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Un autre regard sur la Corse dans votre mensuel disponible en kiosque ou sur www.parolesdecorse.fr

Chaque semaine, Caroline Ettori et ses invités échangent et débattre sur l’actualité insulaire. 

Politique, société, tendance, économie, sport… Décryptages et analyses sont dans Revue de Corse garantie sans langue de bois.

Le vendredi à 8 heures, le samedi à 13 heures et le dimanche à 18 heures. 

Revue de Corse avec Michel Barat et Laurent Dominati

Revue de Corse avec Sébastien Tieri, 9 décembre 2022

 

Revue de Corse, le Débat, 2 décembre 2022

Revue de Corse, le Débat, 18 novembre 2022

Revue de Corse, le Débat. 11 novembre 2022

Revue de Corse, le Débat. 4 novembre 2022

Revue de Corse, le Débat. 28 octobre 2022

Revue de Corse, le Débat. 24 juin 2022

Revue de Corse, le Débat. 17 juin 2022

Revue de Corse, le Débat. 03 juin 2022

Revue de Corse, le Débat spécial Méditerranée. 20 mai 2022

Revue de Corse, le Débat spécial Environnement. 13 mai 2022

Revue de Corse avec Julie Benetti, ancienne rectrice de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Marie-Jeanne Nicoli, présidente du Cesec de Corse
Revue de Corse avec Jean-Guy Talamoni, vendredi 12 novembre 2021
Revue de Corse avec Laetitia Descoin-Cucchi, présidente de l’association Inseme
Revue de Corse avec Philippe Perfettini, auteur de Napoléon, punk, dépressif…Héros
Revue de Corse avec Thierry Rovere, chargé de mission pour la délégation Corse de la Fondation du Patrimoine
Revue de Corse avec Jean-Pascal Terrazzoni d’Adduniti
Revue de Corse avec André de Caffarelli, chef de pôle « Urgences et Soins Continus » de l’hôpital de Bastia, en charge de la Covid 19.
Revue de Corse avec Johan Pinna pour parler audace et éloquence
Revue de Corse avec Marie-Claire Papadacci, art-thérapeute à Ajaccio
Revue de Corse avec Virginie Frantz, Dasen de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Laura Guidicelli, conseillère exécutive de la collectivité de Corse en charge de l’égalité femmes-hommes
Revue de Corse avec Jean-Charles Martinelli, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Corse
Revue de Corse avec Kevin Petroni pour son ouvrage L’adieu aux aspirations nationales
Revue de Corse avec Fatima Pupponi du Festival des cinémas du Maghreb
Revue de Corse avec Bernard Biancarelli des Editions Albiana

 

 

 

 

 

 

 

Le soir où ils se sont quittés, lalalala »… Par Nathalie Coulon Chez nous, il a neigé presque partout en Corse, di Corti à Bastia, dans les villages de l’intérieur, épargnant la ville impériale sous une déferlante de vagues submersives. La route fut longue dans l’intérieur, l’axe Bastia/Ajaccio et son mythique col de Vizzavona, rythmée par les balais des chasse-neige et leurs lames puissantes pour dégager le chemin. C’est toujours la même panique, les semi-remorques qui sont interdits d’accès prennent la route quand-même et les automobilistes imprudents abandonnant leurs véhicules en plein milieu de la chaussée malgré les panneaux routiers lumineux interdisant leur accès. Un bordel nustrale organisé pour passer le temps sur le bord de la route bercé par le vrombissement du chauffage ; on pourrait se repasser un film de Michel Audiard pour décomplexer la hantise de la patinoire on the road ! Audiard disait à propos de la neige : « La neige continuait de tomber, le piano de jouer, mais ce n’était plus que de la neige et du piano… Au cours de mes rondes de nuit, je ressasse des machins comme ça, vrais ou faux, à faire paraître la route moins longue. » Bref, il a beaucoup neigé sur l’île, l’hiver et son manteau blanc, les rivières désormais regorgeront d’eau et nous en bons îliens toujours sur le fil du rasoir, on attendra le soleil pour dire que finalement il fait trop chaud, l’hiver : il fait trop froid. Ah! « Il a neigé sur Yesterday » mais sur le Monte Doru aussi, la Paglia Orba et les montagnes qui surplombent nos plaines, les stations de ski vont-elles rouvrir ? La neige tiendra ? Tiendra pas ?!!! C’est beau la Corse l’hiver, dévaler les pistes enneigées et finir au bord de l’eau pour déguster des oursins. Quelle île magique nous avons, entre 3 faits divers, il est toujours bon de se le rappeler. La capitale Paris est bien loin pourtant mais je crois entendre les bruits des mégaphones pour sonner l’heure grave de la réforme des retraites, Travailler plus, travailler plus vieux. Les Corses champions d’Europe de l’espérance de vie, selon une étude. D’après des données recueillies par Eurostat, c’est en Corse que l’on vit le plus vieux en Europe. L’espérance de vie y est de 84 ans en moyenne et grimpe même à 87 ans chez les femmes. Femu e corne ! Mais mourir en bonne santé pour le fun de se dire que la vie vaut bien la peine d’être vécue. C’était Romain Gary qui avait écrit : « que la vie vaut d’être vécue, que le bonheur est accessible, qu’il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu’on aime avec un abandon total de soi ». Le 14 février pointant bientôt son nez au milieu de l’hiver, une histoire d’amour cachée : le mariage de Romain Gary et Jean Seberg. C’est un des secrets bien gardés de la Corse. Ils sont arrivés en avion militaire, Jean Seberg pense qu’elle va se retrouver dans le maquis, elle arrive en chaussures plates, même pas de bouquet de mariée. Le maire, Noël Sarolla, a été choisi parce qu’il était connu pour être un homme qui accepte de rendre service. Il ne connaissait bien sûr ni Romain Gary ni Jean Seberg. Il n’a pas publié les bans, et sur le registre tout ou presque est faux, notamment le fait que Romain Gary habite à Sarolla. Tout ça était fascinant. Voilà donc le mystère du mariage résolu, d’après Ariane Chemin. C’est grâce à sa rencontre avec le colonel Colonna Cesari, ancien agent secret du gaullisme, que la journaliste Ariane Chemin a pu obtenir des informations sur le mariage secret du double prix Goncourt Romain Gary et l’actrice américaine Jean Seberg. L’amour, l’amour, l’amour… Février, ses 28 jours, sa neige, ses amours, ses emmerdes et ses mouvements sociaux qui mijotent. Il en est fini des vœux de janvier, peut-être cette fois tenter des prières ou encore chanter sous la pluie pour continuer à vivre en paix dans ce monde en furie. Sinon pour les températures à 19° recommandées et la facture d’électricité qui s’annonce salée, je vous laisse méditer sur ce proverbe : Affascia puru e legne chi l’inguernu hè longu ! Et non !…    
Un retard structurel généralement admis et une pandémie plus tard, que pensent les Corses de l’offre de soins insulaire? Pour près de deux tiers d’entre eux, l’offre est loin d’être satisfaisante. Plus précisément, les habitants du rural sont les moins convaincus (67%) tout comme les militants nationalistes à 73%. Pour un peu plus de la moitié du panel, l’organisation du parcours de soins à savoir trouver les professionnels de santé correspondant aux besoins des patients, la prise de rendez-vous, le suivi médical, le séjour à l’hôpital, est considéré comme difficile. Là encore, ce sont les ruraux qui peinent à trouver les personnes et structures ressources (58%). Enfin, la création d’un Centre Hospitalo-Universitaire (CHU) en Corse largement défendue par la classe politique et les professionnels de santé doit être une priorité pour plus de deux tiers des personnes interrogées. Sondage Exclusif Paroles de Corse – Opinion of Corsica – C2C Corse Toute reprise totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète. Étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 502 personnes représentatifs de lapopulation française âgées de 18 ans et plus. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 3 à 5 points.   
LE MOIS DERNIER, NOUS AVONS ÉVOQUÉ LA FAIBLESSE DU MARCHÉ DE LA REPRISE D’ENTREPRISE QUI POUR DE NOMBREUX SPÉCIALISTES DEMEURE LE PROBLÈME MAJEUR DE L’ÉCONOMIE CORSE. RAPPELONS POUR MÉMOIRE QU’UN TIERS DES ENTREPRISES SERONT À CÉDER DANS LES DIX PROCHAINES ANNÉES. Par Jean Andre Miniconi, président de la CPME-Corsica Pourquoi la relève se fait-elle tellement attendre ? Au-delà des difficultés économiques, n’assiste-t-on pas à une véritable crise des vocations des métiers de l’entreprenariat ? Pour cette interrogation, il faut tout d’abord s’intéresser à l’étymologie du mot «entreprendre». Celui-ci vient du latin prehendere qui veut dire prendre entre ses mains. Plus tard, au xvie siècle, ce mot sera synonyme de prise de risque. On voit que l’idée sous-jacente est bien celle de prendre, d’avancer, de créer. Ainsi pour l’Insee les principales raisons qui incitent à devenir entrepreneur sont pêle- mêle la volonté d’être indépendant. La possibilité de gérer comme on l’entend son entreprise, de prendre des décisions et d’en voir leurs effets. Le goût d’entreprendre, l’envie de relever de nouveaux défis. À ces considérations s’accroît le souhait de travailler plus pour gagner plus. Généralement, un chef d’entreprise s’investit pleinement dans son projet et travaille plus que la moyenne De plus, sa caution personnelle est toujours requise par la banque chaque fois qu’un prêt est accordé. Au rythme de travail s’ajoute ainsi le risque patrimonial. Nous rentrons là dans le cœur de la théorie financière. Le risque encouru est indissociable de la rémunération espérée. Aussi plus le risque augmente, plus la rémunération devra être importante. C’est pour cela que l’on dit souvent que les entrepreneurs aiment prendre des risques. LA PREUVE PAR CINQ  En contrepoint, quels sont les obstacles à cette vocation? Au rang des principales difficultés on peut évoquer: – Les problèmes pour rechercher des financements malgré les diverses entités mises en place pour accompagner les jeunes entrepreneurs; – Le changement de mode de vie qui résulte de l’augmentation de l’intensité du travail, surtout dans les premières années; – Un carcan administratif qui est une véritable barrière à l’entreprenariat. Les démarches sont bien souvent fastidieuses aussi bien lors de la création de l’activité que tout au long de la vie de l’entreprise. De manière générale, les rapports avec les différentes administrations se révèlent être compliqués; – La peur du risque, phénomène bien français, qui empêche d’aller de l’avant. D’autant plus que bien souvent, le candidat entrepreneur considèrera que le jeu n’en vaut pas la chandelle au regard du niveau hypothétique de la rémunération et de l’investissement en temps de travail. En Corse, on peut ajouter que ce phénomène est exacerbé par une appétence accrue pour faire carrière dans l’administration. Les salaires en particulier dans les collectivités territoriales sont souvent en moyenne plus élevés que dans le privé et il n’est pas rare d’y voir des revenus bien au-dessus de ce que pourrait gagner un entrepreneur individuel qui plus est sans prise de risque. CHANGER DE PARADIGME  Face à ces postulations comment promouvoir l’entreprenariat? Le plus important est de changer les mentalités. Et pour ce faire, c’est bien l’appareil d’État qui doit montrer l’exemple. La France s’est distinguée par une très forte désindustrialisation à partir des années 1970. C’est le pays européen qui a subi la plus forte baisse. L’industrie ne pèse plus que 13,42% du PIB en 2021 contre 16% en moyenne dans la zone euro. On évoque souvent et à juste titre le coût des salaires et le niveau élevé des impôts à la production comme explications aux délocalisations, mais on pourrait y ajouter aussi, le manque de soutien aux PME/PMI qui produisent sur place contrairement aux multinationales. C’est bien pour cela que l’on a découvert que l’on ne produisait pas de masques en France lors de l’épisode de la Covid ! Le plan France Relance initié en 2020 et le chantier de la transition écologique doivent pouvoir permettre de relancer la machine et de susciter de nouvelles vocations entrepreneuriales. En Corse, la production de l’énergie décarbonée et le retraitement des déchets seront créateurs de richesses dans les prochaines années. C’est un terrain fertile pour la création d’entreprises à condition que l’onarriveàformerunenouvellegénération d’entrepreneurs. C’est là que les filières doivent se mettre en place, de la planification à l’accompagnement des projets en passant par la formation. LES CHEMINS DE LA MUTATION Il n’y a pas de générations spontanées d’entrepreneurs. Les choses doivent s’organiser et se planifier. L’État et les collectivités doivent donner le la. Si l’on doit prendre un exemple, c’est bien celui d’Israël qui ressort. Ce pays surnommé «Start-up Nation» a mené une politique volontariste qui a vu l’éclosion de milliers de startups. Je conseille d’ailleurs à ceux qui sont de passage à Tel Aviv de visiter le musée Shimon-Peres pour la paix et l’innovation. En Corse, le «Yes, we can» doit résonner dans la tête de nos futurs chefs d’entreprise, à condition que nos dirigeants soient persuadés de la nécessité de faire confiance au secteur privé. Cette semaine, Michel Barat et Laurent Dominati aux côtés de Caroline Ettori reviennent sur les événements marquants de ce début d’année 2023.