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Un autre regard sur la Corse dans votre mensuel disponible en kiosque ou sur www.parolesdecorse.fr

Chaque semaine, Caroline Ettori et ses invités échangent et débattre sur l’actualité insulaire. 

Politique, société, tendance, économie, sport… Décryptages et analyses sont dans Revue de Corse garantie sans langue de bois.

Le vendredi à 8 heures, le samedi à 13 heures et le dimanche à 18 heures.

Revue de Corse, le Débat. 24 juin 2022

Revue de Corse, le Débat. 17 juin 2022

Revue de Corse, le Débat. 03 juin 2022

Revue de Corse, le Débat spécial Méditerranée. 20 mai 2022

Revue de Corse, le Débat spécial Environnement. 13 mai 2022

Revue de Corse avec Julie Benetti, ancienne rectrice de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Marie-Jeanne Nicoli, présidente du Cesec de Corse
Revue de Corse avec Jean-Guy Talamoni, vendredi 12 novembre 2021
Revue de Corse avec Laetitia Descoin-Cucchi, présidente de l’association Inseme
Revue de Corse avec Philippe Perfettini, auteur de Napoléon, punk, dépressif…Héros
Revue de Corse avec Thierry Rovere, chargé de mission pour la délégation Corse de la Fondation du Patrimoine
Revue de Corse avec Jean-Pascal Terrazzoni d’Adduniti
Revue de Corse avec André de Caffarelli, chef de pôle « Urgences et Soins Continus » de l’hôpital de Bastia, en charge de la Covid 19.
Revue de Corse avec Johan Pinna pour parler audace et éloquence
Revue de Corse avec Marie-Claire Papadacci, art-thérapeute à Ajaccio
Revue de Corse avec Virginie Frantz, Dasen de l’académie de Corse
Revue de Corse avec Laura Guidicelli, conseillère exécutive de la collectivité de Corse en charge de l’égalité femmes-hommes
Revue de Corse avec Jean-Charles Martinelli, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Corse
Revue de Corse avec Kevin Petroni pour son ouvrage L’adieu aux aspirations nationales
Revue de Corse avec Fatima Pupponi du Festival des cinémas du Maghreb
Revue de Corse avec Bernard Biancarelli des Editions Albiana

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pays subit un choc économique et social (inflation, stratégie économique, formes de redistribution), et doit agir sur des sujets de long terme (transition écologique, souveraineté industrielle et écologique, pacte intergénérationnel). La Corse, prise dans ce bateau ivre, entre dans un dialogue, ou bien-être de la population, développement économique et visées politiques ou/et politiciennes se conjuguent.

Par Emmanuelle de Gentili

 Dans cette conjoncture, le 1er écueil à surmonter est celui de linflation, hausse générale des prix avec des salaires et les dotations qui ne suivront pas son rythme. En Corse, elle menace dabord les revenus et la consommation des 135 300 salariés et non-salariés et 78 000 retraités dont la consommation soutient l’économie et ensuite linvestissement des collectivités locales qui constituent 70% de linvestissement public. Deux réponses existent : le renchérissement du crédit qui amène à une baisse des investissements privés et publics, ou leur financement par des emprunts, avec une hausse de la dette.

Des solutions seront peut-être esquissées dans la partie « aspects économiques et sociaux » des prochains comités stratégiques : questions, foncières et spéculation immobilière et institutions et identité. Après la criminalité organisée exclusivement de l’État, il reste quatre autres thèmes inconnus pour le moment, cest dire limpréparation de ce cycle. Mais enfin, on dialogue.

Le 2e écueil est celui dune autonomie mal ficelée, la Polynésie étant souvent évoquée. À titre de comparaison, il y a près de 280 000 habitants en Polynésie (340 000 en Corse), le PIB y est de 5,4 milliards d’euros (9,4 en Corse), le PIB /habitant est de 19 300 € (27 650 en Corse), le taux de chômage post-crise sanitaire est de 20% (7% en Corse) et le taux de pauvreté (1 102 €/mois) est identique au nôtre, 20%.

L’économie y est tirée par le tourisme, la perliculture et les administrations publiques, en somme une économie de rente identique à celle de la Corse, comportant un élément supplémentaire : la rente de distribution instaurée par un groupe dacteurs privés.

 

Regards d’Outre-mer

La Polynésie bénéficie dun transfert de compétences, compétences de souveraineté exclues : nationalité, justice, politique étrangère, défense, entrée et séjour des étrangers, sécurité et ordre publics, monnaie, liaisons aériennes entre la Polynésie et la France, police et sécurité maritime, règles de ladministration publique, communication audiovisuelle et enseignement universitaire.

Deux grands domaines, habituellement réservés à la souveraineté nationale, la fiscalité et la santé, lui ont été transférés. La fiscalité directe relève de l’État, tandis que la Polynésie détient la compétence de fiscalité indirecte, notamment la TVA sur ses activités économiques (tourisme et perliculture) qui lui permet dalimenter ses recettes, sous réserve de la conjoncture (forte baisse avec la crise sanitaire et crainte identique avec un éventuel conflit sino-taïwanais).

Elle bénéficie dune dotation annuelle de 151 M€ dont 91 M€ libres demploi pour compenser la dette nucléaire, 9 M€ pour financer la distribution d’eau potable, l’assainissement et le traitement des déchets et 51 M€ pour les dessertes routière, maritime et aéroportuaire. À titre de comparaison, la DCT pour les transports maritimes et aériens est de 187 M€. Il faudra donc avoir les yeux grands ouverts dans le cadre dune nouvelle architecture budgétaire.

Mais le transfert de compétence le plus inquiétant est celui de la santé. En Polynésie, lespérance de vie est de 78,5 ans pour les femmes et 75 ans pour les hommes (85,5 et 80 pour lHexagone), soit 7 et 5 ans de moins. Les retombées nucléaires y participent certainement, mais nexpliquent pas tout.

 

Centralisme parisien

De plus, la Corse na pas encore résolu les dossiers déchets, transports intérieurs et extérieurs, énergie, distribution deau, assainissement et divagation des animaux. En incidence, notons que la Polynésie dispose dun syndicat intercommunal gérant une fourrière animale.

Il serait donc présomptueux de rajouter la santé aux compétences actuelles, en raison des difficultés du système public hospitalier et privé, du vieillissement des professionnels de santé et du quasi-abandon du rural. Au surplus, le centralisme parisien risque de mener une opération de débudgétisation : le coût des compétences transférées est compensé par une dotation, qui est sous-évaluée au fil des années (inflation et évolutions salariales non prises en compte).

Voilà les garde-fous que devront avoir en tête tous les acteurs participant à la future négociation, sachant que l’île a surtout besoin d’ingénierie financière et technique, pour élaborer ses projets et leur financement.

    Inamovible secrétaire général du syndicat du Corse-du-Sud du Bâtiment et Travaux publics, il fit récemment valoir selon une formule consacrée ses droits à la retraite. Rien que de plus légitime après une longue carrière marquée du sceau de la compétence. Mais derrière le miroir d’un salarié aux insignes qualités se reflète aussi l’image d’une personne alliant empathie et humanisme. Par Jean Poletti   José Santoni ? Une connaissance aiguë des multiples problématiques du secteur de la construction. Lors de conférences de presse, réunions officielles ou discussions informelles, il avait cette aptitude peu commune de camper réalités et perspectives. Conceptualiser un dossier, théoriser une situation. Il fut, une quarantaine d’années durant, un allié fidèle et compétent de quatre présidents successifs. De Raymond Talbot à Jean-François Luciani en passant par François et Antony Perrino, il sut apporter son expertise et ses conseils éclairés. Et poser un diagnostic lucide, transcendant les périodes de quiétude ou empreintes de morosité. Car ici, plus qu’ailleurs sans doute, le secteur du Bâtiment et des Travaux publics n’est pas un chantier de tout repos. Marché étriqué, fluctuations économiques, ondes de choc politiques. Des contingences factuelles ou structurelles qui sont autant d’ondes de choc que José Santoni sut intégrer dans sa réflexion et la livrer à une corporation qui put en faire son miel. À l’évidence ses compétences l’amenèrent naturellement à épouser les multiples facettes qui édifient une profession. Conseiller prud’homal, membre de diverses commissions dont celle de la qualification des entreprises, ou du Conseil régional de perfectionnement du Centre des formations des apprentis universitaires.   Reflets d’une personnalité Voilà quelques-unes de ses fonctions annexes à sa fonction, témoignant mieux que longues digressions de son amplitude professionnelle. Dans ce droit fil, on pourrait égrener à l’envi les missions qui lui furent proposées. Toutes s’inscrivaient dans la reconnaissance de son ouverture d’esprit au service d’une communauté de bâtisseurs. Sans verser dans une énumération à la Prévert citons notamment, pour fixer les esprits un siège au conseil d’administrateur de l’Office de l’habitat. Ou encore sa participation au comité de pilotage des conventions régionales pour le développement de la formation dans le BTP. Et en filigrane son efficiente implication dans le congrès de la Fédération française du bâtiment qui se tint voilà six ans au Casone, sous le regard de l’Empereur, regroupant quelque sept cents participants représentant toutes les régions rassemblées autour des partenaires locaux. José Santoni c’est tout cela, mais aussi bien d’autres reflets de son personnage. L’intelligence à fleur de propos. Une empathie qui forge d’authentiques amitiés. Et au risque de choquer sa modestie naturelle disons qu’il porte en bandoulière un humanisme nullement feint, sans doute puisé dans ses origines rurales ou la solidarité résiste à l’épreuve du temps. Originaire de Sari d’Orcino, il sut en effet conjuguer à l’envi le sens du partage dans son existence ajaccienne où il construisit sa vie.   Le salon où l’on cause La retraite synonyme de farniente ? Nullement. Une existence différente tout simplement. Rien ne l’empêchera de poser un regard lucide sur les événements insulaires, tant il est citoyen de cœur et d’esprit. Ou encore, au hasard de sollicitations, dire son sentiment à l’égard d’une profession qu’il sut servir et animer avec un dynamisme et une constance sans faille. Au programme sans doute quelques voyages au parfum de découvertes. De fréquentes escapades au village. Et en toile de fond des rendez-vous récurrents à la Conca d’Oro, brasserie de la cité impériale, où on partage le verre de l’amitié en refaisant le monde. Mais où les échanges et points de vue n’ont pas toujours, tant s’en faut, le sérieux et l’austérité qui prévalent dans les conclaves. Des journées sans contraintes qu’imposait un agenda lié à un métier. Nulle obligation d’honorer rendez-vous de travail, débats, assemblées générales. Épilogue aussi de déplacements à Paris et ailleurs. Voilà campée à grands traits la fin d’un chapitre et l’ouverture d’un nouveau. Il sera sans conteste une sorte de changement dans la continuité pour José Santoni, avec toujours chevillé, comme une seconde nature, le sens de la camaraderie, propice à de joyeuses agapes ou l’humour ne joue pas l’Arlésienne.   La balle au bond L’impétrant, disions-nous, a plusieurs violons d’Ingres, ou cordes à son arc. Sans pour autant révéler un grand secret, soulignons qu’il est aussi un passionné de padel, qu’il pratique assidument. Ce sport dérivé du tennis, joué en double, est-il aux antipodes de l’image classique que l’on peut se faire d’un spécialiste qui évolua dans le domaine des chantiers, dut résoudre équations professionnelles, commerciales, sociales et entrepreneunariales ? À cela le sociologue Edgard Morin rétorquerait « que seule la diversité fait l’unité d’un homme ». José Santoni, avec le sens de la dérision qui le caractérise, ajouterait vraisemblablement un opportun laisse béton cimenté d’un sourire…   De nombreux Corses se sont, au fil des époques, illustrés dans l’histoire souvent au nom de la France. AvecLes grandes figures de la Corse, Robert Colonna d’Istria retrace d’une plume alerte le destin brillant de deux cents d’entre eux, parmi lesquels : Pascal Paoli, Charles-André Pozzo di Borgo, Fred Scamaroni, Francis Carco, Paul Valéry ou encore Napoléon. Il nous fait ainsi plonger dans les vies hors du commun de ces personnalités représentatives des différentes catégories d’insulaires, qui ont su faire preuve d’imagination et de savoir-faire pour se glisser dans tous les domaines aux plus hautes places, souvent aux quatre coins du monde. Des personnalités qui à travers leur parcours ont jalonné les étapes de l’histoire de l’Europe, mais racontent aussi la Corse elle-même et la singularité des mœurs de ses habitants.
Les grandes figures de la Corse
De Robert Colonna d’Istria Aux éditions Perrin Un livre, un auteur : Écrivain et essayiste, Robert Colonna d’Istria est l’auteur de nombreux ouvrages d’analyse historique, notamment liés à l’histoire de la Corse. Il collabore également depuis 1990 à divers journaux, magazines et revues. Si vous deviez décrire votre dernier ouvrage en deux phrases ? Un bouquet de biographies de tous les hommes, qui ont compté dans le passé de l’île, et qui se sont illustrés aussi bien chez eux qu’à l’extérieur de la Corse. Les grandes figures évoquées sont toujours représentatives d’un moment ou d’un aspect de l’histoire de la Corse. De sorte que ce livre peut se lire comme une introduction, particulièrement vivante, à l’histoire de la Corse. Un autre volume, l’année prochaine, sera dédié aux femmes célèbres.   Une grande figure insulaire que vous admirez tout particulièrement ?  Vincentello d’Istria, dont je porte le nom – et dont le nom me porte – a vraiment fait du bon boulot. Il a été à deux doigts de transformer la Corse en une principauté indépendante qui aurait pu trouver sa place dans le concert des nations de son temps, au moins dans le monde méditerranéen et italique… C’était un excellent politique, un bon homme d’État. L’espèce est rare. Le malheureux a été vaincu par la cupidité de Gênes.   Votre héros /héroïne (de fiction ou dans la vie réelle) préféré ? Avec tous ses défauts, j’ai un faible pour Napoléon. Et, pour d’autres raisons, un faible pour Pauline, sa petite sœur : elle était très désirable.   Les lectures qui vous permettent de vous évader ? Dès qu’un livre est bon, il permet de s’évader. C’est même le critère d’un bon livre. Je suis très bon public. Je peux lire – ou relire – des classiques, des récits de voyage, de la poésie – c’est un de mes genres préférés –, des romans policiers. Pourvu que ce soit bien écrit, et que derrière l’écriture perce une personnalité.   Le livre que vous auriez aimé signer ? Il y en a tellement ! Disons Le Guépard, du prince de Lampedusa. J’aurais aimé, pour la Corse, trouver la grâce et l’énergie de réussir ce qu’il a fait pour la Sicile, un monument…   Les livres qui vous inspirent ? Les livres m’inspirent peu… Je les admire souvent, en suis parfois impressionné – comme on l’est par un chef-d’œuvre ou un paysage sublime : je me dis que je serais incapable d’être à ce niveau, c’est un sentiment de cet ordre qui m’a ainsi saisi à la lecture du dernier livre de Céline publié par Gallimard… Mais je ne trouve jamais l’inspiration dans un livre. Celle-ci ne peut venir que de la vie, des gens, de mes obsessions, de mes inquiétudes, de mes joies, de ma curiosité… Peut-être le hasard s’en mêle-t-il parfois…   Vos sujets de prédilection ? Je suis très éclectique. Je viens de terminer deux jolis livres. Un charmant roman racontant l’expérience d’une femme ayant entrepris la construction d’une maison sur une île ; son entreprise se change en chemin de croix… Ce texte paraît l’année prochaine chez Actes Sud. Je viens également de mettre un point final à un livre inclassable, étonnant, riche, totalement inédit, sur la peur, son histoire, ses manifestations, ses relations avec l’art et avec la vie. J’espère que sa lecture sera aussi passionnante que l’a été son écriture…   Le casting d’un dîner idéal chez vous ? (Réel ou imaginaire) Des gens qui aient esprit, humour, légèreté et sens de la conversation. Qui aiment bavarder pour le plaisir de bavarder, pas seulement pour prolonger la séance de psychanalyse qu’ils ont interrompue. Les gens qui ne savent parler que d’eux, de leur petit nombril, de leur métier et de leurs enfants, qui ramènent tout à eux, ces gens-là m’assomment – et m’ennuient. Je préfère dîner seul…   Votre meilleur souvenir de lecture ? Le Christ recrucifié, de Nikos Kazantzakis. J’y ai trouvé cette définition du paradis : « un doux soleil, une petite pluie tranquille, des citronniers en fleur, des narguilés et un bavardage à bâtons rompus jusqu’à la consommation des siècles ».   Un lieu qui vous ressemble ? Un monastère accroché à une montagne en balcon au-dessus de la mer.   Votre madeleine de Proust ? Le parfum des fleurs d’oranger, dans les jardins en bas de ma terrasse. Cette odeur infiniment riche est celle de la Méditerranée, de l’Orient, du charme et de la douceur de vivre   Par Karine Casalta  
Photo Marine Bossy
En digne héritière d’une longue et célèbre lignée d’herboristes à Marseille, Martine Blaize de Peretti est une mine de connaissance sur le pouvoir des plantes et l’utilisation que l’on peut en faire pour soigner. Forte de cette expertise, cela fait près de quarante-cinq ans que cette alchimiste du végétal veille à perpétuer avec passion des savoirs et savoir-faire qui ont fait leurs preuves pour éviter qu’ils ne disparaissent, permettant par la même de redécouvrir les trésors cachés de notre patrimoine le plus naturel. Par Karine Casalta Arrière-arrière-petite-fille de Toussaint Blaize, fondateur en 1815 de la célèbre herboristerie « Le Père Blaize » à Marseille, Martine Blaize de Peretti a grandi dans l’officine familiale. Un univers secret empli de plantes. Et une véritable institution chargée d’histoire qui a célébré ses 200 ans en 2015. Installée par son aïeul Toussaint, au cœur de la citée phocéenne, dans le quartier Noailles, la petite échoppe a pu bénéficier de la proximité du port de commerce, où arrivait régulièrement de nouvelles plantes et épices des quatre coins du monde, pour élargir au fil du temps son arsenal médicinal et étendre ses compétences.   Des connaissances rares entre science et tradition Deux siècles de savoir-faire consacrés à la phytothérapie et à l’aromathérapie, transmis durant six générations, qui ont offert une longévité exceptionnelle à l’officine chère au cœur des Marseillais. Une longévité rendue également possible grâce au diplôme de pharmacie obtenu par son grand-père, en 1907, qui lui a permis d’agrandir l’herboristerie d’une pharmacie dès 1934, grâce à laquelle elle a pu perdurer. Car en 1941 sous Pétain, le diplôme d’herboriste mis en place par Napoléon a été supprimé au profit des pharmaciens auxquels a été confié le monopole de la vente et du conseil des 562 plantes médicinales inscrites à la pharmacopée française (contre 148 en vente libre). Cette science du végétal avait fini par tomber en désuétude face au développement de la chimie et des médicaments de synthèse, et la défiance croissante des médecins et des pharmaciens à l’endroit des herboristes. Une disparition qui a signé la fin de la reconnaissance de cette profession et entraîné de fait l’interdiction de nouvelles installations. Peu à peu les herboristeries ont ainsi disparu au décès des derniers herboristes qui avaient été autorisés à se maintenir. Héritière de ces précieuses connaissances, dont elle a très tôt mesuré le trésor qu’elles représentaient, Martine, comme son grand-père et son père avant elle, s’est orientée elle aussi vers des études de pharmacie, lesquelles au-delà de l’intérêt qu’elle leur portait, la plaçait en capacité de reprendre un jour à son tour le flambeau. Outre la botanique, elle se passionne alors pour la pharmacognosie qui vient parfaire ses connaissances sur la potentialité médicamenteuse des plantes et la connaissance de leurs principes actifs. Diplômée de pharmacie en 1970 à tout juste 22 ans, elle entreprend alors des études de médecine qu’elle sera amenée à interrompre quatre ans plus tard pour reprendre l’officine lorsque son père tombé malade devient trop fatigué pour s’en occuper. Un choix qui lui paraît alors évident malgré son goût des études, tant il lui était impensable d’abandonner ce lieu qui avait imprégné son enfance.   Apprendre toujours plus du monde végétal Elle prend ainsi la direction de l’entreprise en 1979, devenant la première femme à succéder à une dynastie d’homme. « Je me suis ainsi retrouvée toute jeune à diriger une douzaine d’employés, qui pour certains m’avaient connue enfant. Ce qui n’est pas toujours évident pour assoir son autorité et faire face à des clients qui souvent me prenaient pour une jeune stagiaire – il a fallu que j’apprenne à m’imposer. Et surtout, que je fasse la preuve de mes compétences. J’ai donc continué à apprendre, car le domaine est infini, c’est ce qui est passionnant avec les plantes. J’ai développé ainsi le secteur des plantes exotiques, en lien notamment avec la société d’ethno-botanique de Metz. Je me suis aussi formée à l’aromathérapie qui me passionnait, car elle offre des possibilités énormes pour soigner mais demande de réelles compétences et impose aussi une grande vigilance de la part des pharmaciens. Et à l’exemple de Toussaint Blaize, personnage haut en couleur, mort à 95 ans en 1865, je n’ai jamais eu besoin de prendre de médicament allopathique, c’est avec les plantes que je me suis moi-même toujours soignée. Tout cela a conforté ma crédibilité. » Pharmacienne et herboriste, elle se régale depuis à mettre en pratique toutes ces précieuses connaissances acquises au fil du temps.   L’urgence d’encadrer la magie des plantes… « Car si la vente de produits issus des plantes aromatiques et médicinales est très réglementée, le savoir se perd. Plus personne aujourd’hui ne sait pourquoi les plantes agissent. On voit aujourd’hui pléthore d’écoles de naturopathie, mais aucune n’enseigne leurs principes actifs et leurs propriétés, qui permettent de comprendre pourquoi les flavonoïdes, les phénols, les antioxydants etc., vont avoir telle action sur telle partie du corps. Tout cela faisait la richesse de mon métier et est en train de disparaître ! Dans un contexte de demande croissante dans le domaine de la santé, du bien-être et un regain d’intérêt du grand public pour les médecines dites alternatives, alors que les cabinets de conseil en santé et bien-être se multiplient, c’est une aberration de ne pas remettre au goût du jour le diplôme d’herboriste et simplifier la complexité législative qui accompagne la profession. Il permettrait entre autres de parfaire les différentes pratiques de naturothérapie et de mieux les encadrer. » C’est là un combat de toujours pour Martine à qui il semble aussi insensé que la phytothérapie à l’origine de la pharmacopée moderne, ne fasse plus partie intégrante des études de pharmacie ! « Je suis inquiète, face à cet engouement pour toute cette vague de “naturalité”. »   …et le désir de transmettre « Je crains toujours un incident voire un accident. Car si les plantes peuvent agir de façon bénéfique pour la santé, mal les employer peut avoir des conséquences catastrophiques ! Il faudrait que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessité de recréer cette filière, d’autant que la production de plantes médicinales pourrait présenter aussi des débouchés pour les jeunes agriculteurs. Car c’est paradoxal, on interdit le diplôme d’herboriste d’un côté alors que d’un autre on ouvre des filières “naturo” dans les lycées agricoles ! » Et bien qu’elle ait cédé l’herboristerie en 2015, la pharmacienne, en véritable pasionaria du végétal, n’a jamais cessé ce combat. Toujours aussi engagée, elle partage désormais sa vie entre Marseille et la Corse, résidant plusieurs mois par an à Levie, le village de son mari qui l’a adoptée depuis 35 ans et qu’elle a totalement adopté en retour. Elle retrouve ici, dit-elle, un attachement à la filiation et une continuité dans la tradition qui font écho à son histoire familiale. Très souvent sollicitée, elle continue aussi avec enthousiasme à dispenser ses conseils, intervenant notamment régulièrement en radio pour répondre aux demandes fréquentes des auditeurs sur les maux et bobos les plus répandus ou encore dans un ouvrage qu’elle a récemment signé Se soigner par les planteschez Eyrolles Éditions, plus que jamais désireuse de transmettre une magie de la nature qui la passionne.  

 Le mot woke désigne à l’origine l’attitude d’«éveil» des Afro-Américains victimes de stigmatisation sociale et politique. De nos jours, il se réfère à des « guerres culturelles » au niveau de ces « foyers de savoir-pouvoir » que sont les facultés de sciences humaines et les médias, entre des « maîtres » de la politique et de l’économie qui veulent définir des normes et tous ceux que ces normes excluent, chaque discours régressant dans une surenchère de nature idéologique.

Par Charles Marcellesi, médecin   RACISME, ÉCONOMIE, SEXUATION La théorisation du racisme, de la notion de races et de leur hiérarchie supposée, qui ôte à certains individus à peau noire toute dignité de sujet, est venue de la pratique esclavagiste et de la traite négrière, après que le modèle mis en œuvre dans les plantations à sucre de Sao Tomé au large de l’Afrique ait été exporté de l’autre côté de l’Atlantique au Brésil et dans les Caraïbes, puis adapté à l’industrie cotonnière des USA. Le nazisme va promouvoir le « racisme contre l’ennemi de l’intérieur », appelé par Foucault « biosécuritaire », dans la visée d’unir une population dans un ensemble « d’identité nationale » contre des exclus et indésirables divers, mêlant dans la terrible expérience des camps de concentration, opposants politiques, personnes d’origine juive ou minorités comme les tziganes, homosexuels et malades mentaux. Les tensions survenues dans le système capitaliste, dans le double contexte de la mondialisation et de la décolonisation, vont s’exprimer dans un antagonisme entre marchés des capitaux et marché du travail qui n’est pas sans effet sur la perception de la différence sexuée du fait d’une interférence entre économie réelle et économie psychique : ainsi selon Hervé Delfavard dans son essai Les non-dits du marché, la construction d’un ordre masculin patriarcal et guerrier avait soumis de longue date le corps et la liberté des femmes à la volonté d’un père ou d’un mari, soit l’inscription dans une logique symbolique et phallique, pour que l’ensemble des hommes fasse Un. Ensemble qui logiquement ne pouvait se constituer qu’avec une exception qui prendra dans la civilisation, avant celle du patriarche ou du mari, les formes les plus anciennes du père totémique puis du « Dieu le Père » des religions monothéistes.   TRUMP ET LES ÉVANGÉLISTES Ce type de pouvoir connaît actuellement politiquement un renouveau aux USA avec Trump et les influentes églises évangéliques, relayées par la Cour Suprême à la main du Parti Républicain et sa modification récente de la loi sur l’avortement. Ce marché des capitaux ne relève plus d’une logique symbolique, mais d’une logique numérique ou « informationnelle », désubjectivante, « où chacun fait 1+1+1 dans une recherche du profit sans autre limite que le réel de la science », ici celle des outils informatiques. Le côté féminin a bénéficié lors de la mondialisation des effets de la décolonisation et de la liberté du commerce, avec d’un point de vue géopolitique, l’émergence économique d’anciens pays colonisés notamment en Asie orientale, et d’un point de vue sociétal, dans les pays occidentaux, l’émancipation des femmes accédant de façon plus ou moins égalitaire au marché du travail et au droit à l’avortement. Ce marché du travail obéit à une logique qui n’est « pas toute phallique », mais qui reste symbolique, c’est-à-dire en compatibilité avec une humanité dans le lien social tolérant la différence et organisé par les lois du langage, qui est donc celle d’une totalité ouverte où chacun est à la fois avec et en concurrence avec tous les autres…   GUERRE CULTURELLE Mais différentes crises, celle sanitaire de la Covid-19, celle de la fin du recours aux énergies fossiles (autre que l’uranium), celle migratoire et les guerres régionales, ont cristallisé ces antagonismes en les coulant dans le moule d’une guerre culturelle très idéologique (La Panique woke d’Alex Mahoudeau) qui se donnait cours depuis des décennies dans ces deux foyers de « savoir-pouvoir », selon la terminologie de Foucault, que sont les universités de Lettres et de sciences humaines d’une part, les médias d’autre part, entre d’un côté les tenants d’un ordre conservateur, d’obédience masculine au plan politique et économique et se réclamant de la préservation d’une « identité », et d’un autre côté ceux que l’on veut exclure de façon « biosécuritaire », à savoir féministes, « LGBT et + », révoltés sociaux comme les « gilets jaunes », différents sujets touchés par les crises migratoires. Tout cela accompagne un infléchissement du discours à l’Université et dans les médias : invocation du « neutre », comme chez Roland Barthes ou les théoriciens du « genre », pour abolir la différence réputée oppressive et « binaire » connotée par des termes langagiers venus de l’anatomie phallique et de sa symbolique des armes, ou encore le « patriarcat », l’évolution des pratiques de la conception et de la parentalité, l’instauration de tribunaux médiatiques des « infractions » sexuelles imputées à telle personnalité. Chaque camp pousse l’autre dans une surenchère idéologique et plutôt régressive aboutissant non seulement à une hystérisation généralisée du discours, mais finalement de façon inattendue à une entreprise de re-nomination des phénomènes sociétaux et économiques pour les réduire à un impératif de consommation et de production exponentielles.   C’est avec humour que Jean-Philippe Poma se présente : « je suis un produit postal ». À 58 ans, le nouveau directeur régional de La Poste, natif du nord de l’Hérault, a pris ses fonctions au début de l’été, succédant ainsi à Pascal Mariani. Fort de ses 40 ans d’expérience au sein du groupe, dans ses activités tant fonctionnelles (finances, juridiques, ressources humaines), qu’opérationnelles, Jean-Philippe Poma a exercé ses fonctions dans l’ensemble des métiers du groupe La Poste. En prenant les rênes de la direction régionale corse, il souhaite inscrire durablement le groupe dans le développement local et l’attractivité du territoire. Par Anne-Catherine Mendez Parlez-nous de votre parcours ? J’ai suivi un parcours atypique, je n’ai pas fait de hautes études. J’ai démarré ma carrière comme facteur à Paris dans le 17e arrondissement. J’ai gravi les échelons un à un. J’ai occupé ensuite des fonctions d’encadrement au sein de différentes directions financières, juridiques ou de ressources humaines. J’ai organisé ma vie professionnelle en me réinventant tous les cinq ans environ. J’ai été successivement le patron du département des Alpes-de-Haute-Provence, puis de l’ensemble des bureaux de poste des quartiers nord de Marseille, mon dernier poste était celui de directeur régional comprenant 3 départements : la Seine Maritime, l’Eure et l’Eure-et-Loir. Je suis en Corse depuis le 1er avril. La Poste est une entreprise dans laquelle nous pouvons évoluer de façon verticale et horizontale. De nombreuses opportunités sont offertes aux postiers en termes de mobilités géographiques et fonctionnelles qui s’appuient sur des dispositifs d’accompagnement, de promotion et de formation très diversifiés. Le bien-être des collaborateurs est une priorité qui s’inscrit dans le cadre de notre politique de qualité de vie au travail à laquelle le groupe attache une importance prépondérante.   Quel regard portez-vous sur votre propre évolution professionnelle ? Le regard que je porte par-dessus mon épaule est empli de fierté. Je n’ai jamais été attaché à un poste, mais plutôt attaché à vivre des situations, des expériences différentes. Travailler dans les quartiers nord de Marseille, par exemple, fut une des expériences les plus riches en matière de relations humaines. Nous nous sommes attachés à transcender toutes les difficultés sociales, à reconstruire un service commercial qui n’existait plus et à développer la satisfaction de nos clients. Toute cette dimension qui avait disparu de ces quartiers dans lesquels les difficultés du quotidien ternissent la relation humaine. La Poste place cette relation humaine au cœur de ses préoccupations : les postières et postiers sont présents, partout, pour tous (c’est d’ailleurs notre marque corse « Partout, per tutti ») et j’accorde personnellement un sens fort à faire des relations humaines le point d’ancrage de mon quotidien.   Nommé en Corse, quelle est votre feuille de route ? En Corse, le directeur régional a cette particularité de piloter toutes les activités postales présentes dans l’île, courrier, réseau des bureaux de poste et activités bancaires. Cette organisation spécifique a tout son sens, dans une région au territoire réduit mais aux enjeux énormes. Ma mission est de renforcer la coopération entre ces différents secteurs d’activité afin d’ancrer La Poste comme l’acteur de service de proximité privilégié dans l’accompagnement des grandes transitions sociétales qui sont à l’œuvre : transition démographique, numérique, écologique ou encore territoriale. Une des problématiques prioritaires à laquelle nous devons faire face est celle de la dépendance. En Corse, près d’un tiers de la population est âgé de plus de 60 ans. Parmi elle, 30% se trouvent en situation de forte dépendance ou de handicap. À cette spécificité, s’ajoute le fait que beaucoup de seniors résident dans des lieux éloignés voire isolés. Il s’agit d’un enjeu sociétal auquel La Poste doit apporter des réponses. La densité extraordinaire de notre réseau insulaire qui compte près de 190 points de contact et 470 tournées de facteurs est un atout majeur. En renforçant les synergies entre nos métiers et en s’inscrivant comme partenaires des écosystèmes existants ou en devenir, nous pouvons aider à la détection et à l’accompagnement quotidien de ces personnes fragilisées. Le service « veiller sur mes parents », qui peut être souscrit par une collectivité au profit de ses administrés, s’appuie sur la présence quotidienne du facteur pour assurer un service de vigie et d’alerte. La transition numérique est également un enjeu majeur : les 16 France Services que nous hébergeons renforcées de deux conseillers numériques assurent au quotidien l’accompagnement des populations dans la réalisation de leurs démarches administratives. Par ailleurs, La Poste développe de nombreuses solutions favorisant l’inclusion numérique : notamment des tablettes à l’ergonomie adaptée aux élèves ou aux seniors ou encore le coffre-fort numérique Digiposte. En résumé, le groupe doit continuer de s’adapter à un environnement en profonde mutation comme il l’a toujours fait, mais en intégrant les obligations d’accélération et d’irréversibilité. Les flux courrier connaissent une chute drastique, la fréquentation des bureaux de poste est en diminution constante. Il y a 10 ans, en Corse, 13 000 clients en moyenne fréquentaient un bureau de poste, aujourd’hui ils ne sont plus que 6 500. Toutes nos actions s’accompagnent d’une réflexion systématique en termes de dimensions écologique et sociétale, car La Poste restera toujours et avant tout une entreprise de proximité, humaine et digitale, verte et citoyenne. Nous œuvrons notamment à l’inclusion sociale des personnes les plus fragiles en proposant des accompagnements par des médiateurs dans les quartiers prioritaires et je souhaite que ces dispositifs soient confortés voire renforcés. Dans le domaine écologique, nous développons des solutions de recyclage, d’audit de qualité de l’air, de plateforme de vente en circuits-courts et de détection des logements énergivores notamment. Je souligne que 100 véhicules électriques comptent parmi notre flotte. Ma feuille de route est donc de conforter ce qui a été fait par mon prédécesseur et de développer nos activités sur le territoire.   Que représente la Corse pour le groupe La Poste ? La Corse, montagne dans la mer, regroupe sur un territoire restreint, l’ensemble des grands enjeux sociétaux auxquels nous devons faire face sur le plan national. C’est donc pour La Poste un lieu d’expérimentation et d’innovation à privilégier. En ce sens, j’ai à cœur d’y développer des solutions sur mesure qui répondront aux besoins spécifiques de la population et des collectivités. Nous sommes le 1er employeur en tant qu’entreprise avec environ 1 600 agents. Pour le rester, nous devons valoriser nos offres en tant qu’acteur économique tout en continuant d’assurer nos missions de service public. Nous construisons un réseau qui facilite la vie du client dans son usage de La Poste au quotidien. Les services de La Poste sont accessibles via nos 190 bureaux de poste, nos 600 facteurs et également dans nos partenariats avec des mairies ou des commerçants. Notre ambition est de répondre aux besoins de tous nos clients, notamment en développant nos services numériques qui bénéficient de notre reconnaissance en tant que tiers de confiance. La Poste est aujourd’hui le seul opérateur à être certifié pour la proposition gratuite de l’identité numérique qui permet la sécurisation des échanges digitaux.   De quoi êtes-vous fier ? Sur le plan personnel, je suis fier de mes filles qui ont pris toutes les trois des voies très différentes. Elles sont épanouies et je suis toujours sidéré par leur évolution. Sur le plan professionnel, je suis fier d’être postier et j’espère contribuer à rendre fiers mes collaborateurs de l’être également. La Poste est une grande famille, constituée d’hommes et de femmes, de postiers et de postières, investis, passionnés, au service de la population. Je suis heureux d’écrire une nouvelle page de cette belle histoire avec les postiers de Corse.   Dans ce parcours rythmé par la réussite, avez-vous connu l’échec ? L’échec permet de construire les réussites, il faut l’analyser, s’en nourrir et le transformer en situation positive et toujours aller de l’avant.     La Poste en Corse: 1 580 postières et postiers 80 millions d’euros de financement des collectivités locales 43% de la population détient au moins un produit bancaire au sein de La Banque Postale
 

Un jour de match n’est définitivement pas un jour comme les autres. Pour un supporter, il est synonyme de pensées magiques, de statistiques improbables et autres analyses à rallonge. Chacun l’aborde à sa manière. Plus ou moins sereine. C’est précisément ce qu’a souhaité capter Laurent Di Fraja à travers son podcast Jour de Match. Plus que le récit d’une rencontre, des passionnés du ballon rond se livrent et partagent leur expérience unique.

Par Caroline Ettori

Connaît-on vraiment une personne avant de l’avoir vue devant un match de foot ? Peut-être pas. Le foot comme révélateur ou exutoire, le fameux miroir de la société qui transcende les passions pour le meilleur et pour le pire. Avec son podcast Jour de Match, Laurent Di Fraja, jeune journaliste de 24 ans et supporter du GFCA depuis toujours, a opté pour le meilleur en donnant, en redonnant même, la parole aux supporters.

Un match, mille histoires

En quelques minutes, ces passionnés remontent le temps et revivent l’intensité d’une journée exceptionnelle. On les suit au bar, chez eux, au stade, on sent monter l’urgence, la boule au ventre jusqu’au soulagement… ou pas. Bien sûr le résultat est connu à l’avance mais le programme tient sa promesse en même temps qu’il nous tient en haleine. Le score, les actions seraient presque anecdotiques. Ce qui se joue, c’est l’humain. L’immersion révèle quelque chose de très personnel chez ces supporters qui au final touche à l’universel. Qui n’a jamais connu l’impatience, l’intranquillité, et c’est peut-être Pauline qui en parle le mieux à l’occasion de la rencontre entre le PSG et le RB Leipzig d’août 2020 pour une place en finale de Ligue des Champions. Ou l’émotion d’une première fois, en l’occurrence celle de Lucas au stade Vélodrome le 16 avril 2009 où l’OM pliera face au Chakhtar Donetsk. Ou encore l’impression de vivre tout simplement « le plus beau jour de sa vie », comme Jules, le Parisien, supporter du Stade Rennais qui verra son équipe remporter la finale de la Coupe de France face au PSG le 27 avril 2019 au terme d’une séance de tirs au but éprouvante.

« Un jour de match, c’est un jour hors du temps qui place la personne dans un état d’esprit très particulier. On laisse parler son cœur. Lexcitation, les rivalités, tout est exacerbé et la passion prend le pas sur la raison. C’est ça qui fait que ces moments sont mémorables », souligne Laurent Di Fraja.

C’est au cours dune semaine consacrée au journalisme web durant sa première année de Master à l’Institut français de presse que l’idée a pris forme. « Cette formation m’a permis d’avancer sur le projet que j’avais en tête depuis un certain temps mais qui peinait à se concrétiser. » Pour l’étudiant ajaccien d’alors, il y a d’abord un constat. « J’écoute beaucoup d’émissions sur le foot et peu d’entre elles accordent une place au supporter qui est pourtant un élément majeur du jeu. J’ai eu envie de créer quelque chose qui mette en avant cette parole. Ce qui me plaît, c’est qu’un match mythique peut réunir plus de 40 000 personnes dans un stade et qu’il y aura plus de 40 000 histoires différentes à raconter. Avec Jour de Match, on revit la rencontre à travers une personne, son ressenti, son expérience. Le supporter n’est plus seulement spectateur, il devient un acteur du match », s’enthousiasme le journaliste qui donne aussi de la voix dans le podcast.

Pour chaque épisode, Laurent Di Fraja revient sur le contexte, rappelle les faits marquants de la rencontre et accompagne, auditeur et supporter, durant cette journée singulière. « L’interview dure une heure en moyenne pour un rendu d’une petite dizaine de minutes. Je voulais quelque chose de très scénarisé, très écrit entrecoupé d’une bande son qui nous projette dans le stade au cœur de la foule. » Grâce à ce talentueux touche-à-tout, auteur, réalisateur, monteur et ingénieur du son, la magie opère dès les premières secondes d’écoute.

Deux passions, un podcast

Jour de Match, c’est aussi la réunion des deux grandes passions de Laurent. À 10 ans à peine, il savait déjà qu’il voulait devenir journaliste. Faut-il le préciser, la révélation a évidemment eu lieu devant un match de foot. « Mon premier contact avec ce métier, je l’ai vécu à travers les rencontres que je suivais à la télé avec mon père. Les mardis et mercredis de Ligue des Champions, les dimanches de Ligue 1 étaient des rendez-vous immanquables. Et même si nous n’étions “que” devant notre télé, les journalistes assuraient le lien entre le stade, les tribunes, les joueurs et nous. J’admirais et admire encore aujourd’hui leur capacité de nous plonger dans cette atmosphère, chargée, tout en nous guidant dans le match et nous permettre de vivre une expérience à part entière. »

Par la suite, son parcours académique, d’Ajaccio à Bastia en passant par Corte, Aix-en-Provence ou Paris, et ses expériences professionnelles, à la radio, RFI, France Bleu ou en presse écrite au sein de la rédaction du Figaro confirmeront son choix. « J’ai la chance d’avoir su très tôt ce que j’avais envie de faire. Mais si le sport est mon domaine de prédilection, je suis curieux de tout. J’ai pu découvrir d’autres facettes du métier et autant de domaines à couvrir. Sans hiérarchisation. Il serait trop dommage de se restreindre à un seul sujet. »

Cet été, Laurent Di Fraja a pu se frotter au terrain insulaire en collaborant aux rédactions de Corse Matin et de RCFM. Sans pour autant oublier sa plateforme. Les prochains numéros de Jour de Match mettront à l’honneur le GFCA et le SCB. Les supporters de l’ACA devront patienter encore un peu.

Par ailleurs et même si la force du programme réside aussi dans son intemporalité, Laurent souhaiterait proposer une série spéciale sur les matchs emblématiques de la Coupe du Monde qui se déroulera cette année au Qatar entre le 21 novembre et le 18 décembre. Pour le journaliste, actualité oblige. On ne se refait pas.

Jour de Match à écouter sur Apple Podcast, Spotify, Google podcast et Anchor

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ENCADRE : Mezzavia, le 15 mai 2015

Laurent Di Fraja s’est prêté au jeu de Jour de Match. Il raconte : « C’est la montée du Gaz en Ligue 1, le vendredi 15 mai 2015 face à Niort. La semaine précédente, le match nul à l’extérieur contre Créteil avait retardé notre accession. Mais là on sentait que quelque chose pouvait se passer, l’ambiance était électrique et ça dépassait l’enceinte du stade. Toute la ville semblait fébrile. Je supporte le Gaz depuis l’âge de 4 ans, jy ai joué pendant plus de 14 ans. On a connu toutes les divisions mais pour moi le Gaz représentait surtout le monde amateur et au mieux la L2. Alors imaginer le club en Ligue 1, affronter des équipes comme Marseille ou Paris, c’était surréaliste. Avec mon père, autre grand supporter du club, on a des rituels d’avant match : on ne part pas sans nos écharpes, on en met même une autour dun petit bouddha à la maison quand l’enjeu est important, ce qui était le cas ce jour-là, on emprunte la même route… Rien n’est laissé au hasard ! Javais été très stressé toute la journée, il pleuvait sur Mezzavia et une énergie différente pesait sur le stade. Ce nest pas tant le souvenir du match qui m’a marqué. La rencontre est d’ailleurs assez hachée, c’est serré. On marque le but du 1-0, et cette équipe de Niort qui est joueuse nous donne du fil à retordre, nous rattrape au score. Nous sommes tout sauf rassurés. Quand le 3e but vient nous libérer, mon cœur est à deux doigts de lâcher. C’est la fin du match et je ne sais pas ce qui se passe, je pleure comme un gosse. Sur le terrain, c’est la fête. On a réalisé quelque chose de fou. J’ai mis du temps à le comprendre. C’était le summum pour mon club. J’ai la chance d’avoir connu la plus belle période de son histoire jusqu’à présent et j’ai pu la partager avec toutes les générations de supporters. C’est ce qui rend ce moment rare et précieux. »

  GHJÈ IN CORE DI A CASINCA, IND’U PAESE DI TAGLIU-ISULACCIA, CHÌ JOHAN PINNA, 34 ANNI, HÀ DECISU, FRÀ E SO SFARENTE ANDATURE, DI TRAVAGLIÀ À PRÒ DI A REVELAZIONE È DI L’ELEVAZIONE DI I TALENTI. CÙ TUTTU U SO INGENIU, A SO PASSIONE È E SO COMPETENZE. ELLU CHÌ HÀ FATTU I SO STUDII DI COMUNICAZIONE À L’IUT DI CORSICA È CHÌ S’HÈ FORMATU DINÒ À A NEUROSCIENZA CUM’È À A PRESA DI PAROLLA IN PUBLICU. CIÒ CHÌ L’HÀ PORTATU D’ALTRONDE À ORGANIZÀ IND’U 2018, PER A PRIMA VOLTA IN CORSICA, « LA JOURNÉE DE L’AUDACE » DI A QUALE HÈ STATU, UN ANNU DOPU, UN’DI I FONDATORI, À LIVELLU NAZIONALE, DI A VERSIONE « KIDS » D’ISSU RITROVU MAIÒ. UNA INIZIATIVA RICCA È BELLISSIMA CHÌ LI DÀ A BRAMA OGHJE D’ANDÀ TORNA PIÙ LUNTANU…  Par Petru Altiani  C’est en 2011 que Johan Pinna a décidé de se lancer dans sa propre aventure entrepreneuriale, fort de l’obtention d’une licence professionnelle « métiers du design » à l’IUT di Corsica et d’une belle expérience en agence de communication. C’est au cœur de son village de Casinca, Tagliu-Isulaccia, qu’il pilote aujourd’hui ses activités associatives et professionnelles. Lui qui a également suivi une formation en vente couplée aux neurosciences dans les processus décisionnels, ce qui l’a amené à se faire coacher et être formé au coaching pour les entrepreneurs, dirigeants et sportifs, ainsi qu’à la prise de parole en public. « Je me suis également plongé dans l’hypnose, la PNL (programmation neurolinguistique, ndlr), la sophrologie et, suite à quelques recherches sur YouTube, je suis tombé sur des vidéos du lancement de La Journée De l’Audace (JDA). Après visionnage, j’ai été séduit par le concept et cela m’a incité à prendre mes billets avec un ami pour Toulouse et participer à la deuxième édition. » Une fois sur place, Johan Pinna savoure alors une nouvelle sensation, celle d’être là dans le public à écouter et observer les prestations orales de conférenciers fascinants, inspirants, qui parlent de leurs expériences, leurs échecs et leurs réussites, « cette façon de motiver en quelques minutes », souligne-t-il. Ce qui l’a poussé, l’année suivante, à y retourner… en solo. « J’ai souhaité me confronter à cette solitude au milieu de ce monde qui s’ouvrait à moi. L’expérience a été incroyable, stimulante. J’ai fait de très belles rencontres. »   Écho séduisant « J’ai même tenté de participer à cette édition, ma candidature n’a cependant pas été retenue. Je savais, pourtant, déjà qu’un jour, tout comme ces conférenciers que j’admire et dans lesquels je me reconnais, je monterais également sur scène. » Et d’ajouter : « Les JDA ont vraiment bouleversé ma vie. Tout ce que je fais aujourd’hui c’est grâce à elles et aux personnes rencontrées pendant et autour de ces événements. » « Je voulais proposer ce format inédit de conférences en Corse. Je n’avais jamais organisé de telles manifestations, ne savais pas vraiment comment m’y prendre, mon entreprise était, de plus, au bord de la faillite mais je ressentais l’évidence : il fallait essayer ! » Après plusieurs échanges avec l’organisateur Yannick Alain, Johan Pinna obtient un accord et, avec des amis, s’emploie à donner corps, en 2018, à la 1re Journée De l’Audace en Corse à Purtichju. « Le concept était nouveau et a rassemblé 15 conférenciers devant un public réduit mais des plus enthousiastes et particulièrement bienveillant », dit-il. « J’ai ressenti l’envie de prolonger le plaisir. J’étais déjà séduit par la prise de parole en public, mais suite à notre premier événement, je suis totalement tombé amoureux de cet exercice. » « Après autant d’émotions partagées, je redoutais presque l’instant d’après… Et comme une évidente réponse à mes craintes, Isabelle Calkins, conférencière lors de la JDA Corse, me lance, autour d’un verre de débriefing : “Et pourquoi tu ne ferais pas la même chose avec des jeunes ?” » « Ma réponse a été instantanée : vas-y, on le lance ensemble », se remémore-t-il non sans émotion. « C’est ainsi qu’en 2019 s’est déroulée la première édition des JDA Kids Corse ! Un format unique en France et un succès immédiat. Le public a été au rendez-vous et les adolescents entre 10 et 18 ans tout autant. Ils ont explosé de vérité et de talents ! Ils ont touché au cœur par leur sincérité et émerveillé par leur attitude, par leur aptitude à prendre la parole en public avec autant de rythme, de joies partagées, de sincérité et d’enthousiasme ! » « S’en est suivie, en 2020, une deuxième édition des JDA Kids Corse, alors que les JDA adultes Corse en étaient à leur troisième édition cette même année. Et malgré un contexte difficile au regard de la situation sanitaire, le public a été de plus en plus nombreux et les journées sont montées en notoriété et en puissance. La parole a pour ainsi dire été libérée ! » Dans ce cadre, Johan Pinna a créé et préside l’association « On Verra… Bien ! » dans le but de favoriser l’émergence de nouvelles opportunités de transmission et permettre de porter cette voix. « Elle chapeaute désormais l’organisation de divers événements et projets qui honorent la parole », poursuit-il.   « À mè a parulla » « Aujourd’hui, il existe des Journée De l’Audace à Toulouse, en Suisse, en Belgique, en Corse mais nous sommes les seuls à proposer le format “KIDS”. » Malgré un bilan très positif, Johan Pinna a néanmoins enregistré « une toute petite déception sur le format adulte ». « Nous avons du mal à convaincre, nous sommes peut-être arrivés trop tôt, sur une thématique du développement personnel où nous sommes en retard chez nous. » « Beaucoup ne comprennent pas pourquoi des gens parlent de leur vie, leurs expériences, leurs échecs, parfois des sujets qui touchent à l’intime. C’est là que se situe la mission d’un conférencier, il ne doit pas chercher à toucher tout le monde, mais au moins une personne dans le public. »   La suite de cet article est à retrouver dans Paroles de Corse #113 sept.22 en vente ici  

 

Juillet, août, peut-être précédés de juin et prolongés par septembre sont les mois de vacances. En France, c’est l’époque d’une quasi-suspension de l’économie voire de toute la société à l’exception des industries du tourisme et des quelques régions dont elles font l’activité principale.

Par Michel Barat, ancien recteur de lAcadémie de Corse

À cette occasion, il est bon de saluer l’œuvre du Front populaire qui crée les congés payés. Ce fut une vraie révolution sociale car elle sortait de cette idée que la vie devait être vécue pour la gagner donc pour ne pas vivre. Depuis il est devenu possible de ne plus passer sa vie à la gagner.

Mais le temps des vacances, du temps nécessaire non seulement du repos mais de la respiration, ne devient-il pas aujourd’hui le modèle de toute vie sociale effaçant le travail comme valeur d’émancipation. Cette tendance a été marquée par la brève existence d’un ministère du temps libre pendant la présidence de François Mitterrand de 1981 à 1983. Son ministre dans le gouvernement Mauroy fut André Henry, instituteur, ancien secrétaire général de l’ancienne et puissante centrale syndicale qu’a été la Fédération de l’Éducation nationale avant d’être confiée pour ses derniers mois en 1983 à Edwige Avice, ministre de la Jeunesse et des Sports. L’expérience échoua car elle était liée à l’idée d’une réduction quasi illimitée du temps de travail.

En fait, ce très éphémère ministère mérite plus de considération et n’était absolument pas comme l’avait caricaturé Coluche celui du « temps perdu à fric fou ». Au contraire, son ministre André Henry n’opposait en rien temps libre et travail.

 

 

Lagrange en héritage

L’ancien instituteur, héritier de Léo Lagrange, père de l’éducation populaire, avait compris que le temps libre permettait au travail d’être émancipateur et non plus aliénant. Le temps libre rend au travail sa dignité, sa puissance libératrice et n’est en rien une généralisation des vacances devenues vacuité. L’alternance entre le travail construisant la société et le loisir permettant la liberté individuelle sont les deux temps de la liberté républicaine qui assure l’égalité et la fraternité. Tendre à réduire le temps de travail à presque rien c’est interdire la libération des contraintes et aliénations sociales, c’est donner le plein pouvoir à la puissance économique et financière. L’inverse, c’est-à-dire, ne pas laisser tout son temps au temps libre c’est condamner à un travail aliénant et forcé, c’est fermer les portes à toute culture, condition de tout progrès.

Le travail émancipe car il confère sa dignité à tout un chacun, le temps libre en retour donne au travail sa dignité car il en diminue la contrainte. Travailler c’est participer en citoyen à la société, pouvoir profiter du loisir c’est permettre que le travail soit une occupation de construction sociale et non une préoccupation obsessionnelle parce qu’obsédante quand il fait défaut. Pour reprendre une formule devenue célèbre, il ne s’agit pas de travailler plus pour gagner plus, mais travailler même plus pour vivre mieux donc pour avoir du temps libre.

 

Révolution monastique

L’instituteur André Henry le savait bien, lui dont l’École fut sa vie. « École » provient du latin « schola » qui signifie loisir. Eh oui, il faut un temps libre d’occupation pour étudier. La révolution monastique enlève au travail le sceau du châtiment du péché originel. Les moines parce que libérés des contraintes de la vie sociale prennent le temps libéré pour le travail tant manuel qu’intellectuel. On oublie trop cet effet de la naissance du monachisme cénobitique.

Il ne s’agit donc ni d’augmenter le temps de travail ni de le réduire mais de libérer le travail de son caractère aliénant car imposé. Il ne s’agit pas plus d’augmenter les jours de congé mais de libérer le temps d’élévation de soi-même. Pas de travail émancipateur sans vacances mais pas de vacances sans travail qui est le temps de travailler autrement. Dans une contemporanéité où le travail et l’effort apparaissent comme des valeurs déclinantes, il est nécessaire de rappeler que seul le travail libère le temps.

 

Mélancolie et ennui

N’oublions pas que c’est la pandémie et les confinements successifs qui sociologiquement ont fait perdre non seulement l’envie de travailler mais le goût de l’effort. Cette perte est le signe de la maladie mais de la maladie qui engendre la mélancolie et l’ennui.

Sans le travail, les vacances auraient leur signification de vacuité, de vide et le temps libre deviendrait l’écoulement d’un ennui mortifère.

 

Humeur Par Nathalie Coulon Lorsque les plus grands champions de la Terre sont appelés à combattre les ennemis de l’Autre Monde, ils doivent découvrir leurs véritables pouvoirs pour sauver notre planète de l’annihilation totale. Mortal Kombat est une nouvelle aventure cinématographique basée sur la franchise de jeu vidéo iconique. L’annihilation en physique (d’après la définition de ce cher Wikipédia, encyclopédie universelle et virtuelle), c’est la désintégration totale, la masse se transformant en énergie. Et pour la langue française dans le texte, ce n’est autre que l’anéantissement, la destruction totale. Le ton est donné pour ce marronnier de septembre, en journalisme le marronnier c’est ce qui revient chaque année et force est de constater que depuis ces dernières années les éléments naturels en furie, la sécheresse planétaire et le réchauffement climatique nous déroulent un scénario catastrophe plus qu’inquiétant. On a basculé dans une situation tellement préoccupante qu’il faudrait des pouvoirs surhumains pour arrêter tout ça ! La sécheresse qui sévit au Texas met au jour des traces de dinosaure dans une rivière. Sur l’île, chez nous, c’est une tempête de bourrasques de vent, de grêle qui en quelques heures a balayé mortellement plages, campings, réserves naturelles et l’intérieur de la Corse, un bilan provisoire de 5 morts, de dizaines de blessés et des dégâts considérables. On a eu peur très peur. Un arcus géant qui a précédé cette violente tempête n’était autre qu’un nuage terrifiant photographié dans la baie d’Ajaccio qui aura surpris nombre d’entre nous. Désormais en Corse on connaît ce genre épisodes tropicaux jamais connus auparavant. Quelle actu d’enfer au milieu de l’été bucolique caniculaire à souhait sur cette terre de Méditerranée envahie par des milliers de touristes. Un petit air d’Ibiza au son des mandolines que l’on n’entend plus, des cigales qui sont en train de se barrer du côté de la Saône-et-Loire et des méduses comme jamais sur les plages, on parle même de la possible arrivée de Galères portugaises aux piqûres potentiellement mortelles. On est détendus à souhait, là ! Quel putain de « Mortal Kombat » me direz-vous ? !!!! Des nouvelles du front de ce type-là, c’est désormais tous les jours, toutes les heures et aux 4 coins de la planète. Après tout ça que nous restera-t-il à part nos yeux pour pleurer. J’ose espérer du bon vin pour égayer nos soirées, les vendanges ont commencé et les crus corses sont délicieux et cotés. Vive les vignerons, les faiseurs délicieux de sciacarellu, de niellucciu è tutti l’altri. On peut apercevoir les bogues vertes sur les châtaigniers ancestraux, l’été n’est pas complètement fini, on fête encore les saints patrons dans les villages, on entend résonner les voix magiques des hommes et aussi des femmes au coin des comptoirs, les couchers de soleil nous enchantent, la petite fraîcheur du soir dans l’intérieur fait doucement baisser le thermomètre certes doucement mais les nuits ne sont plus aussi suffocantes permettant un repos nocturne si essentiel pour reprendre nonchalamment le chemin de l’école et du boulot. L’été indien pointera bientôt son nez laissant derrière lui ces jours d’août cuisants appelés « sulleone ». Pianu pianu Sittembre Bella fine d’estate È megliu cusi Chi tantu « Mortal Kombat »…