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Jean-Thomas Delsol : Créateur de cinéma

À la une À 21 ans, Jean-Thomas Delsol est un jeune réalisateur ajaccien tout juste sorti du Conservatoire libre du cinéma français de Paris. Sans long métrage à son actif, mais avec beaucoup d’idées en tête, ce passionné de cinéma s’apprête à présenter au grand public et à ses pairs Nemetta son dernier court métrage réalisé dans le cadre de sa dernière année d’études. Il espère que son film fera son chemin sur les écrans pour lui ouvrir les portes de la profession et la voie vers de nouveaux projets. Portrait ` Par Karine Casalta C’est devant le grand écran que pour lui tout a commencé. Nourri de films de tous genres depuis l’enfance, Jean-Thomas a très vite eu l’envie de raconter à son tour des histoires. « Depuis tout petit je suis beaucoup allé au cinéma où j’ai découvert de nombreux films, des films d’aventures, d’action, des thrillers, des comédies, qui pouvaient faire rire ou pleurer, et de nombreux réalisateurs. » Si Tarantino, Scorsese ou David Fisher suscitent très tôt son intérêt – poussé par l’envie d’accéder à des images pas toujours autorisé au vu de son âge – il découvre aussi peu à peu, sur les conseils du vidéo club où il s’alimente en film chaque samedi, le cinéma asiatique et français et se forge au fil du temps une vraie culture cinématographique. Il se découvre une sensibilité pour un cinéma plutôt réaliste, porté par des cinéastes tels que Maurice Pialat, Abdellatif Kechiche, mais aussi Kim Chapiron ou Romain Gavras, dans les traces desquels il aimerait bien marcher aujourd’hui. « Vers 11/12 ans, j’ai commencé à m’intéresser à ce métier. Je voulais comprendre comment un réalisateur derrière sa caméra pouvait parvenir à faire passer toutes sortes d’émotions. J’ai commencé regarder des making-of, à m’intéresser à la fabrication des films, aux différents corps de métier. » Cela le conduit à développer une vraie passion pour les métiers du cinéma. Il se lance alors à cette même époque, avec son meilleur ami, dans la réalisation de petits films, en autodidacte. « De 12 à 18 ans on a ainsi commencé avec un ami, passionné lui aussi, à faire de petits films avec les copains. Lui s’occupait du montage, moi j’étais plutôt derrière la caméra. On a commencé avec une petite caméra, puis petit à petit on a investi dans le son, la lumière… Ce n’était pas toujours réussi mais ça nous apprenait peu à peu les règles de base. Des petites choses qui m’ont finalement beaucoup servi. » Choisir cette voie s’est alors imposé comme une évidence après son baccalauréat. « Ma passion pour les métiers du cinéma m’a conduit à envisager une carrière professionnelle dans ce domaine. » Désireux d’intégrer une filière audiovisuelle pour apprendre « pour de vrai » le cinéma, il part ainsi à Paris suivre les cours de la Mancav, une classe préparatoire aux métiers du cinéma qui lui permet d’en découvrir plus précisément les différentes facettes. Une première étape formatrice où il touche tant à la technique qu’à l’assistanat en réalisation, avant de poursuivre en BTS « images ». Mais rapidement, après une première année de cet apprentissage très technique, qui ne répond pas à ses attentes artistiques, il se détourne de cette formation pour tenter le concours du Conservatoire libre du cinéma français. Admis directement en 2eannée, il choisit alors de se tourner vers la mise en scène et la réalisation, poussé par l’envie de créer par lui-même. « Ce qui me tient à cœur, c’est de raconter des histoires. » Plus qu’une solide formation, qui lui fait découvrir les arcanes de la réalisation, il va gagner sur les bancs de l’école l’apprentissage de l’exigence. Il effectue ainsi ses premiers pas de cinéaste avec Les poings serrés, un premier court métrage écrit et réalisé dans le cadre de sa troisième année d’études. Le petit film de 6 min fait dans des conditions d’école, dans un temps très limité, évoque l’histoire d’une boxeuse : « Dans les vestiaires d’une arène, Sarah Nemetta, une boxeuse atteinte d’une maladie héréditaire qui lui fera perdre l’usage de ses jambes, se voit proposer une énorme somme d’argent contre sa défaite au second round. Elle souhaite l’accepter, mais son coach Mika va le pousser à se battre jusqu’au bout. » Le jeune réalisateur y teste sa patte artistique en exploitant des thèmes qui lui sont chers comme la boxe, tout d’abord, qu’il a beaucoup pratiqué durant sa jeunesse à Ajaccio, mais aussi des valeurs connexes que ce sport véhicule tels que le dépassement de soi, la volonté d’avancer malgré les coups, qu’il s’est intéressé à traiter. « Je trouve par ailleurs que la boxe est très cinématographique à filmer, avec de très belles images à faire des entraînements, des combats. Mais c’est aussi tout ce que ça apporte dans la vie, l’environnement social, tout ce qu’il y a autour qui est intéressant à traiter. Et puis ma rencontre avec mon actrice, Léopoldine Dauzier, qui jouait déjà dans Les poings serrés, qui est elle-même boxeuse et a en grande partie inspiré le personnage qu’elle incarne y est aussi pour beaucoup. » Sur la lancée de son apprentissage, il poursuit avec Nemetta, un second court métrage réalisé avec la même équipe dans des conditions professionnelles dans le cadre de sa dernière année d’études. Suite des Poings serrés, il a pu bénéficier pour sa réalisation de moyens techniques plus importants, qui lui ont permis d’aller plus loin narrativement sur le sujet. Plus long et plus élaboré, dit-il, il a pu ainsi avec Nemetta, approfondir les personnages et réaliser un film formellement plus grand et plus fort. Le film raconte l’histoire de Sarah Nemetta, une entraîneuse de boxe qui s’est blessée et qui comble sa frustration de ne plus boxer dans des combats de rues clandestins organisés par Sandro. Emma, l’une de ses élèves, va la suivre dans ses dérives. Sarah va-t-elle enseigner à son élève l’art noble de la boxe ou la violence de la rue ? Plus qu’un film de fin d’étude, ce court métrage représente en quelque sorte une note d’intention en vue de projets plus ambitieux dans le futur. Il aimerait bien en effet se faire remarquer en tant que réalisateur grâce à lui. Actuellement soumis à plusieurs festivals, Jean-Thomas espère que son film sera retenu pour y être présenté. Une étape indispensable pour le jeune réalisateur qui espère ainsi gagner en visibilité, et pouvoir rencontrer des partenaires potentiels, indispensables à la mise en œuvre d’un premier long métrage quireprendrait l’histoire de Nemetta. Une réalisation qui impliquerait la mise en œuvre de moyens nettement plus importants et de fait la nécessité de répondre à un besoin de financement. « C’est mon souhait le plus cher et j’aimerais partager cette aventure avec la même équipe. » Un réseau de collaborateurs et amis avec lesquels il aimerait continuer son chemin. Jamais loin des plateaux, il travaille régulièrement en tant que technicien, qui lui permet de toujours mieux approfondir sa connaissance de l’univers de la réalisation. Ainsi, entre exigence artistique et soif de reconnaissance, le jeune cinéaste construit pas à pas son parcours qui le mènera, il espère, à pouvoir vivre un jour de sa passion.  

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