, présidente de l’association Inseme
Revue de Corse avec Philippe Perfettini, auteur de Napoléon, punk, dépressif…Héros
Revue de Corse avec Thierry Rovere, chargé de mission pour la délégation Corse de la Fondation du Patrimoine
Revue de Corse avec Jean-Pascal Terrazzoni d’Adduniti
Revue de Corse avec André de Caffarelli, chef de pôle « Urgences et Soins Continus » de l’hôpital de Bastia, en charge de la Covid 19.
Revue de Corse avec Johan Pinna pour parler audace et éloquence
Revue de Corse avec Marie-Claire Papadacci, art-thérapeute à Ajaccio
Revue de Corse avec Virginie Frantz, Dasen de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Laura Guidicelli, conseillère exécutive de la collectivité de Corse en charge de l’égalité femmes-hommes
Revue de Corse avec Jean-Charles Martinelli, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Corse
Revue de Corse avec Kevin Petroni pour son ouvrage L’adieu aux aspirations nationales
Revue de Corse avec Fatima Pupponi du Festival des cinémas du Maghreb
Revue de Corse avec Bernard Biancarelli des Editions Albiana

Portrait

Par Karine Casalta

C’est d’abord sur les planches que ses mots ont conquis le public.  Aujourd’hui c’est dans le prétoire, devant les tribunaux qu’il s’en sert pour convaincre son auditoire.  Après des débuts très prometteurs dans l’univers cinématographique, c’est en effet dans une carrière d’avocat pénaliste que Baptist Agostini Croce, qui a prêté serment il y a quelques semaines seulement a choisi de se tourner.

A 24 ans à peine, Le jeune avocat présente en effet un parcours atypique, car si les exemples d’avocats passés des prétoires à la scène sont relativement nombreux l’inverse est bien plus rare. C’est avec le Stand-up que Baptist Agostini Croce a fait ses premiers pas sur scène. 

Un talent précoce

Déjà à l’école il aimait bien faire le pitre et faire rire ses camarades en leur racontant des histoires. S’il n’est alors pas très attentif en cours, il révèle en revanche un talent précoce pour raconter avec humour sa vie sur scène, ce qui va le conduire à se produire dès l’âge de 13 ans devant un vrai public, en première partie du spectacle de Didier Ferrari qui jouait alors son one man show « Le grand saut » à Corte. 

Prenant un réel plaisir à l’exercice qui comble à la fois son appétence pour la narration d’histoires et son goût de l’éloquence, il s’y plongera avec délice durant 7 ans, jouant sur des formats d’une dizaine de minutes, de première partie en première partie, jusqu’à la création de son propre spectacle « Baptist Agostini Plaide coupable. »  « Faire du stand-up m’a réellement passionné et au fil des rencontres m’a ouvert aussi pas mal de portes par la suite dans le milieu artistique, me conduisant à faire de la comédie et passer devant la caméra. » Fort de son succès c’est assez naturellement qu’il envisage alors une carrière artistique.  « Enfant, on m’a toujours raconté des histoires et donné le goût des films et des livres. Sans avoir envie de devenir acteur j’étais très attiré par le théâtre et le cinéma. J’avais envie de faire quelque chose dans cet univers. »  Autodidacte, Il se lance donc bientôt dans la réalisation de deux courts-métrages Simu Leoni en 2015 et Le Loup en 2017 puis en 2016, la série Studiente, diffusée sur France3 Corse Via Stella qui connait un gros succès auprès du public et débouchera en 2021 sur un premier long-métrage, Localisé(s), coécrit avec son ami Jacques Antoine Lando Cancellieri.

Une attirance reelle pour l’avocature 

Durant ces années où le succès est pourtant au rendez-vous, il se rend très vite compte que cette voie ne le satisfera pas à long terme. Il avait ainsi commencé à réfléchir à ce qu’il pourrait faire : « La profession d’avocat m’avais toujours attiré, mais je n’étais pas un lycéen extrêmement attentif ni scolaire, au grand dam de mes parents je ne travaillais que lorsque cela m’intéressait. Je m’étais donc persuadé que je n’étais pas fait pour de longues études. J’avais donc un peu mis cette idée de côté en m’orientant vers une carrière artistique qui démarrait plutôt bien. Mais au fil du temps je me suis vite rendu compte que j’avais envie d’autre chose.  Et curieux de tout, c’est en allant assister à un procès en comparution immédiate, que son attrait pour le métier d’avocat va se confirmer « Alors âgé de 16 ans, j’ai su ce jour-là que je ne pourrai pas faire autre chose de ma vie. C’est difficile d’expliquer pourquoi, comment, mais lorsque je suis sorti du palais de justice je savais que c’était ce que je voulais faire. Peu importe le temps que ça prendrait, et la difficulté que cela pouvait représenter. » Il se décide donc alors  à de franchir les portes de la fac et se lancer dans des études universitaires dans l’objectif de pouvoir un jour passer le barreau. « J’ai besoin de me fixer des objectifs pour savoir où je vais. Je me suis donc inscrit dans la foulée en fac de droit à Corte, où je suis resté deux ans avant de partir à Paris poursuivre mes études ».  Sans abandonner pour autant totalement son activité artistique. « J’aime bien l’imprévu mais je préfère tout prévoir » précise-t-il non sans humour « J’ai donc continué le cinéma en parallèle de mes études, ce qui m’a aidé notamment à les financer. » 

Aller au bout de ses rêves

Et de fait, il a dès lors mené les deux de front jusqu’à très récemment.  On pouvait ainsi le retrouver cet été encore avec Jacques-Antoine Lando-Cancellieri, en tournée dans toute la Corse pour la promotion de « Localisé(s) » leur premier long-métrage. 

Engagée avec passion dans ses études juridiques, il obtiendra un Master en Droit pénal international et des affaires et un diplôme universitaire de droit des entreprises en difficulté de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, et poursuivra par la suite sa formation à l’école de formation des barreaux de la cour d’appel de paris. Il se forgera aussi une expérience auprès du cabinet Garbarini & Associés ainsi qu’au sein des chambres correctionnelles financières de la Cour d’appel de Paris. Sa détermination à toute épreuve l’a conduit à prêter serment au mois de novembre dernier. « Aujourd’hui je suis à 1200% dans cette profession d’avocat que j’ai aimé avant même de le devenir. » Lui qui s’était toujours dit qu’il voulait réaliser ses rêves d’enfant est aujourd’hui inscrit au barreau de Paris, et a sollicité une inscription secondaire au barreau de Bastia. Désormais appelé à plaider, son expérience de la scène, qui lui a appris tant à placer sa voix, que la gestion du tempo ou celle du trac, sera sans doute utile à l’homme de loi pour aborder ses prises de paroles. Mais dit-il, « il ne me viendrait pas à l’esprit de prendre ça comme un spectacle.  Il y a un enjeu humain au-delà de notre performance qui nous dépasse ! »

D’une insatiable appétence pour la narration , il vient aussi de sortir un premier roman, Pyramides, aux éditions Maïa, un projet littéraire en gestation depuis des années qui vient d’aboutir, et qui comme l’ensemble de sa production artistique, parle de la jeunesse et des problématiques qui le touchent.  Il continuera certainement aussi, en prenant le temps, dit-il, à écrire et réaliser, mais ne compte plus monter sur scène. De ce côté-là, la page est tournée, le futur ténor du barreau, a définitivement changé d’auditoire.

L’ancienne rectrice de l’académie de Corse revient sur son expérience insulaire et évoque ses nouvelles fonctions, sur le terrain, à la rencontre de la communauté éducative.

Le festival ajaccien « Under My Screen », consacré au cinéma britannique et irlandais, apparaît comme un ovni dans la programmation culturelle ajaccienne. Créé en 2009 par une équipe de passionnés, le festival se déroule au cœur de la cité impériale, qui fut, il faut le souligner, un haut lieu de villégiature plébiscité par la bourgeoisie anglaise au xixe siècle pour son climat propice en hiver. 

En progression constante depuis son lancement, « Under My Screen » a su, par une sélection éclectique, fidéliser un large public friand de culture anglaise, irlandaise et écossaise.

Cette année, toute l’équipe accueillait Bernard Reynaud, président des Écrans britanniques de Nîmes, venu soutenir ses homologues ajacciens. 

Regards croisés de deux cinéphiles engagés.

Par Anne-catherine Mendez

Pourquoi organiser un festival du film britannique à Ajaccio et à Nîmes ?

Marie-Diane : Avec Jean-Paul Filipini, le président d’« Under My Screen », nous nous sommes aperçus que très peu de chose était organisé autour de la culture britannique, pourtant très liée à la cité impériale. En effet, Ajaccio représentait un important lieu de villégiature pour l’aristocratie anglaise au xixe siècle qui se délectait d’hivers doux et de plages de sable blanc. Cette population a laissé à la ville des monuments remarquables alors à son apogée en tant que station d’hiver. À cette époque, de nombreux hôtels et villas ont été construits dans le « quartier des étrangers ». Les plus beaux vestiges sont sans doute le Grand Hôtel, sur le cours Grandval, achevé en 1894, l’église anglicane, édifiée elle aussi sur le cours Grandval à partir de 1869 à l’initiative de Miss Campbell. Cette Écossaise fut également la première à écrire un ouvrage touristique sur Ajaccio et la Corse, popularisant ainsi cette destination en direction de nombreux Britanniques. À cette période, Ajaccio comptait jusqu’à un millier d’hivernants britanniques, surpassant les stations de la Côte d’Azur.

Nous avons donc décidé de rendre hommage à cette période peu connue par nos contemporains en créant un festival cinématographique dont les films ne sont pas, pour la plupart, diffusés en France. Ils sont souvent empreints d’un humour décalé, que nous n’avons pas l’habitude d’entendre ou de voir à l’écran. Pour les amateurs du 7e art, c’est une mine d’or méconnue. 

Bernard : À Nîmes, à l’instar d’Ajaccio, organiser un festival centré autour de la Grande-Bretagne et l’Irlande, n’était pas évident. C’est une région, plutôt tournée vers la culture camarguaise, et l’Espagne. Mais pour des passionnés de cinéma, et de culture anglaise comme moi, l’aventure dure depuis 25 ans. 

Le cinéma britannique a toujours été un moteur du cinéma européen. Notre mission principale est de rendre accessible à tous ce cinéma qui a été, et demeure, un cinéma innovant qui a son public en France. En effet, une partie du cinéma britannique se construit en dehors des grands studios qui dominent la production et la distribution. Comme il n’est pas toujours facile de voir ces films, notre travail consiste à les rendre plus abordables au grand public, ainsi qu’aux jeunes, par le biais de nos actions éducatives, notamment auprès des classes étudiant l’anglais, la littérature, la culture et la société britanniques. L’idée du cinéma, à mon sens, est de faire en sorte que les gens se comprennent mieux, se reconnaissent à travers des personnages, des situations de vie même si c’est très éloigné de leur propre quotidien. 

Comment s’opère la sélection des films ?

Marie-Diane : La sélection est toujours un élément compliqué dans l’organisation d’un festival. Au-delà des films que l’on choisit, il faut créer un échange avec le public. La rencontre avec les réalisateurs, les acteurs, constitue un lieu d’échange, de discussions, de débat. Quand on choisit un film, il faut garder cet esprit de convivialité en tête. Comme nous sommes un petit festival, il faut user de toutes les ruses pour pouvoir se procurer des œuvres inédites que nous souhaitons faire découvrir au public ajaccien. Au début, nous nous attachions à trouver des films distribués en France, très vite nous nous sommes aperçus, que les petites pépites empruntaient d’autres circuits de distribution. Avec l’expérience et surtout la mise en réseau de nos contacts respectifs, nous arrivons à dénicher de jolies surprises. Aujourd’hui, quand je visionne un film proposé en sélection les premières images peuvent être déterminantes, je sais s’il va rencontrer son public en Corse. Ce qui est amusant également en choisissant ces films hors des sentiers battus, est de savoir que nos invités n’arrivent même pas à situer Ajaccio sur une carte ! 

Bernard : Nous avons un peu plus d’expérience que nos confrères corses (rire). Nous proposons 40 films sur 10 jours. La nouveauté et le patrimoine cinématographique britannique sont les deux piliers du festival. Dinard reste mon marché le plus important, le hasard, la pugnacité, la curiosité font le reste. Souvent la projection d’un film résulte d’une belle histoire. Par exemple, le film Float Like a Butterfly, de la réalisatrice Carmel Winters, que j’ai présenté moi-même à Ajaccio, est un film complètement inédit, découvert par hasard, sous-titré par nos soins que vous ne verrez jamais en salle. C’est ça le boulot d’un festival. 

La pandémie a-t-elle modifié vos organisations respectives ?

Marie-Diane : Nous avons dû annuler l’édition 2020 et heureusement celle de 2021, n’a pas subi de bouleversement. Nous restons attachés à la salle de cinéma et au grand écran, mais dans l’avenir, il est peut-être nécessaire à ce que nous réfléchissions à d’autres formes de projection. La collaboration avec le complexe Ellipse nous offre de réelles perspectives, notamment avec la réfection du cinéma Laetitia. 

Bernard : Nous avons pu déplacer notre édition 2020 au mois de juin, mais la fréquentation a été très décevante. En revanche, nous avons créé un mini festival en ligne sur un week-end avec projection, échanges avec des réalisateurs et cela a été un succès. Au sein de notre association, le projet a fait débat. Certes, un écran de télévision ou d’ordinateur ce n’est pas du cinéma, mais quand on ne peut pas offrir autre chose… Et depuis cela nous a fait réfléchir à des projets de projections dans des lieux où il n’y a plus de salles, afin d’offrir à des personnes éloignés du cinéma, une ouverture sur le monde.

Quelle est la santé du cinéma britannique aujourd’hui ?

Bernard : La santé du cinéma britannique actuel confirme la renaissance à laquelle on avait assisté au début des années 1980. Elle se traduit par une diversification des genres et des thèmes, au-delà des grands domaines communément associés à ce qui fait la force de cette cinématographie. Le regard porté sur le multiculturalisme, l’arrivée de jeunes cinéastes porteurs de nouvelles attitudes, enrichissent un panorama marqué essentiellement par des faits de société. Les comédies sont peu présentes, l’emprise sociale sur les œuvres des jeunes cinéastes reste très marquée. 

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Bernard : Ma rencontre avec Ken Loach est un moment gravé dans le marbre. Généreux, dynamique, avec une pêche incroyable. La découverte du film LAD, A Yorkshire Story, réalisé en 2013, diffusé sur YouTube pendant le confinement, vu par des milliers d’Anglais et projeté enfin en festival. Une deuxième naissance pour ce film magnifique.

Marie-Diane : Mon meilleur souvenir est certainement la rencontre avec David Mackenzie, réalisateur du film Perfect SenseLors de sa venue à Ajaccio, quand nous lui avons fait déguster quelques vins corses, il a vivement regretté de ne pas les avoir cités dans son film dans lequel un cuisinier et une chercheuse tombent amoureux. 

Une devise ?

Bernard : Sans tapis rouge, sans prix, tout pour le cinéma.

Marie-Diane : Regarder toujours « under my screen ».

A biera studientina

ECCU UN’ANDATURA NUVATRICE, QUELLA PURTATA DA TRÈ STUDIENTE IN GENIU BIOLOGICU DI L’IUT DI CORSICA. DA PARTICIPÀ À UN CUNCORSU NAZIUNALE, ANU DECISU DI FÀ A SO PROPIA BIERA. UN PRODUTTU NUSTRALE È ECOLOGICU D’ALTA QUALITÀ. EMMA GILLET, MÉLISSA CLOTTES È LÉA PINZUTI L’ANU BATTIZATU SIMBULICAMENTE « SPERANZA ». CI NÈ DICENU DI PIÙ…

Par Petru Altiani

Comment l’idée de participer au concours national DEF’IAB est-elle née ?

La participation a tout d’abord été une proposition de deux de nos professeurs qui nous accompagnent dans ce projet. Nous avons tout de suite été conquises par l’idée… Il s’agit d’un concours inter-IUT de fabrication d’une bière* originale sur un thème donné. À l’initiative de l’IUT de Saint-Brieuc en Bretagne, il s’adresse à tous les étudiants en génie biologique option « industries agro-alimentaires et biologiques ».

Les étudiants en génie biologique de l’IUT di Corsica avaient-ils par le passé participé à ce concours ? S’y étaient-ils déjà illustrés ?

En effet, le concours se déroule tous les 2 ans et des étudiants cortenais y participent depuis plusieurs éditions. Malheureusement, ces candidatures successives n’ont pas donné lieu à ce jour à l’obtention d’un prix.

Que représente pour vous votre projet de création de bière verte et bio ? Pourquoi cette thématique ?

Ce projet représente pour nous la mise en pratique et la concrétisation des savoirs qui nous ont été enseignés pendant ces deux années de DUT. Nous découvrons également par celui-ci le défi logistique qu’est la conception et la production d’un produit dans son entièreté. Le thème « bière verte » nous a amenées à nous pencher vers le bio et également l’éco-conception. Ces thématiques sont pour nous des enjeux écologiques majeurs de notre société d’aujourd’hui et, par ce concours, nous avons voulu mettre en avant nos engagements et convictions.

Pensez-vous pouvoir tirer votre épingle du jeu avec ce produit ?

Nous nous investissons énormément dans ce projet et espérons donc qu’il porte ses fruits. Nous allons le mener au bout et nous essayons, pour ce faire, de nous donner les moyens de nos ambitions.

Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Sur le thème imposé, « bière verte », notre réflexion s’est portée sur 3 axes. Tout d’abord, utiliser des ingrédients verts pour sa production : le kiwi et le citron vert pour aromatiser notre bière. Puis, donner une coloration à la bière : pour l’originalité ! À l’aide de colorant naturel bien sûr. Et enfin, créer un produit où éco-conception et éco-responsabilité sont les mots d’ordre : les kiwis et les citrons verts nous ont été fournis par un producteur local dont l’exploitation est bio, Patrick Berghman, qui a gentiment accepté de prendre part à notre projet en nous offrant ses fruits jugés hors calibres pour la vente, par exemple.

Pourquoi le choix d’une bière artisanale nustrale ?

Nous avons fait le choix de mettre en avant le terroir corse. Si l’engouement autour de la bière n’est plus à démontrer, notre démarche reste d’ordre purement pédagogique. Pour autant, nous nous sommes lancées le défi de réaliser, dans le cadre de nos études, un breuvage de qualité, selon un cahier des charges précis, afin de présenter un projet original et qui, de manière tangible, pourrait s’inscrire dans un contexte économique et environnemental réaliste !

Comment travaillez-vous pour sa fabrication ? Avec quel équipement et quelle quantité pouvez-vous produire/embouteiller ?

Actuellement, nous avons brassé 20 litres de notre recette, au sein de l’IUT, qui possède le matériel nécessaire à la réalisation du projet, encadrées par nos deux professeurs qui nous ont proposé cette idée.

Un deuxième brassage sera réalisé en janvier afin d’améliorer notre recette.

Sur quels partenariats et accompagnements pouvez-vous compter pour la réalisation de votre projet ?

Nous sommes accompagnées dans ce projet par, tout d’abord nos deux professeurs, mesdames Christine Chancogne et Vanina Lorenzi, mais également trois étudiants de 2eannée de DUT « techniques de commercialisation » ainsi que des étudiants de 2e année de DUT « hygiène, sécurité, environnement ». Nous avons aussi Patrick Berghman qui a accepté de prendre part à ce projet.

La FabLab nous offre, pour sa part, un accompagnement pour la création du packaging de notre bière en lien avec les étudiants de la filière « techniques de commercialisation » qui nous guident aussi dans notre réflexion sur le positionnement de notre produit en réalisant une étude de marché et en définissant un mix-marketing.

De leur côté, les étudiants d’hygiène, sécurité, environnement, réalisent des supports de sensibilisation aux dangers de l’alcool et prévention de sécurité routière qui seront intégrés à notre projet. Ils ont notamment imaginé un QR-Code sur l’étiquette de la bière, donnant accès à des vidéo-clips ou encore à une bande dessinée.

Vous l’avez baptisée « Speranza ». Quel est le message que vous souhaitez délivrer avec ce nom très évocateur ?

Le vert est la couleur de l’espoir alors « Speranza » était un peu une évidence. Nous mettons toute notre énergie dans ce projet pour le mener au bout. Il nous permet également de subtilement intégrer l’identité corse.

Comment se sont passées les premières séances de dégustation que vous avez organisées ?

Malheureusement, en raison de l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 sur l’île, les dégustations sont suspendues et ne peuvent avoir lieu. Il va alors falloir que l’on se fie à nos palais pour déceler les améliorations à apporter à notre produit.

Mais nous avons tout de même réalisé une présentation de notre projet ainsi que du fonctionnement de la production de la bière le 15 décembre dernier.

Quel regard portez-vous sur le secteur de la bière en Corse ?

Nous savons tous qu’en Corse de grands industriels ont le monopole sur ce marché mais de plus en plus de brasseurs artisanaux s’installent. Nous pensons que c’est dans ce sens-là que le secteur doit se développer.

Quels sont vos projets ? 

Après la présentation du 15 décembre, la prochaine étape consiste à : l’envoi du produit pour le 4 mars à Saint-Brieuc pour une dégustation devant un jury constitué de professionnels et d’amateurs, programmée pour sa part le 8 mars. Sachant que les critères d’évaluation portent sur le goût de la bière, le respect du thème, le dossier technique, l’affiche publicitaire et le packaging. L’avenir de ce projet à la suite du concours est encore assez flou mais nous espérons arriver à le porter le plus loin possible.

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.                        

Journal de bord : Paris-Montréal

Par Nathalie Coulon

 
« Un cognac, Monsieur ? »
« Et vous Madame, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Eau plate, gazeuse, une boisson chaude, vin, liqueur, champagne ? »
Le pilote affiche la couleur, ce sera des turbulences une grande partie du vol.
« Champagne oui champagne. »
Ça picole pas mal dans l’avion je dois avouer. 
Air Corsica par exemple propose des mini-Heineken sur son direct Bruxelles et pour le reste ce sera canistrelli café, jus de tomate cacahuètes déshydratées. C’est moins cool quand même ! 
Avec le tarif résident, je verrais bien un vol pumonte accompagné d’un bon rouge Faustine du domaine Abbatucci et pour le Cismonte un vin blanc bien frais d’Antoine Arena. 
Je trouve ça léger non ? Un accueil pareil surtout pour vaincre sa peur moins coûteux qu’un stage en capsule virtuelle à une blinde chez Air France simulateur foudre, tempête, fin du monde ! 
Bon ! La classe voudrait que la débauche soit soft tout de même et pas se faire débarquer en plein vol ! 
O joie ! 
La joie sur le sol canadien, c’est ce tirage au sort à l’arrivée pour nous accueillir :
« Bonjour, bienvenus au Canada, vous avez été sélectionnés pour un test Covid et une mise en quarantaine de 24 à 48 heures en l’attente du résultat négatif. »
C’est génial, ce monde nouveau. Déshumanisé. Des bornes partout, des agents peu et pas disponibles, des centaines de voyageurs qui grouillent aux quatre coins du monde, des cabines de fortune et cliniques éphémères, on vous attend écouvillon à la main, direct taxi et isolés.
PCR en poche au départ de Corse valable 48 heures mais gratuit, sur le territoire canadien 150 dollars et patientez un max pour le résultat et plus vous serez impatients et plus vous raquerez 300 dollars pour un résultat en moins de 12 heures. 
Ça change du système de la Sécurité sociale made in France surtout ! 
Mais après tout, qui a raison qui a tort pour faire barrage à cette pandémie qui ne cesse de se multiplier de vagues en vagues.
Pass sanitaire, pass vaccinal, j’en sais plus rien, après avoir flâné dans les rues de Montréal au froid, je découvre la neige légère et fraîche, je respire, me balade, je m’attarde dans un bistrot du Plateau-Mont-Royal créé dans les années 80 par une Norvégienne débarquée de Toronto, les lumières sont tamisées, les bières blondes et les nachos latino se mélangent très bien à l’ambiance Amérique du Nord. C’est d’une grande poésie, punk et libre dans ce quartier bohème de la ville. 
Je pense au « bed-in » de John Lennon et Yoko Ono :  Give peace a chance. 
Ça ne pouvait pas être ailleurs que là, vraiment.
Les gens sont gentils, cools, pourtant la ville est immense, ça donne une impression de paix, le ciel est bleu givré, c’est d’une grande beauté. 
On en oublierait les restrictions, les jauges et tout ce bordel viral. Je crois qu’on s’y est presque habitués. 
Voyager, on a finalement rien inventé de mieux. Tant que les frontières restent ouvertes, on aura cet esprit de liberté. 
C’est donc de l’autre côté de l’Atlantique, loin de mon île que je vous présente mes meilleurs vœux de paix, de santé et de prospérité.
Pace è Salute. 
Love and libertà à tutti. 

La crise sanitaire, économique et climatique des deux dernières années a accéléré la transformation de la société et a modifié les priorités des investisseurs, des entreprises et des consommateurs. Pour 2022, la résolution majeure de toutes nos entreprises est assurément de penser climat autour des pratiques ESG (Environnement, Société et Gouvernance.)

Par Sébastien Ristori

Sébastien Ristori est analyste financier, directeur du groupe Barnes Corse. Diplômé et certifié en finance par l’Université de Corse et HEC Paris, il est enseignant en finance d’entreprise et auteur aux éditions Ellipses.

Les pratiques ESG

Les entreprises ont une responsabilité sociétale qui s’impose ! Elles devront favoriser la mise en place d’initiatives visant à réduire l’empreinte environnementale, contribuer à se transformer comme lieu d’inclusion et de bien-être social et s’engager à une gouvernance équitable, en toute parité et en toute transparence. Chaque critère couvre bien des aspects : 

1) Environnement : Le sujet de l’environnement concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la modification du climat lié à l’activité humaine intensive et l’utilisation de produits nuisibles à l’environnement. Il comprend également la gestion des déchets ainsi que la préservation de l’eau et des forêts des activités industrielles. 2) Société : l’aspect sociétal au sens large met l’humain au cœur du dispositif et de l’environnement professionnel. Il inclut la prévention au travail, l’accompagnement à la formation, la protection du droit des salariés, l’accès au soin, le développement de l’égalité des chances, l’inclusion des personnes handicapées. L’aspect sociétal est aussi la responsabilité de l’entreprise de travailler, échanger, sous-traiter avec des entreprises qui respectent ces principes. 3) Gouvernance : les thèmes de gouvernance sont liés à l’éthique des actionnaires, à l’équité entre les sexes concernant les responsabilités et les rémunérations, à la transparence, à la lutte contre la fraude. La gouvernance inclut aussi la volonté d’une équipe à s’occuper des aspects environnementaux et sociétaux de l’entreprise.

Une volonté publique de créer des standards

La volonté de créer une grille de lecture claire à toutes les entreprises en créant des normes internationales a amené les institutions comptables, divers comités de travaux et des organismes financiers à adopter des orientations et des visions communes pour mettre en œuvre des critères ESG. En juillet 2021, après l’épisode dramatique du dôme de chaleur au Canada, Christine Lagarde* a annoncé un plan d’action pour inclure le changement climatique dans la politique monétaire comme une véritable urgence. Ainsi, l’ensemble des entreprises cotées qui trouvent des financements sur les marchés verront leurs capacités financières évaluées à l’aune de leurs responsabilités écologiques. La banque centrale elle-même pourra acheter des obligations conformes aux critères qu’elle imposera. À ce jour, les plus grandes industries comme l’aviation, l’automobile, le secteur chimique ou touristique ont de lourds investissements à réaliser pour verdir leurs activités et entrer dans les futurs canons de la banque centrale. Et cela n’est pas une mince affaire : au 1er semestre 2021, le niveau d’endettement des entreprises françaises atteignait les 170% du PIB alors que la réduction du coût carbone va nécessiter un accroissement de l’endettement pour investir dans des investissements et rééquipements industriels importants.

Les entreprises communiquent avec « La déclaration extra-financière »

Les entreprises cotées de plus de 500 salariés, réalisant au moins 40 M€ de chiffre d’affaires avec un total de bilan de 20 M€, ainsi que les PME non cotées de plus de 500 salariés effectuant un chiffre d’affaires de 100 M€; ont l’obligation de réaliser des déclarations de performances extra-financières. Cette déclaration inclut des informations concernant la politique sociétale, environnementale et le mode de gouvernance de l’entreprise. D’ailleurs, les analystes financiers incluent, dans l’introduction de chacune des analyses financières, une analyse ESG. Cette déclaration détaille le business modèle de l’entreprise, les risques environnementaux et sociaux à laquelle la société doit faire face et les actions réalisées pour résorber les risques et mesurer les résultats.

Certaines sociétés sont des « entreprises à mission »

La loi PACTE permet aux sociétés qui le souhaitent de se transformer en « entreprise à mission ». Danone est devenue la première entreprise à mission en 2020 avec des objectifs sociaux, sociétaux et écologiques clairs engagés depuis 2006 autour d’une raison d’être : « apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ». Derrière cet argument, des faits notables qui n’en font pas qu’un argument marketing permettent à l’entreprise de conserver son statut de société à mission et de justifier les réalisations à travers les déclarations extra-financières. Danone a beaucoup investi dans la production propre et s’est séparée d’activités qui n’entraient pas dans le périmètre de sa raison d’être. La France compte actuellement plus de 250 sociétés à mission.

La révolution du bénéfice par action (BPA) décarbonée de Danone

Toujours dans le cadre de la sensibilisation du plus grand nombre, Danone a calculé sur 2020 l’estimation du coût de ses émissions de gaz à effet de serre sur la base du coût d’un crédit carbone. L’entreprise a réalisé ce calcul, car elle a atteint son pic d’émission de gaz à effet de serre. Elle a simulé ce coût comme une charge ce qui a contribué à calculer un bénéfice amoindri, et donc, ramené sur le nombre d’action en circulation, à un bénéfice par action moins élevé. Pour 1 euro de bénéfice, 36 centimes correspondent à un coût carbone. Autrement dit, si les 36 centimes étaient déduits telle une charge, l’actionnaire pourrait prétendre à 0,64 centime au lieu de 1 euro. C’est la première fois qu’une société communique sur la prise en compte d’une telle externalité. Cette initiative permet de sensibiliser les financiers et les investisseurs à la prise en compte de l’impact carbone dans les résultats des sociétés ! 

Emmanuel Faber à l’ISSB

L’ancien patron de Danone, figure de cette entreprise à mission, devient président du conseil international des normes extra-financières, l’International Sustainability Standards Boards. Cette organisation est le pendant de l’International Accounting Standards Boards (IASB) qui élabore des normes comptables internationales pour harmoniser les lectures financières. Ce conseil vise à créer et harmoniser des critères durables pour les entreprises afin de les faire communiquer de façon identique, normée, par secteur et par pays dans leurs déclarations extra-financières. Ces indicateurs communs permettront d’éviter le greenwashing. L’ex-PDG aura à convaincre les institutionnels déjà à pied d’œuvre sur le sujet de rejoindre les missions de l’ISSB. Ensuite, il faudra rééduquer les entreprises, des grands groupes aux sociétés de tailles intermédiaires. En effet, l’Autorité des marchés financiers a publié en décembre 2021 un premier rapport sur le reporting carbone des 120 plus grandes entreprises françaises : bien que la majorité ait fixé des objectifs de neutralité carbone, les déclarations sont incomplètes, les risques peu anticipés et les méthodologies utilisées différentes. Nul doute que le développement durable est le sujet majeur des cinq prochaines années, de nos plus grandes capitalisations boursières à la PME près de chez vous !

*Présidente de la Banque centrale européenne

Stella, héroïne éco-responsable

La création littéraire et l’imagination participent à l’éducation à l’environnement. C’est la conviction de Jean-Louis Pieraggi, agent au sein de l’Office de l’environnement de la Corse et désormais aussi conteur. Pour le plaisir des jeunes et des moins jeunes aussi.

Par Véronique Emmanuelli 

Jean-Louis Pieraggi, agent au sein de l’Office de l’environnement de la Corse passe une part de son temps à sensibiliser les plus jeunes, à la beauté et à la préservation de la faune, de la flore, et aux défis d’un monde que les générations précédentes n’imaginaient pas ; le réchauffement climatique, les épisodes météo extrêmes, l’épuisement des ressources naturelles. Parce que la sauvegarde de l’environnement est aussi une question d’éducation. On détruit, on pollue, le plus souvent par ignorance. 

De toute évidence, les enfants représentent, en plus, un excellent public. Ils montrent l’exemple, portent le débat à la maison, en attendant d’être des adultes demain. Pour éveiller les curiosités, susciter des engagements, l’agent de l’ONF a établi un nouveau plan d’action en s’orientant vers la création littéraire et en se mettant dans la peau du conteur.

C’est ainsi que l’éducation à l’environnement est devenue Les enfants de Pandora, L’étoile et la mer, publié aux éditions Albiana. Cette fois Jean-Louis Pieraggi privilégie la fantaisie, sollicite les imaginaires tout en campant dans un décor qui ressemble à bien des égards au nôtre. Car d’entrée, l’intrigue embrasse une multitude de thématiques ; les embardées climatiques, les lanceurs d’alerte, les incendies géants, la destruction massive des espèces, les dérèglements sanitaires avec, en toile de fond, l’émergence d’épidémies nouvelles, ou encore l’aveuglement des hommes. 

Nocturne en mer

Dans ce paysage où les embûches se succèdent, l’auteur a inséré Stella, la jeune étudiante en « sciences de la nature » à l’université de Corse, mélange de puissance et de fragilité, d’évanescence et de présence. Son énergie, son enthousiasme, sont palpables à chaque instant, au point de transformer chaque journée en une fresque virevoltante. Mais le dynamisme dont elle a le secret, son intuition aiguë agissent de drôle de façon dès que l’obscurité l’emporte. « Elle fait des rêves très étranges la nuit qui la conduisent à vivre des aventures exceptionnelles », confie l’auteur. 

À son programme nocturne, figure une escapade en mer assortie d’une rencontre pour le moins surprenante avec un petit groupe de dauphins, un face-à-face avec une meute de chiens et une horde de loups au fin fond de la montagne. Les nuits de Stella mènent encore à de gigantesques oiseaux, à des hommes qui portent des enfants dans les bras ou à un berger qui presse un peu trop le pas à travers la forêt. Les équilibres qui vacillent génèrent de l’angoisse, de l’excitation mais aussi une envie de comprendre un peu mieux ce que l’on croit voir.

Berger solitaire 

Stella, toute en tensions, sent des instants propices, inéluctables encore, afin de saisir des enjeux planétaires. Au fil des pages, certains sentiments mystérieux, tenaces sont distillés par Mattea, la tante, « veuve depuis de longues années » et qui « gardait dans son regard un léger voile de tristesse qui n’arrivait pas, toutefois, à ternir sa gaîté naturelle ».

Elle tient l’auberge familiale au bord de la rivière dans la vallée de la Restonica. Elle a la particularité de « communiquer avec les arbres et les animaux ». Sur la trajectoire de l’étudiante se greffe encore le visage de Baptiste, le berger, dont la vie est réglée par la montagne, la solitude ou encore une belle flambée dans la cheminée de sa maisonnette, au milieu de nulle part. Sa conception du cours des choses. Il en est sûr, « il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Il a sans doute aussi quelques messages à délivrer. Son histoire personnelle suffirait d’ailleurs, à elle seule, à nourrir bien des fantasmes. 

Enjeux de notre temps 

Au fil des pages, l’étudiante chemine toujours aux côtés du professeur San Marco. De Corte, à la Restonica, en passant par Ninu, les Pozzine, et jusqu’au rivage. L’enseignant est âgé. Il est connu pour être passionné par son sujet ; « les symbioses », autrement dit, « cette incroyable association entre deux espèces différentes très répandue chez les animaux comme chez les végétaux ». 

À certains moments, le savant dira son regret d’avoir entraîné l’étudiante « dans une drôle d’aventure ». Mais les peurs, le découragement et les épreuves n’ont qu’un temps. En l’occurrence ce sont les animaux, et en particulier deux cachalots, qui rendent accessible de nouveaux horizons.

Un récit qui flirte avec le fantastique tout en intégrant des éléments scientifiques précis et des enjeux de notre époque. À lire sans modération. 

Les enfants de Pandora, L’étoile à la mer, Jean-Louis Pieraggi, aux Éditions Albiana

corbara

À Corbara, dans son petit musée privé, il lève le voile sur les siècles passés à travers une multitude d’objets et de documents aussi anciens que rares, mais aussi de témoignages très émouvants. Il y met aussi ses talents de conteur et de musicien. Une expérience hors du temps. Entrée libre pour tous ! 

Par Véronique Emmanuelli 

« Le collectionneur est atteint d’une véritable maladie. Toute son existence, il cherchera la guérison », répète volontiers Guy Savelli, Selon lui la pathologie pourrait avoir, en plus, une dimension atavique. « C’est dans les gènes. Mon père était déjà collectionneur, mais à un niveau moindre », confie-t-il. Et, une fois le diagnostic posé, le remède consisterait à accumuler des séries d’objets. 

Confirmation dans son petit musée privé auquel il a consacré différentes pièces de sa maison au cœur de Corbara en Balagne. Là, tous les styles et toutes les époques coexistent tandis que sont alignés à touche-touche, entre autres, médailles, stylets fabriqués à Pietralba et Orezza, œuvres d’art, cartes de géographie, éditions aussi rares qu’anciennes, manuscrits, photos, mobilier, instruments de musique, ou encore épées.

Dans ce périmètre qui offre un aperçu original de l’histoire de l’île et au-delà, de nouvelles trouvailles incarnent depuis quelques mois, l’esprit d’autrefois. Comme à son habitude, Guy Savelli a rassemblé des éléments disparates. Rien n’est formaté dans sa démarche de collectionneur compulsif, et surtout curieux de tout. Et puis, il ne cesse de démontrer qu’il a du flair en dénichant toujours des pièces d’exception. La preuve. « Je présente, dans un sous-verre, un exemplaire rarissime de A Tramuntanella fresca e zitella, un journal créé par Santu Casanova. Le premier numéro est paru en 1889. Quelques années plus tard, en 1896, A Tramuntanelladeviendra à Tramuntana fresca e sana », explique-t-il. 

Automate

La Fronde, premier journal féminin et féministe au monde, compte désormais aussi parmi les pièces maîtresses de sa collection. « Ce journal était entièrement conçu et dirigé par des femmes. Il a vu le jour en 1897, à l’initiative de Marguerite Durand », précise-t-il. Dans le musée de Corbara, la dame, plus à son aise avec l’actualité de son temps qu’avec les fourneaux, prête à toutes les audaces, affirme encore sa présence à travers une photo, puis « une lettre autographe et son enveloppe timbrée. L’écriture est très régulière, très belle aussi, assure Guy Savelli. Le courrier, daté du 28 décembre 1897, est adressé à Judith Cladel, la fille du grand romancier Léon Cladel », détaille-t-il. 

Récemment, une autre pépite, sans doute aussi le jouet favori d’une petite fille de jadis, est aussi venu enrichir et enchanter son fonds. « On m’a offert une poupée automate avec ses vêtements d’origine. Elle date du xixesiècle. Elle a été confectionnée par Léopold Lambert. Il l’a signée. Elle est en parfait état de fonctionnement »,raconte-t-il avec enthousiasme.

Depuis près de deux siècles, inlassablement, la poupée tient dans sa main gauche un petit Polichinelle qu’elle agite. De la main droite, elle porte à l’oreille sa montre à gousset. Comme un moment de grâce, délicatement poétique aussi, entre fantaisie et merveilleux. « On m’a recommandé de la faire marcher régulièrement, afin que le mécanisme ne se grippe pas. Aujourd’hui, on ne trouve plus d’horloger pour réparer ce type de modèle », déplore-t-il. 

Dans le petit musée ressurgit encore tout un pan de la mémoire de L’Île-Rousse. Le mouvement épouse les 400 pages du registre d’inventaire de l’hôtel Napoléon-Bonaparte. Il ramène à Sébastien Piccioni, maire de la cité paoline de 1840 à 1848 puis de 1855 à 1871. Avant de concrétiser ses ambitions politiques, celui-ci se lance dans des projets architecturaux ambitieux. 

Capazza

« Il a fait bâtir le château qui à partir de 1830 sera transformé en hôtel Napoléon-Bonaparte. Dans le livre qui est en ma possession, chaque objet, même le plus infime, de l’établissement est répertorié. Tout est mentionné, les chambres de style Louis XV par exemple ou autre, les meubles, la vaisselle. Cet état des lieux a été dressé en 1937. Je l’ai associé à une belle lettre écrite par Sébastien Piccioni, quelques décennies plus tôt en 1864 », ajoute-t-il. 

La suite du parcours évoque des retrouvailles symboliques. « J’ai retrouvé une photo originale de Pierre Truchon, le mari d’Isabelle Andreani, mezzo soprano, interprète, entre autres, en 1959 de Carmen. Je l’ai placée à côté de son épouse », indique-t-il.

En parallèle, le petit musée privé a construit son identité sur des fondamentaux, comme cette paire de lunettes, cette montre, ou encore ce journal de bord et cet altimètre qui rendent compte des exploits de Louis Capazza. 

Le 14 novembre 1886, au petit matin, l’aéronaute originaire de Bastia en compagnie d’Alphonse Fondère quittent Marseille à bord du Gabizos. Cinq heures et demie plus tard, le ballon dirigeable se pose, non sans encombres, au col de San Bastiano sur la commune d’Appietto, à quelques kilomètres d’Ajaccio. Il pleut ce jour-là. On le distingue très bien sur « la photo de l’arrivée » qui figure dans la collection de Guy Savelli. Capazza avait pris soin d’immortaliser son entrée dans l’histoire de l’aéronautique. Il s’en ira ensuite voler vers d’autres cieux et au-dessus d’autres mers.

Une partie de la correspondance de Sully Prudhomme, d’Alphonse Daudet, d’Hector Malot, d’Edmond Goncourt, d’Henri de Régnier et bien d’autres romanciers et artistes de renom du xixe siècle, a trouvé son écrin à Corbara également. Les lettres ont été écrites durant la seconde partie du xixe siècle. Elles évoquent des parutions récentes, des projets de voyage, des bisbilles avec les critiques littéraires, de petits tracas familiaux, à moins que l’on s’épanche sur l’un ou sur l’autre, ou que l’on donne libre cours à son vague à l’âme. Les sujets abordés sont vastes et les préoccupations des épistoliers sont variées. En revanche, toutes ou presque convergent vers Léon Cladel, l’auteur de roman et de nouvelles très en vogue. 

Trésors

Chez Guy Savelli, on regarde en arrière encore, du côté de Tito Franceschini-Pietri, tout à la fois petit-neveu de Pasquale Paoli, secrétaire particulier de Napoléon III, puis exécuteur testamentaire du Prince Impérial, et de l’impératrice Eugénie. L’air du temps passé est alors exprimé à travers des courriers ou un éventail en nacre et en dentelles de Chantilly. L’épouse de Napoléon III privilégiait les accessoires de mode raffinés. 

Le lieu, dans ses coins et recoins, réunit également un Ragguagli de Paoli de 1766, un discours écrit en hommage au général Jean-Pierre Gaffory, chef suprême des Corses de 1704 à 1753, une procuration rédigée par un soldat de Corbara en garnison à Gênes, des documents en lien avec le siège de Paris de 1870, un mezzo scudo à l’effigie de Théodore de Neuhoff, l’éphémère roi de Corse. La pièce en argent a été frappée en Tavagna et découpée à la cisaille. Elle fait partie des dix seuls exemplaires au monde.

Un petit trésor, parmi bien d’autres en somme. « Il y a 50 000 choses chez moi, une seule visite ne suffit pas. Il faut revenir plusieurs fois », recommande Guy Savelli. Son attention se polarise sur les ventes aux enchères, sur les petites annonces y compris en ligne.

Parfois, le hasard fait bien les choses. « Par exemple, c’est en visitant les combles de l’hôtel Napoléon, lors du rachat de celui-ci, que je suis tombé sur le registre d’inventaire », se souvient-il. Il peut compter aussi sur de généreux donateurs. « Les gens me confient de nombreux objets et documents. »

Pour certains, c’est la visite du musée qui a créé le déclic. « Sans doute parce qu’ils se rendent compte que je fais un travail sérieux. Chaque objet est associé à une notice sur laquelle, je fais figurer le nom du donateur. »

Distinction 

Dans le musée tel qu’il l’a pensé et organisé, Guy Savelli a mis beaucoup de ses émotions et de son plaisir personnel, « à accumuler des objets, les montrer au plus grand nombre, les raconter c’est-à-dire les faire vivre. Ce musée, c’est toute ma vie ». En musicien virtuose qu’il est, il estime encore qu’il fait bon de conclure chaque visite par une petite aubade. Une trajectoire intense et hors norme qui recueille tous les suffrages des visiteurs. En 2018, dans le palmarès établi par TripAdvisor, la plateforme de voyage de renom international, le musée devient 1er musée de Corse sur un total de 28. Certains internautes après être passés par Corbara soutiennent aussi que Guy Savelli est « un personnage unique au monde ». 

Ouvert d’avril à octobre de 15h00 à 18h00. En juillet et août de 16h00 à 19h00. Entrée libre. 

À quelques mois des prochaines élections présidentielles, il est de bon ton d’avoir un regard rétrospectif sur le quinquennat qui s’achève. Ce quinquennat s’est ouvert sur une volonté de réformes. Même si dans les faits beaucoup de transformations économiques, sociétales ou autres ont été faites, court une petite musique : les actes n’auraient pas été à la hauteur de la promesse de réforme. 

Par Michel Barat, ancien recteur de lAcadémie de Corse

Pourquoi une telle musique, si les changements ont été nombreux et ont généré parfois des colères voire des criailleries ? La réforme des retraites n’a pas abouti du fait des troubles des « gilets jaunes », puis de la crise sanitaire. Or la réforme des retraites a été qualifiée de « mère de toutes les réformes ».

Mais aussi centrale et indispensable que soit la réforme des retraites, est-elle vraiment la mère de toutes les réformes ? Les acquis favorables étant très importants et les pesanteurs sociologiques très lourdes, elle est sous-tendue par un changement de mentalité. Or les mentalités ne changent pas par des discours fussent-ils convaincants ou experts, cela demande du temps et une éducation pour comprendre les choses. En fait « la mère de toutes les réformes » c’est celle de l’Éducation, celle de l’École, d’un retour à l’école républicaine pour les temps contemporains. Comment faire comprendre la défense d’un système par répartition sans éduquer à la citoyenneté c’est-à-dire le passage d’une responsabilité individuelle à une responsabilité solidaire ou plutôt pour être vraiment républicain fraternelle ? Il ne s’agit pas de provisionner pour ses vieux jours, il s’agit de cotiser quand on est actif pour les concitoyens à la retraite. Cette conception fraternelle intergénérationnelle des retraites n’est pas compatible avec un strict individualisme libéral. Or où apprend-on à dépasser l’intérêt individuel si ce n’est à l’École où l’on perçoit que notre intérêt individuel est pour nous-mêmes d’un intérêt moindre que notre intérêt de citoyen. 

Pour le progrès de tous

Même si le temps n’est plus à la leçon de morale matinale de l’école publique, celle des « hussards noirs de la République », sa pratique à l’époque était d’éduquer à la citoyenneté et de faire des enfants des élèves. Or nous avons bien oublié aujourd’hui que si les parents font des enfants, ce sont les maîtres qui font les élèves. 

Aujourd’hui, on dit bien vite que l’école instruit mais que l’éducation appartient d’abord voire exclusivement aux parents. Non, l’école desserre le milieu familial pour ouvrir à la société et aux autres. En revanche, l’École laïque éduque uniquement par et pour l’instruction, en transmettant le savoir et non en reproduisant une idéologie religieuse, politique ou autre… Seul un état qui aurait comme Vichy pour devise « Travail, Famille, Patrie » peut penser que l’éducation n’est que du fait des parents. Quand on apprend la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », on apprend qu’on ne s’instruit pas seulement pour soi mais aussi pour les autres en vue du progrès de tous. Le déclin de l’École républicaine est à l’origine de la montée des individualismes voire de l’extrême droite. Aucune réforme de progrès n’est possible sans la réforme et le progrès de l’École.

Certains pourraient facilement ironiser en avançant que l’École n’est pas « la mère des réformes » mais la réforme permanente. Une politique éducative serait une forme modérée de trotskisme pratiquant non pas la révolution permanente mais la réforme permanente. Mais, si l’École est bien le lieu de la transmission du savoir, elle évolue comme le savoir et sait que le savoir qu’elle transmet n’est pas le savoir qui en train de se créer. La fausse opposition entre école traditionnelle et école moderne, entre académisme et pédagogisme provient d’une confusion des termes voire d’une confusion mentale. 

Futur citoyen

Il n’existe pas d’École qui ne soit traditionnelle car le propre de la tradition c’est la transmission ; mais il n’y a pas non plus d’École qui ne soit moderne car elle transmet aux enfants d’aujourd’hui pour en faire des élèves d’aujourd’hui. 

Le néologisme, « pédagogisme », pris littéralement dit que le chemin de l’école, autrement dit les méthodes d’apprentissages, est plus important que le contenu du savoir. En grec, le pédagogue à l’origine n’est pas le maître mais l’esclave qui conduit l’élève au maître. Comment restaurer l’autorité du maître si on disqualifie son savoir, encore faut-il que le maître respecte son propre savoir c’est-à-dire le remette en cause pour le faire progresser. Qu’on puisse aujourd’hui mettre au même niveau l’ignorance des militants anti-vaccins et le savoir des médecins est une défaite de la science provenant de la défaite de l’École.

Il faut remettre les choses en place, une des pires erreurs qui ait été commise, c’est d’écrire dans la loi que l’élève est au centre de l’École : le centre de l’École est hors l’École, ce n’est pas le maître, ce n’est pas plus l’élève, mais c’est le futur citoyen, le futur adulte. 

De lélève au maître

Pour que notre République soit une grande démocratie, son école se doit d’être démocratique au sens où elle se doit d’accueillir tous ses enfants, mais son fonctionnement ne l’est pas car l’élève est soumis à l’autorité du savoir du Maître et le Maître n’est digne de son autorité que si lui-même est soumis à l’autorité du savoir et non à celles des opinions. Dans le système français, c’est ce que doit faire pour couronner le secondaire le professeur de philosophie : il n’apprend pas une philosophie à l’élève, encore moins celle qui serait la sienne, mais il apprend à l’élève à penser contre lui-même donc à devenir maître.

L’un s’en va, l’autre arrive. Immuable cycle des ans. Chacun espère que le nouveau calendrier qui effeuille ses premiers jours sera l’apanage de bénéfiques vœux. Individuels et collectifs. Fol espoir pour certains. Mais aussi souhaits qui rassurent, tentative d’exorciser l’avenir. Et en pointillés, l’espérance diffuse des lendemains plus harmonieux que borde d’inconnues le chemin de la Corse.

Par Jean Poletti 

Ce mélange de postures et d’incantations face aux douze prochains mois renvoie à l’humilité des êtres confrontés au futur. Inconsciemment, la période trie entre l’essentiel et l’accessoire. Le réel et l’illusoire. Et montre en incidence la fragilité des hommes et femmes confrontés au destin. Faut-il pour autant demeurer passifs et refuser, sinon de changer la vie, à tout le moins la rendre plus harmonieuse ? Le penser équivaudrait à opter pour un déterminisme, décrit par Spinoza comme l’implacable passé conditionnant aujourd’hui et demain. À cela Camus répond en incidence par L’Homme révolté. Incitant au volontarisme pour tenter de privilégier l’amélioration de la société. Au-delà de la généreuse vision universaliste de cette doctrine morale, il est des situations qui confinent à nos préoccupations locales. Qui naturellement nous intéressent avec acuité. La Corse a ses particularismes. En bannissant toute idée d’autarcie, sa population est en droit de s’interroger sur ce qui pourrait dessiner l’avènement de 2022. De quoi sera-t-il fait ? S’interroger n’appelle pas de réponses tranchées dont sont uniquement capables les augures. Toutefois rien n’interdit d’ouvrir le livre des aspirations qui forgent une communauté. Les sujets ne manquent pas. Loin de s’étioler, ils prennent force et vigueur, dans une néfaste sarabande qui cloue une île au pilori du progrès partagé. Faut-il rappeler en douloureuse antienne le chômage et la précarité ? Derrière ces mots se dissimulent le mal vivre, l’accès au logement, l’autonomie professionnelle de nombreux jeunes. Alors qu’en douloureux reflet du miroir, la cherté de la vie assaille désormais une grande partie de la population active. Sans oublier les retraités aspirés par la pauvreté, ne pouvant plus vivre dignement à l’automne de leurs existences. 

Loin des incantations

Dans notre région que l’on dit bénie des dieux une autre appellation affleure : sous le soleil la misère. Avec en toile de fond la Corse, région la plus pauvre de France métropolitaine. Et un fait cruel entre tous ici une personne sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Toutes les explications et les digressions sur les causes factuelles et structurelles ne peuvent satisfaire. L’interrogation est de mise devant un tel malaise sociétal. Comment avec tant d’atouts une île, dont la population active ne dépasse pas cent mille personnes, ne parvient pas à s’approcher d’une économie florissante, source d’atténuation d’un malheur qui n’ose pas dire son nom ? Restos du Cœur débordés. Initiatives solidaires à l’image de celle qu’anime le docteur François Pernin. La liste des associations ne cesse de s’amplifier pour tenter d’atténuer une situation qui s’aggrave. Comme si cela ne suffisait pas, notre région est aussi la proie de forces occultes qui, ici et là, s’emploient à capter les bénéfices de ceux qui se lèvent tôt pour gérer leurs entreprises. Autant de maux qui se conjuguent faisant résonner dans nos mémoires cette prophétie de Pasquale Paoli « Corsica, non avrai mai bene. » 

Urgentes priorités

Est-il encore temps pour démontrer le contraire ? Oui, clame l’esprit volontariste. S’attacher aux problèmes avec constance et pragmatisme est déjà un pas vers la réussite. Même si le chemin sera long et ardu et ne se satisfera pas d’incantations ou de rappels de mythes évoquant en leitmotiv une Corse faite d’aiuti e solidarita. 

Comment concrétiser l’ébauche d’une initiative pour juguler le long cortège de l’indigence ? D’abord et avant tout en le plaçant au rang d’urgente priorité politique. Elle ne serait pas l’apanage exclusif des édiles de tous bords unis dans une démarche consensuelle, mais impliquerait aussi les socio-professionnels, et tous ceux qui ont voie au chapitre dans les stratégies économiques. Trouver de réelles solutions. Tel serait le seul enjeu en forme de slogan. Aller à l’essentiel, être force de propositions. Le reste n’étant de vains palliatifs sans cesse ressassés, en contradiction avec d’authentiques remèdes. 

Pace è salute

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. La formule de Confucius prend en l’occurrence tout son sens. Oui, le traitement social s’impose devant la gravité, il ne doit cependant pas devenir une finalité. Voilà l’enjeu. Tel est le grand défi. D’autres équations sont à l’évidence à résoudre dans notre région. Mais celui-là est sans doute le plus crucial si l’on veut bâtir la Corse de demain. 

Cela commence, ici maintenant, avec les vœux de bon di è bon’ annu e bon capu d’annu. Pace è salue per tuttu l’annu.