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« Ce qui est à César rendez-le à César Et à Dieu ce qui est à Dieu »

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Tiré de la Bible et du Nouveau Testament au sujet d’un impôt à payer, c’est ainsi que Jésus leur répondit. 

Par Nathalie Coulon


C’est au détour d’une conversation des plus détendues aux sujets divers que nous avions remis au goût du jour cette citation avec Pascale, une fidèle lectrice de Paroles de Corse et fidèle à son Corte aussi. Ne me demandez pas à ce propos  « le qui, le quoi aurait appartenu à César », on ne s’en souvient même plus.

C’est-à-dire que les rencontres se font si rares et contraignantes : pas de poignée de mains, pas d’embrassades ni enlaçades que le peu de temps passé ensemble au grand air est une grande joie pour les humains que nous sommes. Alors dans cet ennui généralisé faute de divertissements, nous égayons nos conversations de mille choses faites et à faire…
Pour revenir à notre bien-nommé César, il est toujours plus honnête et agréable de rendre la responsabilité de ses actes à celui qui les a commis. 
De nos jours, les réseaux sociaux et l’hyper-communication ne rendent pas toujours honneur à l’auteur des faits puisque l’info multipliée, décuplée finit plus ou moins par être déformée. Une sorte de téléphone arabe : Twitter, FB, etc.
Tout au long du mois d’avril, les conférences napoléoniennes ont permis de rendre à l’Empereur un grand hommage pour honorer ses conquêtes, ses défaites, son grand art et son intelligence suprême. 
De même pour Pasquale Paoli – et les autres grandes figures de cette île – qui était déjà en son temps un exemple de philosophe du siècle des Lumières. Nous n’avions pas encore mis les pieds sur la lune, mais en 1765, Corte était dotée de son université. Quelle bénédiction. Quelle grande culture. Ils étaient à l’époque 300 étudiants aujourd’hui des milliers. Merci général Paoli chi bellu rigalu. 
Pour autant depuis un an, inlassablement, j’attends de pouvoir me réjouir de belles et grandes choses. Mais il semblerait qu’il n’en soit pas ainsi, Covid pas Covid, ouvrira, ouvrira pas le bistrot du coin pour refaire le monde en terrasse, le ciné pour un bon film à critiquer et un concert à ciel ouvert pour sauter, chanter, danser. 
On n’y croirait presque plus. Mi-mai ? 
Hum ! Bè !
Le Covid ayant viré du british au brésilien et là terriblement indien, j’avoue que j’aurais préféré me faire une soirée cuisine du monde plutôt que cette pandémie qui nous mine complètement. 
Pendant que Thomas Pesquet nous fait son petit girettu dans l’espace, nous attendons impatiemment un cliché de la Corse qui aurait été tiré de tout là-haut de sa navette spatiale, d’ailleurs le célèbre astronaute sur son Facebook compte de nombreux compatriotes venus du Cismonte et du Pumonte. On n’est pas peu fier même si on voyage pas en SpaceX Crew Dragon d’avoir toujours notre green pass et bientôt notre QR code, et qui on est ? !!! 
On est « coronafree » puntu è basta ! 

« Coronafree » pour un été en paillote, « coronafree » pour un bed dans un hôtel pas en réa, alléluia ! Et des mesures qui nous permettraient ainsi de limiter la circulation de ce virus malfaisant. 

Sortir un peu de nos « chez nous », revisiter sa ville, son île et pourquoi pas un billet d’avion pour prendre un peu l’air.

« Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air », chantait Jacques Dutronc et qu’est-ce qu’il avait raison. 
Quoique là, même plus de service à bord pour une orezza/canistrelli ou un jus de tomates/cacahuète.

Mais quelle loose ! Même pas le temps d’un Paris-Ajaccio pour se sentir une Wonder Woman en sifflant sa boisson dans un gobelet jetable. 

Puisque les mesures impérieuses sont toujours stipulées pour voyager plus loin que le bout de son nez et bien j’espère vite m’émerveiller devant le tableau de Matisse au musée de la Corse et les statues en mémoire des Bonaparte en Ajaccio.

Rien que du beau. 

Matisse avait vu croître en lui tant d’émotion et de passion pour la couleur en se posant en Corse, lors de son voyage de noces entre Angleterre et l’île. Il avait tout compris : Ô Corse, île d’amour.

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