Écoutez la radio en direct

La bande dessinée sert de support à l’histoire. C’est le principe du concours académique « Bulles de mémoire ». En 2022, ce sont les élèves du collège de Moltifao qui ont été distingués à l’échelon régional. Auparavant, ils ont planché sur la jeunesse dans la guerre. Par Véronique Emmanuelli À l’initiative de leurs professeurs, les élèves de troisième du collège de Moltifao ont participé à l’édition 2021-2022 du concours « Bulles de mémoire » organisé chaque année par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) en partenariat avec le musée de l’Ordre de la Libération et avec le soutien de l’Œuvre Nationale du Bleuet de France et du ministère de l’Éducation nationale. Ils se sont emparés du projet de manière très créative et engagée. Ils ont laissé leur imagination et leur sensibilité s’exprimer tout en prenant appui sur de solides références. La méthode de travail a fonctionné et leurs propositions ont été distinguées. Ainsi, le premier prix régional de l’édition 2021/2022 de « Bulles de mémoire » a récompensé les travaux de Cleya Broutin, Zahra Gherraert, Angelina Poletti et Lyna Marie, en classe de troisième au collège de Moltifao. Le jury a également attribué le second prix régional en individuel à Lilia Lopes. Deux autres groupes de collégiens constitués respectivement par Léa Bec, Pierre-Jean Garelli, Guillaume Piggioni, Alessandro Reis, Lili Sanchis puis par Carla Maria Bardon, Louise Carmona, Maria Santa Carta, Chiara Eck, rafleront chacun un prix de la participation. Arts plastiques Le jury a été séduit par la diversité des thématiques traitées, la qualité graphique des productions, la richesse des dialogues et au-delà, l’originalité de l’œuvre. « Cette action éducative invite les élèves à réfléchir sur l’héritage pour la société d’aujourd’hui des grands conflits du xxe siècle tels que les guerres mondiales, conflits liés à la décolonisation, et aux opérations extérieures. Ainsi, les participants doivent créer intégralement une bande dessinée dont le thème se rapporte aux souvenirs de combattants et victimes ordinaires et anonymes », résume Jean-Étienne Cardi, principal de l’établissement. La majorité d’entre eux sont en dernière année de collège, « pour une raison toute naturelle. « Bulles de mémoire » a trait à la Seconde Guerre mondiale qui figure au programme d’histoire en troisième. Il s’agit d’une approche pluridisciplinaire qui va faire appel aux arts plastiques. Dans les classes, des petits groupes de travail vont se constituer », complète-t-il. Mais d’autres possibles sont ouverts, car, la notion de plaisir est présente. Et, dès lors, les bonnes volontés individuelles permettent de contourner cet esprit de classe. « Des élèves d’autres niveaux ont voulu rejoindre la démarche. Parce que le sujet les intéressait, ainsi que la manière de l’aborder. À travers ce concours, nous changeons un petit peu du contexte habituel du cours. Cela dit, nos élèves ont l’habitude d’utiliser les nouvelles technologies, fonctionner par groupe très hétérogènes dans lesquels se côtoient des élèves qui ont 18 ou 10 de moyenne générale. Ils avancent ensemble, s’entraident », poursuit le principal. La formule favorise les synergies pédagogiques. Très souvent, Silviu Guidoni professeur d’arts plastiques et Dominique Aiello professeur d’histoire se retrouvent ensemble devant les élèves. L’un se concentre sur la mise en image et la façon de faire vivre le récit à coups de crayon, l’autre met en avant les faits historiques. Lors des séances, on parle beaucoup de Résistance, de courage, de fraternité. Peu à peu, les planches, l’équivalent d’une page d’un album, prennent forme. Elles mettent en scène de jeunes héros pris dans la tourmente. Le parti pris narratif est conforme à la thématique de l’édition 2021/2022 ; « La jeunesse face à la guerre ». Les organisateurs du concours ont fourni les premières pistes de réflexion. « Les candidats peuvent construire leur histoire, en faisant référence, par exemple, aux jeunes engagés volontairement ou par la contrainte dans un conflit armé ; aux jeunes victimes de déplacements de population, d’isolement, de violences, de déportation, d’extermination en raison de conflits armés », indique-t-on. Parmi les autres sources d’inspiration proposées figurent « les jeunes victimes de traumatismes en lien avec un conflit armé, un acte terroriste, les orphelins de guerre, les pupilles de la nation. Actualité Les jeunes influencés dans leur développement par une culture de guerre qu’elle soit médiatique ou bien familiale, peuvent servir de déclencheur ». Les collégiens, s’ils le souhaitent, sont invités à se focaliser « sur un événement, une rencontre, un sentiment ou encore un traumatisme. À partir de là, les participants sont libres de réaliser l’histoire de leur choix. Le sens du concours n’est pas tant de dessiner la guerre que de dessiner à propos de la guerre et de ses conséquences. Par le biais d’un support original et populaire qu’est la bande dessinée, ce concours s’attache à valoriser l’histoire racontée, celle d’une réflexion de combattant, victime ou témoin de la guerre », détaillent les concepteurs de « Bulles de Mémoire ». À Moltifao, les adolescents feront le choix de raconter la grande histoire à travers, entre autres, un jeune orphelin dont le père est mort au combat, un défenseur des opprimés. « Ils ont d’abord étudié la thématique qui leur était proposée, ensuite ils ont travaillé sur leur personnage et sur le contexte dans lequel il devait évoluer puis ils sont passés à la réalisation graphique », reprend le chef d’établissement. Au passage, ils ont pris en compte l’actualité du moment et notamment le conflit en Ukraine. « Ils se sont montrés très sensibles à ces événements qu’ils suivent à la télévision, sur les réseaux sociaux. Ils voient comment ça se passe »,remarque-t-on. Les bédéistes pour la bonne cause de la mémoire évolue au rythme de documentaires et de films visionnés avec leurs enseignants tels que La liste de Schindler. « Ce qui leur a permis de mettre des images sur des faits qui se sont déroulés il y a plus de soixante-dix ans », relève-t-on. Pour autant, ils ont souvent tendance à penser global en dehors d’une temporalité bien précise. « Dans leur idée, il s’agit d’une population qui résiste face à l’envahisseur qui n’est autre qu’un pays plus puissant. Ils convoquent à la fois leurs livres d’histoire et des faits très actuels », remarque le chef d’établissement. Comme s’ils avaient une responsabilité envers le passé et le présent. Tempi fà Les adolescents, comme tous les autres candidats ont accès, en ligne, à douze fiches pédagogiques depuis le site de l’ONACVG et la page Facebook du concours. La ressource renvoie aussi bien aux grands conflits du xxe siècle qu’au mode de production d’une bande dessinée. Dans le même temps, ils peuvent encore compter sur l’appui de l’association locale, « Tempi Fà », fondée il y a près de deux décennies déjà par Micheline Vesperini, passionnée d’histoire, convaincue aussi de la nécessité de sauvegarder et de transmettre la mémoire du village. À deux reprises, ses adhérents viendront au collège évoquer la vie d’autrefois. Une de leurs interventions portera sur la vie quotidienne à Moltifao entre 1939 et 1945. À cette occasion, le récit des acteurs associatifs mettra en scène des « situations de résistance ». Elles font référence, entre autres, à des villageois « qui ont caché soit au village même soit à proximité des personnes opprimées et recherchées », rappelle-t-on. De quoi éveiller une curiosité vive parmi les élèves. « Avec leur professeur d’histoire, ils ont approfondi le sujet, multiplié les recherches. Ce qui les a amenés aussi à réaliser des posters. Le travail s’est étalé sur plusieurs semaines », souligne Jean-Étienne Cardi. Au passage, le concours a aidé les jeunes collégiens à réfléchir de façon très concrète sur le sens de grands principes universels, comme l’égalité, la fraternité. Ne serait-ce que pour être sélectionnés, il fallait se montrer à la hauteur des consignes données par les organisateurs. Sera écartée du concours, « toute œuvre à caractère diffamatoire », « incitant à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes » quelle que soit la raison invoquée. Il reste à présent aux lauréats régionaux à se mesurer à leurs camarades au plan national.   La Corse s’est distinguée en plaçant Marine le Pen devant Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Déjà en 2017, la candidate du Rassemblement national avait fait l’un des plus gros scores de métropole. Mais cette fois, elle bat les records, emmenant l’île sur les pentes dangereuses d’un populisme d’extrême droite. Par Vincent de Bernardi Que s’est-il passé depuis le temps où son père était persona non grata dans l’île ? En 1992, Jean-Marie Le Pen avait été empêché d’atterrir à Bastia par des nationalistes. Deux ans plus tard, il avait été contraint de se réfugier dans l’aéroport de Bastia à son arrivée, et avait dû repartir deux heures après. Depuis, la stratégie de dédiabolisation engagée par sa fille a fonctionné à plein. Flattant la fibre identitaire, appelant au rejet de l’immigration, elle a trouvé écho auprès d’un électorat de plus en plus large. Elle y a ajouté dans cette campagne 2022, la défense du pouvoir d’achat qui dans le territoire le plus pauvre de métropole, touche parfaitement sa cible. Pour autant, il serait réducteur de s’en tenir à cette seule explication. En revenant quelques années en arrière, on comprend mieux les rapports complexes entre le Rassemblement national et la Corse. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, il y a cinq ans, si des jeunes militants membres de Ghjuventu Indipendentista avaient perturbé son déplacement, Marine Le Pen avait commencé à poser le socle d’un nouveau discours.   Spirale de porosité Celle qui se présente comme la plus jacobine des candidates à l’élection présidentielle trouve désormais une audience troublante dans l’île. Pourfendeuse du communautarisme, exaltant la nation française, elle se plaît à flatter une identité que les autres candidats ignorent : « Vous êtes corses et vous êtes français, et soyez les deux en même temps » ; « L’Union européenne ne défend pas les langues enracinées mais les langues minoritaires, c’est-à-dire ici la langue arabe et non le corse. Et partout chez nous l’anglais, et pas le français. » Comme l’avait souligné le politologue Jérôme Fourquet dans La nouvelle question corse (L’aube, 2017), elle continue à capter un vote identitaire d’ordinaire dévolu aux nationalistes aux élections locales. Cette porosité observée lors du scrutin de 2017 s’est amplifiée cette année, sous l’effet de deux phénomènes qui se conjuguent. Le premier, c’est un rejet de la politique d’Emmanuel Macron à l’égard de la Corse au cours du quinquennat. Il a donné le sentiment qu’il serait inflexible face aux revendications de la majorité nationaliste. Pire, pour éteindre un incendie naissant après l’agression d’Yvan Colonna en prison, il a envoyé le ministre de l’Intérieur jouer les pompiers, promettant d’engager des discussions sur l’autonomie, ce qui durant les quatre années précédentes avait été refusé. La sanction électorale est sans appel. Emmanuel Macron recueille dans l’île son plus mauvais score de premier tour de France métropolitaine.   Pouvoir d’achat Avec un taux d’abstention de 37,3%, très au-dessus de la moyenne nationale (25,17%), la Corse se détache à l’échelle de la métropole. Seuls des territoires d’outre-mer affichent des chiffres supérieurs. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, l’île s’était déjà distinguée par une abstention très marquée (32%) par rapport à l’Hexagone (22%). Ce désintérêt traduit une forme de contestation sans pour autant être une réponse aux injonctions des partis indépendantistes qui avaient appelé au boycott du scrutin pour marquer la défiance à l’égard du Gouvernement Le deuxième, c’est la question du pouvoir d’achat qui a trouvé un écho assez fort, notamment chez les catégories populaires, acquises aux nationalistes lors des élections locales, qui ont trouvé en Marine Le Pen, celle qui apportait enfin une réponse concrète à la flambée des prix de l’essence, en somme aux fins de mois de plus en plus difficiles.   Pente glissante Ces deux phénomènes additionnés conduit la Corse sur la pente glissante d’un populisme que l’on observe ailleurs en Europe mais qui surprend lorsque l’on se rappelle l’histoire politique de cette île qui s’est toujours dressée contre les extrémismes.     Depuis près de 10 ans, Jean-Baptiste de Peretti della Rocca est investi avec passion et détermination dans la gestion du domaine qu’il a créé ex nihilo sur les terres familiales. Un pari audacieux pour ce talentueux neophyte amoureux de sa terre, heureux aujourd’hui d’y recevoir ses clients dans une ambiance chaleureuse, conviviale et décontractée. Par Karine Casalta  C’est en 2003 que Jean-Baptiste De Peretti Della Rocca s’installe, après un partage des terres familiales, en tant qu’agriculteur sur la commune de Figari. Installé au départ en tant qu’éleveur ovin, le désir va bien vite se faire faire sentir d’abandonner l’élevage au profit de la vigne. “Issu d’une famille de propriétaires terriens, j’avais toujours ressenti le désir d’exploiter mes terres. » Influencé par le vigneron Yves Canarelli, qui lui fait découvrir les vins emblématiques de la région et lui montre le potentiel de belles choses à faire dans ce domaine d’activité, c’est avec conviction qu’il se lance alors dans le projet de constituer sur les 25 ha de sa propriété, un vignoble de qualité. Guidé par l’amour de la terre Visant les meilleurs résultats possibles, il se fait aider par le Centre de Recherche Viticole de Corse (CRVI) pour choisir les cépages en adéquation optimale avec sa terre. Il démarre ainsi, en 2013, avec la plantation de 3 ha de cépages traditionnellement cultivés en corse du sud, auxquels viendront s’ajouter par la suite plusieurs ha supplémentaires en 2017, 2019 et 2022 pour constituer au total cette année un domaine de 15 ha de vigne. Une entreprise osée puisqu’il n’avait alors aucune expérience dans ce domaine. « Totalement autodidacte, j’ai appris, et je continu d’apprendre, sur le tas. Je me suis aussi entouré d’une œnologue, d’un maitre de chai, et de spécialistes en soins phytosanitaires pour m’accompagner dans le développement du domaine. »  Car jusque-là, c’est dans le secteur de la mode, que Jean-Baptiste avait fait ses armes, associé notamment dans l’entreprise Mare di Latte, créée avec son ex-femme. Une expérience enrichissante, qui l’a conduit à beaucoup voyager, et à développer une sensibilité artistique et un goût certain pour les matières et les couleurs. Des qualités qui lui seront bien utiles pour la suite de son projet. Car c’est un projet global qui peu à peu va se dessiner. En complément du vignoble, Jean-Baptiste a eu à cœur de développer en parallèle une activité hôtelière, proposant ainsi une demeure principale et quatre bergeries qu’il a fait construire sur ses terres, à une clientèle désireuse de découvrir à la fois la région et le domaine. Un art de vivre dans les vignes Des gites de charme, à la décoration élégante et soignée qu’il s’est attaché à superviser dans les moindres détails, pour offrir à ses hôtes une parenthèse enchantée au cœur de la nature et des vignes. Et le résultat est là : Le Domaine de Peretti della Rocca est devenu une référence incontournable de l’offre oenotouristique insulaire. Ouvert de février à décembre, il offre un véritable havre de paix à une clientèle, qui le temps d’un séjour, peut venir se ressourcer et déguster les vins produits sur le domaine « L’activité viticole met ainsi l’hôtel en avant, et l’hôtel met le vin en avant. C’est ce qui plait à nos clients, qui sont accueillis comme à la maison ». On peut aussi y célébrer des évènements, publics ou privés. Le domaine accueille ainsi depuis l’an dernier « Des vignes entre les lignes » un festival de rencontres littéraires, œnologiques et philosophiques, initié par l’auteure Dominique Memmi désireuse de « mêler pages et cépages en toutes convivialités » Il a fallu un travail acharné de plusieurs années pour y arriver. Sans parler des nombreuses difficultés à affronter « Ça a été parfois très difficile, un vrai parcours du combattant ! Que ce soit sur les questions administratives, que sur le plan des financements, car il a fallu engager de lourds investissements. Il m’a fallu près de 10 ans pour commencer à voir le bout du tunnel, mais c’est une grande satisfaction aujourd’hui » Tourné vers l’avenir Et sans aucun doute, c’est de sa production, que le vigneron tire aujourd’hui sa plus grande fierté. Le domaine produit aujourd’hui 3 cuvées : La cuvée Jules, du nom de son fils qui rend aussi hommage à son père, la cuvée Colette, pour sa fille, et la cuvée Joséphine pour sa mère. Des vins rouges, blancs et rosés, labellisé par l’AOP Corse Figari, dont il est aussi le président. Au même titre, dans la partie hébergement, les chambres reprennent aussi les noms de ses enfants. Car Jean-Baptiste aimerait bien faire un jour de l’exploitation du domaine une aventure familiale. Son fils Jules, parti se former à Beaune, a pour sa part déjà fait le choix de l’œnologie. De son côté, Colette, sa fille, pour l’heure étudiante au CELSA à Paris, pourrait bien être attirée par l’hôtellerie. « Mais quoi qu’il en soit, dit-il, ce choix sera le leur. » Un choix que pour sa part il n’a jamais regretté « Longtemps, je me suis posé beaucoup de questions, mais depuis que je me suis installé sur ce domaine, je me réalise enfin !  Ce sont des terres que j’adore sur lesquelles je m’épanouie pleinement !»  Et ce ne sont pas les projets qui manquent pour l’avenir « Je suis en train de construire ma cave qui devrait être achevée en septembre 2023. Côté vin, j’ai pour projet de développer le parcellaire et le mono cépage, en travaillant essentiellement des cépages endémiques : Nielluciu, Sciacarellu, vermentinu, Biancu Gentile, Minustellu, Genovese… » Avec toujours pour objectif de produire des cuvées de qualité, expression authentique d’un terroir ancestral. « Bien sûr rien n’est jamais gagné, les aléas climatiques, comme la grêle et le gel qui nous ont touché l’an dernier, peuvent être un vrai poids, ou coûts des matières premières qui s’envole, les difficultés restent nombreuses, mais quelle fierté de voir mes bouteilles sur les tables ! Et quand on me dit que mon vin est bon, c’est une intense satisfaction ! »      

Cette semaine Caroline Ettori reçoit l’ancien recteur Michel Barat, l’éditeur, ancien député de Paris et ambassadeur Laurent Dominati et François Casasoprana, responsable du mouvement « En Corse, restons optimistes ! ». Au programme : retour sur la présidentielle et tour d’horizon des forces politiques insulaires avant les élections législatives des 12 et 19 juin prochains.

Revue de Corse avec l’ancien recteur Michel Barat, l’éditeur, ancien député de Paris et ambassadeur Laurent Dominati et François Casasoprana, responsable du mouvement « En Corse, restons optimistes ! »

Depuis les « gilets jaunes », l’idée que la politique française, peut-être même la politique partout ailleurs, se fasse autour d’une fracture entre le peuple et les élites devient dominante.

Par Michel Barat, ancien recteur de lAcadémie de Corse

Même si cette explication comme beaucoup de sociologies de bistrot ne résout rien, il n’empêche que les gens tout simplement se détournent de la vie politique ou se réfugient dans des contestations de droite ou de gauche extrêmes reniant le consensus du bien-fondé des démocraties libérales qui reculent dans le monde, pour se donner à des démocraties paradoxalement appelées « alibérales » qu’on dénommait jadis de populaires comme l’ancienne Allemagne de l’Est ou de fascistes comme l’Espagne de Franco ou l’Italie de Mussolini. Ces régimes ont fait la guerre à leurs élites sans pour autant émanciper leur peuple et en le rendant plus misérable. Nous sommes donc face à une régression civilisationnelle qui refuse l’idée de progrès.

Et pourtant, les classes populaires dont le sort s’aggraverait si ces partis venaient au pouvoir se portent vers ces idéologies. Pour éviter que cette tendance ne devienne un destin, il est nécessaire de montrer que le populisme n’est pas fondé sur l’amour ou simplement le respect du peuple mais sur son mépris cynique. Tout d’abord, il faut rapprocher les deux sens les plus courants de l’idée de peuple : d’une part la sociologique et philosophiquement matérialiste qui fait référence aux classes les plus pauvres et aux populations démunies et d’autre part la juridique et idéaliste qui y voit l’ensemble des citoyens, c’est-à-dire des personnes éclairées capables de préférer l’intérêt général aux intérêts privés.

Fausses élites

Pour ne pas abandonner les classes populaires au populisme, la première action consiste à leur rendre possible de vivre dignement matériellement : il est difficile voire impossible de préférer l’intérêt général à son intérêt privé quand on est économiquement condamné à la misère. Les démocraties libérales ne pourront résister aux vagues de populisme si elles ne protègent pas leurs populations les plus précaires, qui abandonnées par les fausses élites sombreront dans la délinquance ou se donneront au fascisme ou au totalitarisme, figures de la délinquance devenue pouvoir. S’il est indispensable, par exemple, de défendre le système par répartition des retraites même au prix d’un allongement du temps de travail, il est impossible de le faire comprendre à ceux dont les conditions de travail limitent l’espérance de vie : le recul pourtant nécessaire de l’âge du départ à la retraite n’est possible non seulement qu’en tenant compte de la pénibilité des métiers exercés mais qu’en améliorant les conditions de travail. Si ceux qu’on appelle en un raccourci bien rapide les élites n’en prennent pas conscience, elles signeront non seulement leur perte mais celle de la démocratie.

Peuple méprisé

Contrairement aux discours démagogiques et faciles, une société démocratique a besoin d’élites mais comme le rappelle l’idéal républicain depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyenseule « l’utilité sociale » justifie les distinctions. C’est d’ailleurs la différence entre élites et privilégiés, différence que ne font plus les médias et de nombreux commentateurs politiques, beaucoup préférant leurs privilèges à leur rôle d’élite, eux qui dénoncent les élites en jouissant des privilèges de leur fonction sociale plus que n’en abusent les politiques. De tels commentaires et analyses précipitent la décomposition des démocraties libérales car ils sont le fait de démagogues et non de démocrates. Ainsi, ils participent au populisme, qui en  réalité est mépris du peuple, car ils supposent que ce peuple ne comprend rien et qu’il n’est pas capable de s’élever de la foule pour se constituer en peuple souverain. Ne croyant pas en la perfectibilité de l’homme, ils méprisent le peuple. Les uns se voudraient avant-garde révolutionnaire manipulant un sous-prolétariat misérable, les autres leaders ou caudillos fascisants manipulant des masses maintenues dans la misère tant matérielle qu’intellectuelle.

Spectre autocrate

Pour éviter que la France ne soit sous la coupe d’un autoritarisme comme celui d’Orbán en Hongrie, d’une dictature que fut celle de Chavez au Venezuela, où se livre un mélange monstrueux des deux, prenant le visage du nationalisme et du soviétisme qu’est la figure funeste de l’autocrate Poutine, les élites doivent se faire les meilleurs alliés du peuple.

Après des semaines de propagande, de tapage, de battage et de cirque médiatique, Macron est réélu pour la deuxième fois consécutive président de la République. Marine Le Pen après avoir étalé tout son programme identitaire et national se voit recalée et pour autant elle en aura récolté des voix majoritaires dans bien des régions, des villes et des villages. Plane alors l’idée du « dit » vote contestataire, d’un relent de fascisme pour redresser le pays ou je ne sais quoi encore comme idéologie nationaliste qui expliquerait que l’on soit à la fois nationaliste corse et nationaliste français ou tout simplement anti-Macron au point d’envisager une telle élection ! La gauche totalement évincée du panorama libéral capitaliste extrême droite. En Corse, il semblerait que les manifestations et les esprits se soient calmés en attendant de reparler d’un statut d’autonomie. Les murs refleurissent abondamment de tags, quelques maisons ont été la cible d’attentat pour autant devrions-nous parler d’une reconstitution de ligue dissoute ? L’Ukraine n’a toujours et malheureusement pas retrouvé sa liberté, quelle détresse et le reste du monde n’est toujours pas apaisé. Surconsommation, manque de réglementation, surexploitation : le néant… Après tout ce boucan, ce chamboulement désastreux, l’humanité est face à une « spirale d’autodestruction », alerte un rapport de l’Organisation des Nations unies. Dans un nouveau rapport publié le mardi 26 avril 2022, l’ONU appelle à enrayer cette « spirale d’autodestruction » à laquelle l’humanité est confrontée. Le rapport indique que l’ampleur et l’intensité des catastrophes sont en augmentation. Et puis le dérèglement climatique nous préserve encore un peu nous réservant quelques parenthèses délicieuses : le printemps en Corse nous offre ces derniers jours un soleil généreux après quelques jours de tempête, les cours d’eau coulent à flot, les arbres sont arrosés, le parterre des forêts se couvre de fleurs, le maquis est de toutes les couleurs : crocus, violettes, asphodèles, orchidées. Le mantra du mois sera après toute cette agitation de se poser un instant loin de tous les discours dithyrambiques, l’emphase, le débat d’égos et le peuple qui gronde. Un peu de paix dans ce monde de brutes. Enjoy the silence Oui vraiment……  

Moins de deux mois après l’élection présidentielle, les citoyens seront de nouveau appelés à se prononcer cette fois-ci pour désigner leur député les 12 et 19 juin prochains. En Corse, quatre circonscriptions, deux en Corse-du-Sud, deux en Haute-Corse et bien plus de candidats sortants, potentiels, hésitants ou convaincus qui s’interrogent, se jaugent et jouent des coudes pour décrocher le ticket gagnant pour Paris. 

Toutefois après la vague d’abstention du mois d’avril culminant à 28,01% et la victoire bleu marine insulaire (58,08%), comment envisager un scrutin dont le seul intérêt se résume pour beaucoup à une cohabitation opportune ? 

Le panel ne semble pas motivé par cette nouvelle échéance. Seuls 48% des personnes interrogées ont l’intention de participer au vote. Pour les plus désireux d’accomplir leur devoir, leur choix se porterait majoritairement sur la famille nationaliste 31%, avec une prime aux sortants, puis sur les représentants de la majorité présidentielle et des Républicains (20%). Les extrêmes sont relégués au fond du classement. 

Enfin, entre respect du pluralisme et stabilité, depuis 2007 les présidents n’ont pas eu trop de mal à trancher. Quitte à s’éloigner de leur « moi, candidat ». Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, tous ont évoqué la fameuse « dose de proportionnelle » aux élections législatives durant leur campagne. Étonnement, aucun d’entre eux n’aura tenu cet engagement qui favorise les oppositions et les extrémités en particulier mais aussi les compromis(sions) post-électorales au nez et à la barbe des électeurs. Cependant ce mode de scrutin qui assure malgré tout une meilleure représentativité de l’échiquier politique à la faveur des sondés à 67%. Chose promise… chose promise. 

Sondage Exclusif Paroles deCorse – Opinion of Corsica – C2C Corse Toute reprise totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète. Étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 502 personnes représentatifs de lapopulation française âgées de 18 ans et plus. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 3 à 5 points. 

page40image1954688

LA SÉPARATION DES POUVOIRS CONSISTE D’ABORD ET AVANT TOUT EN CELLE DU POUVOIR LÉGISLATIF QUI FAIT LES LOIS ET DU POUVOIR EXÉCUTIF QUI GOUVERNE SELON CES LOIS. LA SOUVERAINETÉ APPARTIENT À CE QUI EST DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT

L’ORIGINE DES LOIS.

Par Michel Barat,
ancien recteur de l’Académie de Corse

En démocratie, la souveraineté appartient au peuple d’une manière rarement directe mais le plus souvent représentative par l’intermédiaire d’une ou plusieurs assemblées issues du peuple. De plus dans une vraie démocratie l’exécutif n’a pas l’exercice de la justice qui appartient à une institution indépendante pour la rendre et dire le droit. En France, l’institution judiciaire n’est pas constitutionnellement un pouvoir mais une autorité, car elle n’est pas à l’origine des lois et ses décisions et verdicts sont mis en œuvre non pas par elle-même mais par l’exécutif. Cette autorité est indirecte et représentative car elle rend la justice non pas en son nom mais au nom du peuple français qui a la souveraineté des lois votées par les assemblées qui le représentent. C’est le sens de la formule, «au nom du peuple français» qui précède toute décision judiciaire. C’est là que toute la difficulté de l’exercice de la justice consiste, car ses décisions sont prises non pas pour convenir aux conceptions morales ou philosophiques de chaque citoyen réel mais à la volonté générale abstraite, celle du peuple comme totalité idéale des citoyens. L’exercice de la justice est donc un exercice idéal qui a des conséquences dans le réel, conséquences souvent graves et parfois terribles. En un sens, on peut aller jusqu’à dire que la justice est une fiction aux effets réels. Si tout membre du pouvoir exécutif doit s’interdire de commenter une décision de justice au nom de l’indépendance du pouvoir judiciaire, il serait contradictoire de l’interdire à quelque membre du peuple au nom duquel elle est rendue.

VIOLENCE FAITE AU RÉEL

C’est bien au nom du peuple qu’elle est rendue par des magistrats ou par un mixte de juges professionnels et d’un jury populaire comme aux Assises et non par le peuple lui-même : il s’agit d’éviter un populisme judiciaire ou le peuple qui peut se dégrader en foule aux humeurs versatiles et bien souvent violentes confond justice et vengeance. Dans l’affaire de l’assassinat du préfet Érignac, la peine ayant été prononcée et exécutée en grande partie, la décision de refuser le rapprochement des coupables est bien plus une décision de vengeance populiste qu’un acte de justice. Avoir cédé dans ce cas à la vengeance et au populisme a entraîné de fait une injustice donc un grand désordre. L’idéal de la justice, qui est fiction, provoque ainsi un désordre et une injustice bien réels La difficulté de l’exercice de la justice peut être effrayante car il s’agit d’intervenir dans la réalité sociale au nom de la fiction idéale du droit. C’est pour cette raison qu’en matière de justice pénale les décisions se prennent non seulement en droit mais en droit, en équité et en opportunité. L’idéal du droit qui a toute la dignité d’un idéal peut, en effet, se muter en violence faite au réel. Tel est le sens de cette fort étrange formule de Goethe qui affirme préférer «une injustice à un désordre » : une injustice grave pourrait, bien facilement, créer un désordre encore plus grave. L’exercice de la justice, contrairement à la rigueur d’un Kant, n’est pas un acte de raison pure mais un acte simplement raisonnable.

L’IDÉAL DU DROIT

Si la justice est bien de l’ordre de la raison pure à la limite de la fiction, son exercice ne peut qu’être raisonnable. Il faudrait même avancer que pour la réalité, il n’y a pas d’acte de justice mais que des actes politiques. La magistrature en a tellement conscience qu’elle souhaite bien trop souvent ne pas se contenter d’être une autorité pour s’ériger en pouvoir voire en pouvoir supérieur à l’exécutif, ce qui d’une manière inversée mettrait fin à l’équilibre des pouvoirs et à leur séparation. Si dans le réel tout jugement est politique, abandonner la fiction de l’idéal du droit conduirait à la barbarie de l’horreur judiciaire et transformerait la magistrature en clergé d’une religion terrible.

Par Anne-Catherine Mendez

Aujourd’hui, elle écoute le corps à travers les pieds et par eux, dirige toujours sa pratique de manière adaptée à chacun pour soulager les tensions, diminuer le stress, éliminer les maux de têtes, agir sur le sommeil, atténuer certaines blessures, apporter de l’énergie aux organes fatigués et bien d’autres effets qui parfois la surprennent encore. Mais le parcours d’Elisabeth Colonna, la trentaine, jeune femme au sourire éclatant, n’est pas un long fleuve tranquille et le bien-être n’est pas sa première orientation professionnelle. C’est après une période de remise en question qu’elle décide de s’orienter vers une autre voie qui lui correspond réellement. Elle souhaite, par le biais de ce qu’elle a vécu dans sa vie personnelle, pouvoir apporter aux autres un moyen de se sentir mieux, se détendre, se recentrer sur soi, retrouver un meilleur équilibre de vie. Cela s’est concrétisé par l’apprentissage et la mise en pratique des techniques de bien-être qu’elle utilise aujourd’hui.

À la rencontre d’une thérapeute aussi douce que le métier qu’elle pratique

Quel est donc votre parcours ?

Je suis titulaire d’un baccalauréat en économie, puis d’un BTS assistant de gestion PME/PMI. J’ai travaillé environ 4 ans dans des entreprises du secteur privé. En 2017, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le RSI, (la caisse de sécurité sociale des indépendants). Cette entité a ensuite fusionné avec l’Urssaf, et je me suis retrouvée dans de nouvelles fonctions et un nouvel employeur. En 2020, j’ai fait ce qu’on appelle communément un « burn out ». 

Ce n’était pas la première fois que je me trouvais en situation d’extrême fragilité. Six mois avant de passer mon baccalauréat, j’ai développé une agoraphobie. Je faisais des crises d’angoisse, j’ai développé également des symptômes d’anorexie mentale. Pendant environ quatre mois, j’ai vécu une période très difficile. J’étais une très bonne élève, personne ne comprenait la souffrance dans laquelle je me trouvais. Grâce à l’accompagnement sans faille de ma maman et au sport, j’ai pu me présenter aux épreuves. Je me suis inscrite en droit, à la fac, et très vite j’ai arrêté cette formation pour rester à Ajaccio auprès de mon grand-père malade et suivre un BTS en alternance. 

Quel fut l’élément déclencheur de votre reconversion professionnelle ?

Fin 2020, début 2021, j’ai décidé d’arrêter définitivement mon activité d’assistante de direction. Je n’étais pas dans un environnement favorable à mon épanouissement professionnel. J’avais de nouveau de grosses crises d’angoisse, je perdais le sommeil. Je me suis inscrite sur une plateforme en ligne, Agora Académie, je voulais personnellement comprendre ce qui m’arrivait, comprendre les mécanismes de gestion du stress et chercher à améliorer mes troubles du sommeil et mes crises d’angoisse. J’étais devenue mon propre cobaye. Suivre cette formation, et surtout mesurer les impacts du stress sur les problèmes de santé qui se manifestent, a été l’élément déclencheur pour m’orienter vers la réflexologie. Ce fut un déclic !

Je me suis inscrite auprès du centre Amanaé Formation qui venait de se créer à Ajaccio, pour me former à titre professionnel. En décembre 2021, j’ouvrais mon propre cabinet. Je suis aujourd’hui praticienne réflexologue et coach en gestion du stress. 

Quel est le rôle de la réflexologie ? 

La réflexologie, qu’elle soit plantaire (exercée sur les pieds) ou palmaire (exercée sur les mains), est une pratique très ancienne reposant sur l’équilibre du corps. Les pieds ou les mains sont le miroir exact de notre corps, ils sont le miroir de nos fonctions vitales. En exerçant une pression avec les doigts sur une zone précise, la réflexologie permet d’agir sur l’ensemble de nos organes, glandes ou parties du corps. La réflexologie n’est pas un massage, elle permet de soulager un trouble. C’est une technique qui peut apporter du bien-être à tout un chacun et à tout âge pour soulager les douleurs, libérer des tensions et du stress, se détendre et prévenir certains maux. C’est ce qu’on appelle une médecine douce, alternative qui évite souvent de passer par des traitements médicamenteux. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre activité ?

Sans hésiter, c’est la relation aux autres qui m’importe et m’apporte le plus, être en capacité à mon niveau, d’aider les personnes qui me sollicitent. Et puis les retours après les séances, très positifs à ce jour, m’encouragent à continuer cette activité encore récente pour moi et me confortent dans mon choix de réorientation professionnelle. Cet aspect d’échanges et de rencontres va d’ailleurs au-delà des séances que je dispense : je recherche également à créer des liens avec d’autres professionnels du secteur du bien-être. Il est toujours plus intéressant et plus fructueux de réfléchir et d’agir ensemble, je suis convaincue des plus-values de l’action collective et de la synergie des métiers. 

Est-ce que l’insularité est un terrain favorable aux types de pathologies que vous rencontrez ? 

Je pense que l’île favorise certaines situations. Le climat anxiogène est très visible dans la région aussi bien au niveau professionnel que personnel. La proximité, le poids de la famille peut avoir des effets très néfastes, en particulier sur les jeunes couples avec enfants ou sur les familles monoparentales. Pour ma part, c’est également suite à des relations familiales paternelles très difficiles que je me suis engagée dans cette voie. C’est de ces épreuves que j’ai trouvé la force de rebondir. 

De quoi êtes-vous fière, vos regrets ? 

Je suis fière d’avoir pu passer le cap de quitter une situation d’emploi dite confortable pour me lancer dans l’aventure de l’entreprenariat et du bien-être. C’est une expérience personnelle des plus enrichissantes et aujourd’hui je suis en accord avec moi-même. Je regrette de ne pas avoir pris cette décision plus tôt, j’ai été guidée toute ma vie par le stress, je suis tombée malade, j’ai perdu du temps. 

Votre devise ?Qui domine les autres est fort, qui se domine es