Écoutez la radio en direct

À 36 ANNI, HÀ DECISU DI CAMBIÀ DI VIA PRUFEZIUNALE, DI LASCIÀ PARLÀ U SO CORE, A SO PASSIONE PER A CUCINA È L’ARTE DI FÀ PIACÈ. HÈ NATA CUSÌ ZIA MARIA DI A QUALE A NOVA BUTTEGA IN BASTIA CAMPA TUTTI L’AMATORI DI A BONA ROBBA.

Par Petru Altiani

J’ai toujours eu en moi cette volonté d’entreprendre», confie Roxane Paoli dans un large sourire. Avec une décennie d’expérience dans le conseil bancaire, elle a décidé en 2021 de laisser libre cours à ses aspirations, portée, dit-elle, par « l’envie de créer et développer de nouvelles idées en phase avec le monde dans lequel nous vivons, un projet qui dure dans le temps avec un impact positif – je l’espère – sur Bastia et plus si affinités». Devenir «artisane-pastière», plus qu’un challenge, une métamorphose alignée sur ses valeurs et sa passion pour le « goût du bon ». « La naissance de Zia Maria répondait à ce souhait de virage personnel et professionnel», explique la jeune femme de 36 ans. Et d’ajouter : «La cuisine est pour moi synonyme de partage et d’échanges. Les recettes de Zia Maria sont le fruit d’une collaboration avec proches et amis depuis le début du projet il y a trois ans en arrière, c’est la crise sanitaire qui m’a donné l’occasion de mettre la main à la pâte et de suivre une formation spécialisée en Italie.» Dans son échoppe flambant neuve, située au 2 rue Neuve- Saint-Roch, une artère piétonne animée de la ville de Bastia, Roxane a à cœur de permettre aux «Pasta Lovers» d’apprécier pleinement le processus de fabrication artisanale. En toute transparence et dans un esprit résolument immersif. «L’approche Zia consiste à entrer dans la cuisine comme je le faisais lorsque j’étais enfant», précise- t-elle, évoquant des souvenirs empreints de tradition et de bonheur familial avec sa grand-mère et ses tantes.

LA MADELEINE DE PROUST

 » LA CUISINE EST POUR MOI SYNONYME DE PARTAGE ET D’ÉCHANGES. LES RECETTES DE ZIA MARIA SONT LE FRUIT D’UNE COLLABORATION AVEC PROCHES ET AMIS DEPUIS LE DÉBUT DU PROJET. « 

Les vitrines de Zia Maria exposent un spectacle haut en couleurs, dévoilant le ballet des malfadine, casarecce ou gnocchi. «C’est un retour aux sources» pour la cheffe d’entreprise qui offre aux fins gourmets la possibilité de composer leur repas avec une certaine idée de la Dolce Vita. La proximité avec d’autres commerçants locaux enrichit cette dimension conviviale. Après avoir visité le fromager, le boulanger, ou le maraîcher, une halte chez Zia Maria vient compléter le cabas des amateurs de produits authentiques. Par rapport aux pâtes sèches, les pâtes fraîches présentent de nombreux avantages nutritionnels protégeant les cellules, régulant la glycémie et favorisant la satiété. Roxane Paoli indique que le taux élevé de protéines dans le blé dur contribue à la consistance de ses mets qui s’inscrivent dans une démarche de «manger sain», un équilibre entre plaisir gustatif et bien-être, basé sur le «circuit court»; du producteur au consommateur.

AVENTURE HUMAINE

Le passage du conseil bancaire à la fabrication de pâtes fraîches artisanales n’était pas un simple changement de carrière pour Roxane. Sa décennie en tant que conseillère bancaire, au contact de divers entrepreneurs, l’a préparée à cette transition. «J’ai vécu par procuration leur quotidien, leurs problématiques mais aussi leurs réussites», poursuit-elle, révélant comment ces expériences sont devenues des atouts déterminants dans sa nouvelle vie d’entrepreneure. «Ce sont des rencontres qui m’ont enrichie et donné envie de passer de l’autre côté, de vivre une aventure humaine à mon compte et proposer une chose inédite ». Roxane souligne par ailleurs l’importance des acteurs locaux dans la concrétisation de son projet. « D’avoir une idée ne suffit pas pour qu’elle voit le jour », affirme la charmante bastiaise, mettant en avant l’engagement de partenaires tels que l’Agence de Développement Économique de la Corse qui a joué un rôle crucial pour faire de Zia Maria une réalité. Quand on lui demande quels sont ses projets futurs, Roxane insiste sur la satisfaction de ses clients comme juge de paix. Elle estime que le développement de Zia Maria ne se fera qu’à travers cette voie, spécifiant que «c’est un secteur exigeant qui requiert un engagement sans faille. Bien que le chemin soit long, il est essentiel pour moi ne pas oublier les motivations premières ».

 » C’EST LA CRISE SANITAIRE QUI M’A DONNÉ L’OCCASION DE METTRE LA MAIN À LA PÂTE ET DE SUIVRE UNE FORMATION SPÉCIALISÉE EN ITALIE. « 

LA PELLICULE DU GOÛT

Selon l’artisane-pastière, le plaisir de faire plaisir est un pilier fondamental qu’elle met
en partage au quotidien, en collaborant aussi passionnément avec des chefs cuisiniers locaux reconnus. Lors du dernier festival du film méditerranéen Arte Mare, Sébastien Poggi du restaurant L’Odéon et Carlu Maria Geronimi d’A Dulcezza ont sublimé ses délicieux cannelloni, proposant aux cinéphiles une expérience culinaire unique et renforçant ainsi les liens entre art et gastronomie. Cette alliance du beau et du bon paraphe mieux que longues digressions l’approche, pour ne pas dire la philosophie, de celle qui donna un nouveau cap à sa vie professionnelle. Une mutation qui ne s’apparente pas à quelque coup de tête, mais s’inscrit dans une démarche réfléchie dévolue à être en harmonie avec soi-même. Comme si s’était opérée une postulation entre l’essentiel et l’accessoire. Une telle démarche est à saluer tant elle puise dans une ardente volonté qui répond à maints égards au fameux connais-toi toi-même. Ou encore du précepte deviens ce que tu es. Roxane Paoli démontre à l’évidence que les chemins du possible s’ouvrent à qui veut bien les défricher.

LOUABLE EXEMPLE

En cela l’initiative a valeur d’exemple et porte témoignage que le volontarisme peut briser maints obstacles pour fondre dans un même creuset idéal et réalisme. Certes l’exemple n’est pas isolé. Sans doute ici et là, d’autres personnes réalisent ce radical changement d’existence. Mais de telles conversions ne sont pas fréquentes, tant elles ont pour compagnes de route des prises de risques qui rebutent fréquemment ceux ou celles qui aspirent à sauter le pas. Sans verser dans l’éloge exagéré, nul n’infirmera que Roxane Paoli mérite un coup de chapeau. Et nous fait augurer qu’elle pourrait rapidement devenir une référence dans sa nouvelle activité. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Bannissons les litotes ou le langage policé.
Évitons de mettre en parenthèses des événements sociétaux. Cessons de les remiser dans le domaine de vulgaires faits divers en occultant les liens diffus qui les relient à une problématique émergente. Décrire sans euphémisme une néfaste situation naissante est sans conteste le meilleur remède pour en juguler sa propagation.

Par Jean Poletti

es réactions populaires sporadiques s’invitent dans le débat insulaire amputant le concept du vivre ensemble. Et laissant percer ce que de manière prosaïque la sociologie nomme le rejet de l’étranger. Certains feignent de l’ignorer dans une fausse démarche altruiste, s’apparentant fréquemment au moyen de contourner le hiatus. D’autres, campant sur une louable doctrine humaniste, rechignent à scruter

la réalité aussi prégnante fut-elle. Pourtant la Corse n’est plus à l’abri d’un clivage communautariste. Il est illustré par plusieurs événements récents qui suscitèrent des réactions populaires.

RÉACTIONS POPULAIRES

Au-delà des rassemblements ou prises de position, perçait en formule lapidaire le fameux «on n’est plus chez nous», comme cri de ralliement. Cela se produisit voilà quelque temps quartier des Cannes à Ajaccio ou des dealers avaient interdit la venue d’agents municipaux. Inscriptions sur les murs et cris de la foule mêlaient « A droga no » et « Arabi fora ». Plus récemment du côté de Paese Novu, à Bastia, une manifestation fut l’épilogue d’une rixe entre jeunes. L’un deux, Raphaël victime de blessures à l’arme blanche. Là aussi percèrent des tensions entre Corses et Maghrébins, ponctuées par des assertions telles «Racailles fora» «Ici ce n’est pas la banlieue parisienne » ou encore « Basta cusi ». En corollaire se produisit l’agression contre une personne âgée par un couple originaire de Pologne. Ou celle qui se produisit à L’Île-Rousse, durant laquelle un résident fut molesté par plusieurs individus, prêtant le flanc à des propos vilipendant des groupes allogènes.

LE GRAND DANGER

Ici et là, ces confrontations sont d’évidence attisées par les réseaux sociaux, qui sans retenue versent dans le racisme. Voilà le grand danger. Tel est l’enjeu aux lisières d’autres plausibles débordements qu’il convient d’anticiper, dans une démarche collective en rupture avec une passivité proche du lascia core. Sans verser dans le diagnostic social, nul ne contestera que ces exactions se produisent fréquemment dans les quartiers dits populaires. Ces immeubles et lotissements au sein desquels la cohabitation entre locaux et 

population immigrée, ou qui en est issue, se fragmente. Et voilà que surgit chez nous le spectre réel ou supposé des obstacles à l’intégration et a fortiori de l’assimilation. Tels avancent même l’argument culturel et de la perte de l’identité insulaire. En cela ils n’hésitent pas à asséner que ces gens venus d’autres horizons battent en brèche l’adage «La Corse fabrique des Corses.» Au risque d’insister plus que de raison, la société insulaire risque, si l’on n’y prend garde, d’être happée par une spirale du rejet de l’autre, propice à des affrontements plus radicaux encore que ceux qui forgent l’actualité.

PHÉNOMÈNE DE BANLIEUES

Dans une évidente accélération des clivages, le fait démographique s’immerge désormais dans le positionnement politique. Il est notamment mis en exergue par Core In Fronte qui affirme déceler une fragmentation communautaire de la société corse. Et d’enfoncer le clou en ajoutant qu’il n’existe qu’une seule communauté de droit sur cette terre: le peuple corse. Analyse spécifique aux indépendantistes ? Nullement. U Partitu di a Nazione Corsa évoque sans ambages un phénomène de «banlieurisation» estimant par ailleurs que la société corse est menacée dans son existence par les valeurs et codes culturels qu’elle porte. En point d’orgue, l’association identitaire Palatinu se montre plus exclusive encore. À ses yeux nul doute n’est de mise, la Corse est confrontée à une tension permanente entretenue par la présence massive de populations extérieures. «Elles produisent nombre d’éléments animés par un esprit profondément prédateur et vindicatif à l’égard des Corses de souche et des Européens assimilés. »

CAÏDS DE QUARTIERS

Évoquer une tentative de récupération n’est pas vue de l’esprit. Pour autant ignorer que le feu couve sous les cendres relèverait d’une léthargie intellectuelle et morale pouvant annoncer un réveil douloureux. Il est sans doute encore temps d’accréditer l’idée que le pire n’est pas forcément certain. Cela implique de déciller les yeux. De reconnaître que dans nos villes aussi existent des zones de non-droit où des caïds aux petits pieds s’affranchissent des règles élémentaires. Cela est prégnant dans certains endroits de la cité phocéenne, aux alentours de la capitale ou en d’autres lieux hexagonaux. Éviter que cela n’arrive sur nos rivages est aux antipodes de la stigmatisation. Elle procède tout simplement de l’ardent souhait que la citoyenneté pleine et entière soit le creuset d’une harmonie façonnée par une Corse ouverte. À condition que ceux qui s’y sont installés, ou parfois même sont nés ici, acceptent sans l’ombre d’une réticence cio che no simu. Avec nos défauts et nos qualités. Et sans doute les qualités de nos défauts. En toute hypothèse, tout accrédite l’idée d’une situation ayant la fragilité du cristal. Les points d’achoppement qui se succèdent impliquent forcément une réelle vigilance. Et notamment de trier le bon grain de l’ivraie.

FÂCHEUX PRÉCÉDENTS

S’opposer aux brebis galeuses ne doit pas se muer a une détestation générale d’une communauté majoritairement calme, silencieuse et inconnue des rubriques de faits-divers. Il n’empêche l’angélisme de certains qui se refusent a voir une mutation sociétale participent, malgré eux, a ce climat délétère. Ils continuent selon la formule consacrée à ne pas mettre de mots sur des maux, en foulant aux pieds l’élémentaire réalité. Osons dire que depuis quelque temps 

les incidents se multiplient. Sans remonter aux calendes grecques rappelons la fâcheuse scène de la plage de Sisco, squattée par des baigneuses en tchador. Ou encore des pompiers attirés dans un guet-apens, Jardins de l’empereur a Ajaccio, qui entraina les débordements que l’on sait. En incidence il est établi que même si ils n’en ont pas le monopole certains non corses s’impliquent pleinement dans le trafic de stupéfiants et dealent au pied d’immeubles, au grand dam de la population. Professer que cela est accessoire est synonyme d’ignorance qui contribue au malaise qui s’instaure en certains points des agglomérations. Elle alimente la cassure entre riverains de confessions ou d’origines différentes. Avec en point d’orgue le refus de côtoyer les locataires venus d’ailleurs.

CIRCONSCRIRE LE FOYER

Prévenir, éviter que ce rejet se propage jusqu’à la rupture et l’affrontement, est encore possible. Il implique nécessairement de flétrir sans atermoiements cet esprit de bande qui à bas bruit s’accapare des territoires. Ou dévolu à faire régner une loi que les locaux n’acceptent pas. La Corse a assez de ses problèmes sans que plane le spectre d’un conflit, pour l’instant larvé qui porte en germes de graves débordements. Loin de nous la volonté d’un syllogisme religieux. Bien au contraire. Notre propos est aux lisières du cri

d’alarme qui tend à ne pas mélanger les serviettes et les torchons. Mais de réitérer le fait prégnant qu’au sein d’une communauté une minorité agissante n’est pas blanc- bleu. Elle doit être sans stigmatisation mise sous le boisseau par la force de la justice. Prendre cette affaire à bras le corps est non seulement souhaitable mais aussi urgente. À trop laisser l’eau couler sous les ponts les implacables mécanismes connus sous d’autres cieux auront ici un terreau fertile pour progresser. Avec cette nuance fondamentale que chez nous la révolte peut prendre un tour dramatique.

EXEMPLES PROBANTS

Rétorquer que cela est une exagération ou procède de prévisions infondées ne résistent pas à la claire vision. En tous lieux les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il suffit de jeter un œil par-dessus le bras de mer pour en être édifié. Là-bas aussi on adopta la méthode Coué. Le résultat? Des personnes voulant rejoindre leur domicile contraints de se justifier au hasard de barrages dressés par des délinquants.

Au vu au su des policiers avouant leur impuissance. Bien sûr la dialectique extrémiste doit être chassée des esprits. Sans conteste jeter de l’huile sur le feu ne peut satisfaire. Mais entre le refus de certaines thèses et le déni existe une voie médiane pétrie dans le réalisme. Celle qu’il faut impérativement emprunter au nom de la quiétude à retrouver. Elle tient un seul mot : lucidité.

CONDITIONS D’ACCUEIL

L’antidote ? Répéter à l’envi que la Corse accueille, tolère, ceux qui ne se croient pas en terrain conquis. Mais qui se plient de bonne grâce ou par obligation aux usages, habitudes et culture du pays hôte. Si cela leur est trop pesant, ou si l’envie leur prend de passer outre, rien ne les oblige à séjourner sur notre sol.

DÉCOUVREZ LE CENTRE du MIEUX-ÊTRE 

Le bien-être physique et mental occupe aujourd’hui une place centrale dans nos vies frénétiques. Pour répondre à ce besoin croissant, le Centre du Mieux-Être, situé sur la commune de Mezzavia, offre une oasis de sérénité. Ce centre propose une gamme complète de services, allant de la réflexologie plantaire à la consultation avec un psychologue, en passant par les conseils d’une diététicienne et les bienfaits d’un massage dispensé par une infirmière spécialisée. Plongeons-nous dans l’univers apaisant de ce centre, où le corps, l’esprit et l’âme sont pris en charge de manière intégrale.

Par Anne-Catherine Mendez

Fondé en 2023 par Elisabeth Colonna réflexologue de formation, le Centre du Mieux-Être a pour vision d’offrir un espace où les individus peuvent trouver des solutions pour améliorer leur bien-être global. Elisabeth a souhaité créer un lieu qui devienne rapidement une référence en matière de santé intégrale. Il propose une gamme complète de services conçus pour répondre aux besoins variés des patients. Chaque programme est conçu sur mesure pour favoriser l’harmonie physique, mentale et spirituelle. Une équipe dévouée de 5 professionnels de la santé et du bien-être est au cœur du succès du Centre du Mieux-Être. Des experts en yoga, méditation, massages thérapeutiques, nutritionniste en passant par une thérapeute psychologue. Chaque membre de l’équipe contribue à créer une expérience enrichissante et personnalisée pour la patientèle.

UNE APPROCHE HOLISTIQUE

Ce qui distingue le Centre du Mieux-être, c’est son engagement envers une approche holistique du bien-être. Les programmes sont conçus pour traiter le corps, l’esprit et l’âme simultanément, encourageant ainsi une transformation complète et durable. En plus des services réguliers, le centre organise régulièrement des événements spéciaux et des ateliers thématiques. Ces occasions offrent aux participants l’opportunité de se plonger davantage dans leur parcours de bien-être, d’apprendre de nouvelles techniques et de partager des expériences avec d’autres membres de la communauté.

Le Centre du Mieux-Être incarne l’idée que le bien-être va au-delà de la simple absence de maladie. Il s’agit d’une quête constante d’harmonie, de croissance personnelle et de bonheur. Grâce à son engagement envers une approche holistique et à son équipe dévouée, le centre reste un phare guidant ceux qui cherchent une vie épanouissante. En adoptant une vision intégrale du bien-être, le Centre de Bien-Être Intégral invite chacun à prendre soin de lui- même de manière complète, conduisant à une vie plus équilibrée et épanouissante. Rejoignez cette équipe pluridisciplinaire pour un voyage vers l’harmonie intérieure et découvrez une vie pleine de vitalité et d’équilibre.

Centre du Mieux-Être
Parc d’activités de Mezzavia 2- Bâtiment A – 20167 Mezzavia Prise de rendez-vous: Resalib

SOLU A VERITÀ… A ghjurate ?

Matteu Ceccaldi :

iè a ghjurgu ! Allora pudemu principià…

Par Vannina Angelini Buresi

Mi prisentu: Mi chjamu Matteu Ceccaldi aghju 49 anni sò natu in paese , sò merre di Marignana dapoi u 2020, aghju una figliola di 4 anni è sò assistante parlementariu di u deputatu auropeu, Francescu Alfonsi.

1. Par voi, a tarra, chì vole dì ?

A tarra hè u cumunu, sparte i lochi da chì tutti ebbienu da chì fà, da scumbatte, da pudè cresce a so attività. Quì in Marignana, a tarra, hè l’agricultura cù a pruduzzione di farina castagnina è di salameria, a tarra hè quella chì ci face manghjà.

2. Parchè impegnavvi in a vostra cumuna ?
Ghjè u fattu d’esse ingrandatu in paese, d’esse ci andatu à a scola, u fattu dinò d’avè u babbu chè aghju. Aghju una leia à a tarra è cù u me paese particulare è aghju a voglie d’aiutà à tutti da ch’elli sianu bè in paese.

3. Da fà campà u rurale è i paisoli, chì ci vole à fà?
Elettu dapoi u 2008 è merre dapoi u 2020, ci sò sempre e listesse primure, avemu avutu u tempu di riflette, ma ci vuleria più alloghji, pocu case da pudè stallà famiglie è pocu travagliu. Avemu 8 appartamenti cumunali. Tutti i paesi anu e listesse dificultà, podassi cù a Fibre è a 4 G chè no aspittemu da quì à pocu, certi puderanu stà in paese, travagliendu in casa soia.

4. In tantu chè merre, qualesse sò e vostre dificultà ?
Aghju dighjà mintuatu e nostre dificultà ma l’imbroglii administrativi chè no pudemu scuntrà in e nostre cumune ùn ci aiutanu micca, par tuttu ci vole à fà dumande! Ci vole à dumandà subvenzione da realizà prughjetti è e dimarchje ùn sò micca faciule.

5. I vostri prughjetti?

Rifà certe strade, certi lochi sò periculosi, a ghjesgia hè aghjà stata rifatta, Ci vole à compie tuttu u ghjettu di i cundotti; Ci sò dui altri paisoli dinò chì facenu parte di a cumuna, Chidazzu è Revinda, hè un prughjettu di 200000 euri . Fà chjassi in leia cù u patrimoniu è a storia di u paese è di a Corsica, divemu mette in ballu l’epica di a resistenza cù quelli sbarcati di U Casabianca chì sò passati par Revinda, una storia scunnisciuta.

6. Chì Sucetà chì prughjettu par A Corsica, sicondu à voi?
Una sucetà appaciata, incù più spartera à u nivellu di e ricchezze, una sucetà più ghjusta duve ognunu pudaria vince a so vita è campà abbastanza bè.

7. L’autunumia sì ne parla di più in più, a vidite cumu?
L’autunumia si deve cunstruisce vicinu à a ghjente cù cio ch’ellu ci vole à piantà è cio ch’ellu ci vole à fà. E decisione devenu esse pigliate da un gruppu largu.

8. Rigreti n’avete?

Quale hè chì ùn ne hà ? Circhemu sempre a piglià e decisione e più ghjuste, cù a spirianza, sò piuttostu aghjustamenti

ch’ellu ci saria vulsutu fà ma ùn sò micca rigreti.

9. Chì ricuminciariate?

Pensu tuttu chì à l’epica ciò chè aghju fattu aghju circatu di fà lu par u megliu. Ma cum’è l’aghju detta ricuminciariu tuttu cù aghjustamenti.

10. Sete in esiliu, vi tocca à cambià di locu incù a cundizione d’esse impegnatu in pulitica altrò. Induve andate è parchè?

S’ellu era arimane avariu rispostu l’Irlanda, ma oghje andariu in America chì sottu à Donald Trump ci hè u periculu.

11. Avà, scuntrate à Emmet Brown un parsunnaghju di fizzione, u prufissore «scemu» di «Retour vers le futur», vi permette di vultà cù a sò vittura, in un’altr’epica, a qualessa scigliite?

À l’epica di U Medievu è di a Rinnascita in Italia.

12. Intirvista compia, hè compia a vostra vita (bella sicura, u più tardi pussibbule!). Hè ghjunta l’ora… Vi ne cullate in paradisu, San’Petru v’aspetta è vi lascia trè favore:

A prima: Par l’eternità di stà vi ne vicinu à qualchissia chì campa quassù. Minnana, quelli di a famiglia ma sopratuttu a me minnana.

A siconda: D’avè u putere di cambià qualcosa nantu à sta tarra è micca forse in Corsica.
Fà chì u cambiamentu climaticu piantessi.

A terza: Di vultà prestu in casa à circà un oghjettu caru.
Un ritrattu di me zitelettu in e calanche di A Sarrera, devu avé 7 o 8 anni, hè par u ricordu di u mumentu.

lycéens peuvent formuler leurs vœux pour la rentrée prochaine. En Corse, ils peuvent désormais postuler pour intégrer MIRA, une nouvelle école d’ingénieurs en robotique et informatique qui ouvrira ses  portes en septembre 2024 à Ajaccio. 

Par Caroline Ettori

Initiée par le groupe Aflokkat, MIRA est le résultat d’une portes en septembre 2024 à Ajaccio. pour établir un synergie entre la

sphère éducative et
le tissu économique insulaire. « Dans le cadre
de nos formations, nous avons commencé à travailler avec les entreprises du numérique dès 2016. C’est en 2019 qu’elles nous ont fait part de leur besoin d’ingénieurs »
, précise Benjamin Pereney, directeur général d’Aflokkat et directeur de MIRA. Des profils différents des bac+5 universitaires, plus ancrés dans l’entreprise, polyglottes, ayant obligatoirement une expérience à l’international. La demande est posée. Pour les équipes d’Aflokkat, le travail sérieux commence à la fin du premier confinement avec l’ambition de faire un état des lieux des besoins tant qualitatifs que quantitatifs. «L’objectif était de déterminer le nombre de personnes recrutées à 3, 5  et 10 ans. Nous avons réalisé une analyse territoriale nourrie par différentes études nationales et internationales. Très rapidement l’informatique n’apparaissait plus comme seule voie de développement, la robotisation et l’Intelligence Artificielle (IA) s’imposaient comme des tendances lourdes.»

Nous sommes à la fin de l’année 2020 et si l’idée d’une école d’ingénieurs se précise, les projections des besoins et du programme pédagogique sont au centre des préoccupations. «Il ne s’agissait pas de créer une école qui soit en retard à l’horizon 2030. Nous avons donc recontacté les entreprises comme la Sitec, Good Barber, Gloria Maris ou encore Corstyrène pour établir un nouveau bilan. Non seulement elles avaient recruté plus d’ingénieurs que prévu mais sur l’ensemble du territoire 60 postes par an restaient non pourvus faute de candidat. » La France ne compte que 200 écoles d’ingénieurs et les créations ex nihilo sont encore plus rares. De là à créer une nouvelle école sur un nouveau site… Le pari n’était pas gagné. Benjamin Pereney revient sur les différentes étapes qui ont jalonné la création de MIRA. «La lettre d’intention pour notre accréditation a été envoyée en octobre 2021. Peu après un rapport d’auto- évaluation a été transmis à la Commission des Titres d’Ingénieur. Un comité d’experts a étudié le rapport et nous a renvoyé une série de questions. Par la suite, ces experts sont venus sur site et ont évalué l’avancée du  projet. Dans notre cas, il y a eu de nombreuses rencontres, de nombreux entretiens avec les équipes ce qui a donné lieu à un nouveau rapport présenté à la Commission. Dans un second temps, la direction de l’école a été reçue par une commission paritaire composée de représentants d’écoles d’ingénieurs et de chefs d’entreprise. Un grand oral qui détermine si l’accréditation nous est accordée.» Ce fut chose faite en octobre dernier ! Entretemps, les équipes ontmultipliélescontactsetlespartenariats notamment avec le Pays basque et l’école de robotique ESTIA, tout ceci en lien avec l’académie de Corse, l’organe de tutelle de l’établissement.

Ainsi MIRA accueillera sa première promotion à la rentrée 2024. Une école en 5 ans qui sélectionnera sur dossier et après un entretien individuel 25 étudiants pour intégrer sa première année. Au programme: mathématiques, informatique, robotique, intelligence artificielle, physique et sciences de l’ingénieur mais également sciences de l’entreprise, sciences humaines et sociales. Le tout encadré par un corps professoral composé d’enseignants, docteur en informatique, robotique, physique, agrégé de mathématiques, de professionnels pour des problématiques très précises, très techniques 

et d’enseignants d’écoles partenaires comme l’ESTIA. Si les trois premières années seront en tronc commun, la quatrième proposera deux majeures: robotique mobile et robotique basée sur l’humain. En clair, la robotique mobile va se concentrer sur la programmation des robots autonomes. L’ingénieur va lui «apprendre» à interagir et à se déplacer dans un environnement. C’est le cas des voitures autonomes ou encore du robot Curiosity envoyé sur Mars.

Par ailleurs, la robotique basée sur l’humain portera sur les interfaces humain-machine que l’on retrouve dans les domaines médical, social, éducatif ou encore marchand. Enfin, la cinquième année sera tournée vers une 

mission de fin d’études.

 » L’OBJECTIF ÉTAIT DE DÉTERMINER LE NOMBRE
DE PERSONNES RECRUTÉES À 3, 5 ET 10 ANS.
NOUS AVONS RÉALISÉ UNE ANALYSE TERRITORIALE NOURRIE PAR DIFFÉRENTES ÉTUDES NATIONALES ET INTERNATIONALES… « 

«L’approche pédagogique de MIRA sera une approche par projets. Nous prévoyons 20 projets sur 5 ans, soit 4 par an qui iront de la création d’entreprise à la programmation d’un robot en passant par des actions en faveur du développement durable. D’ailleurs, nous accompagnerons les candidats dans leur projet de création d’entreprise, de l’idéation à la commercialisation au fil des années d’études. À partir de la 3année, ils pourront poursuivre leur cursus en tant qu’étudiants, apprentis ou étudiants entrepreneurs », souligne le directeur qui dresse le portrait robot des futurs ingénieurs MIRA. « Ce seront

des ingénieurs en robotique et informatique trilingues, français, anglais et une langue au choix qui pourra être le corse, le russe ou encore le mandarin, pourquoi pas. Ils auront eu au moins une expérience à l’étranger, soit académique par le biais de notre réseau d’écoles et universités partenaires en Italie, en Angleterre, en Amérique latine ou en Espagne; soit professionnelle sous forme de stage, d’alternance voire de contrat de travail à l’étranger, là encore au sein des entreprises partenaires de l’école.»

S’agissant du budget, les frais de scolarité pour les deux premières années sont fixés à 6500 euros par an. «Nous accorderons 4 bourses de 2000 euros sur critères sociaux, et au mérite, attribuée celle-ci sur concours. » En troisième année, les frais seront de 7500 euros. Il faudra compter 8000 euros pour les 4e et 5e année. À noter que les étudiants peuvent suivre leurs études en apprentissage. Dans ce cas, les frais sont payés par France Compétences. «À partir de la deuxième année, les élèves ingénieurs doivent effectuer des stages durant 3 mois par an. Ces stages sont rémunérés et peuvent participer au financement des études», note Benjamin Pereney.

Confiant sur l’avenir des futurs ingénieurs, le jeune homme poursuit: «En 2030, nous avons évalué les besoins à 632 recrutements. Notre première diplomation en 2029 réunira 35 jeunes professionnels, 10 auront intégré la formation sur concours à partir de la 2année. Notre objectif est de leur permettre de travailler sur le territoire, tout en leur permettant de partir s’ils le souhaitent. Si 35% des bacheliers corses quittent l’île pour leurs études par manque de formations souhaitées, la Corse compte seulement 2% de mobilité entrante. Nous voulons également être attractifs au niveau national et international.»

Toutes les conditions sont réunies pour retenir les talents et pourquoi pas susciter des vocations. « Beaucoup de jeunes n’ont pas conscience de ce que sont les métiers d’ingénieurs ou les métiers de l’informatique. La perception est très différente de la réalité. C’est un véritable enjeu que d’informer autour de ces filières à travers des actions pédagogiques comme des ateliers d’initiation à la robotique dans les collèges et lycées par exemple ou encore des cours de programmation. » Selon l’Insee les services numériques sont l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie. Un axe stratégique de développement plus que pertinent pour les jeunes et pour la Corse.

Pour en finir avec Depardieu

Par Jean-Pierre Nucci

Tous les garçons et les filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux… Qu’il est cocasse d’entendre Françoise Hardy interpréter cette chanson un peu niaise. Les yeux dans les yeux, la main dans la main… Comme si les rapports entre les jeunes garçons et les jeunes filles d’alors semblaient dépourvus de perversité et d’arrière-pensée. L’amour en priorité, le sexe après le mariage. C’était le temps de l’innocence. La duperie a cessé. Tout le monde n’est pas beau, tout le monde n’est pas gentil. Me Too a confirmé cette évidence avec force. La bataille contre le sexisme nous incite à la clairvoyance. Elle est juste et sa victoire est souhaitable. Sa lutte âpre. Nombre de personnes à la vue courte, c’est une étrange curiosité que d’observer une personne mener un combat d’arrière-garde, s’insurgent contre ce truisme. Leur enracinement dans l’erreur est profond, sans doute est-il la résultante d’une éducation conservatrice sévère. Assujetties à la tradition, asservies à l’ignorance, elles n’hésitent pas à enfiler le treillis et à rejoindre le champ des hostilités.

Les chiens aboient, la caravane passe.

Mais les hommes ne sont pas tous comme ça! S’indignent avec raison les vertueux. Qu’ils se rassurent, la boue épargne les gentilshommes. Ce mouvement, cette lame de fond irrépressible, frappe sans pitié les harceleurs, les salauds, les ingénus:

– Les salauds qui vampirisent leur victime. – Les harceleurs aux débordements en tous genres.
– Les ingénus à la candeur enfantine.

Malgré la horde en treillis, le paradigme a changé. Le litige relatif aux agressions sexuelles se joue désormais au tribunal. Les plaintes sont recevables. Il faut s’en féliciter. Le déni disparaît peu à peu, emporté par un vent salvateur vers des contrées lointaines. La vigilance reste toutefois de mise, car la banalisation est coutumière. Aujourd’hui, les salauds sont condamnés par la justice pénale (la prison pour de bon). Les harceleurs réfrènent 

leurs ardeurs par crainte de poursuites judiciaires (la paix enfin). Les ingénus se réveillent contraints (je ne pensais pas mal faire).

À l’aune de ce constat, on s’interroge sur l’attitude de Gérard Depardieu. Mérite-t- elle une sentence? La question se pose. Et l’on se penche sur son éventuelle implication dans plusieurs affaires douteuses. De viols! Si ces crimes sont avérés, la condamnation pénale est méritée. D’attouchements non consentis. De même. De mots sexistes et dégradants portés à l’encontre de jeunes filles en public. La justice tranchera, elle dira si la judiciarisation d’un tel acte s’impose. La société, quant à elle, le bannira. Mais ce ne ont que des mots! Certes, mais proférés dans un cadre public, par un influenceur de fait. Sur ce point les anthropologues sont formels: les mots entretiennent le mal. Il serait temps d’entendre leur théorie et d’appliquer leurs recommandations. Quelles sont-elles? Éliminer une fois pour toutes de notre vocabulaire les allusions sexistes, les propos racistes, et bien d’autres infamies encore, car ils blessent et humilient. Leur préjudice est grand. Ils sont l’expression du malin.

Rappelons avec force qu’aucun être n’est supérieur à un autre, quelle que soit sa classe sociale, son sexe ou son appartenance identitaire. C’est ainsi et c’est heureux. Le cadre légal qui régit nos sociétés modernes répond à cette philosophie. Il se doit d’être appliqué sans exception. Même vis-à-vis des monstres sacrés

Le président de la République a sans doute surpris lors de sa dernière conférence de presse en insistant sur la nécessité des rites et symboles républicains. 

Par Michel Barat, ancien recteur
de l’Académie de Corse 

On attend le recours aux symboles et aux rites dans la pratique religieuse ou mystique, là où le fidèle, l’initié cherche à s’approcher du sacré par des images, véritables icônes, et par une liturgie à l’esthétique forte. En un mot, les rites et les symboles permettent à l’adepte de vivre en résonant au rythme de ce qui pour lui est sacré et risquerait de lui échapper. À première vue, rites et symboles ne semblent pas appartenir au champ républicain laïc et pourtant la parole présidentielle portait en l’occurrence sur l’École publique et laïque, celle de Jules Ferry, celle de la Communale au Lycée comme si l’apprentissage du sacré républicain se faisait à l’École, comme si l’École était l’Église de la République, aux deux sens du mot Église: le bâtiment sacré et l’assemblée des fidèles. L’École serait donc le lieu où l’on devient citoyen, où l’on s’élève et est élevé à la dignité de citoyen. Au sens strict, il s’agit bien d’une liturgie laïque transformant l’enfant en élève puis l’élève en citoyen. Or, nos temps sont ceux de l’incroyance tant de l’incroyance religieuse que de l’incroyance républicaine. La querelle scolaire, histoire totalement française, celle des deux écoles, celle du curé et celle de l’instituteur, est l’histoire de la République française mais aussi celle de l’Église de France. La querelle n’est plus une guerre et semble aujourd’hui heureusement apaisée sur le territoire même si elle a laissé des traces plus vives dans quelques régions, par exemple en Bretagne et en Vendée où comme le rappelait un des anciens inspecteurs d’Académie le nombre d’écoles privées est plus important que celui des écoles publiques.

ICI, PAS DE DON CAMILLO ET PEPPONE
Cette querelle a réellement marqué la géographie humaine de notre pays. Ici en Corse, terre profondément catholique, l’enseignement privé catholique est bien présent, mais en importance numérique plus faible qu’ailleurs comme si les Corses avaient historiquement

un enracinement catholique, mais pensaient en revanche que l’École était l’affaire de la République de telle manière que la relation entre les deux écoles n’y est pas du tout guerrière et que l’évêque et le recteur n’y jouent pas à Don Camillo et Peppone, loin de là. 

 » AU SENS STRICT DU TERME,
IL S’AGIT D’UNE LITURGIE LAÏQUE TRANSFORMANT L’ENFANT EN ÉLÈVE PUIS L’ÉLÈVE EN CITOYEN. « 

Mais même en Corse, île à la culture catholique, la croyance et la pratique religieuse s’affaiblissent comme partout en France, il en va de même pour la croyance et la pratique républicaine. Les croyants deviendraient-ils incroyants et les citoyens des individus séparés faute de ne plus apprendre ni pratiquer leurs symboles et leurs rites. En 1989 avec la fin des écoles normales, l’École a perdu ses séminaires et la République perd ses maîtres comme l’Église ses prêtres. Les leçons d’histoire de l’École communale comme le célèbre manuel d’histoire pour les classes secondaires de Malet et Isaac construisaient La légende dorée de la République avec ses héros et ses saints, ces grands hommes et femmes qui sont élevés à la sanctification laïque lors du

très républicain rituel de panthéonisation.

QUERELLES ÉLOQUENTES
Cette cérémonie d’ailleurs a donné lieu à des réveils de la querelle entre Église et République: le cardinal archevêque de Paris, Jean- Marie Lustiger, refusa de participer à la panthéonisation de Monge, Condorcet et de l’abbé Grégoire au prétexte qu’il n’était pas possible à ses yeux de transférer les cendres d’un prêtre, fût-il jureur, de sa tombe en terre chrétienne à un mausolée républicain, qui plus est, ancienne église désaffectée. Mais le culte des saints et le rite des grands hommes républicains peuvent se croiser positivement : ainsi Jeanne d’Arc fut tardivement béatifiée par Pie X le 18 avril 1909 puis canonisée par Benoît XV le 16 mai 1929, en signe de réconciliation entre l’Église et la République depuis la loi de séparation de 1905. Paradoxalement c’est la loi de séparation qui permit de faire de Jeanne d’Arc une sainte après que les Républicains en ont fait un symbole de résistance après la défaite de 1870.

NOUVEAU SOUFFLE
Mais l’histoire sainte de la République se délitant plus vite que celle de l’Église, ses rites et symboles s’effaçant, l’École qui est son Église s’affaiblit fâcheusement. C’est pourquoi, la renaissance des rites et symboles républicains s’avère nécessaire pour celle de l’École, qui elle-même relèvera la République.

En ce début d’année, c’est sans surprise que le pouvoir d’achat culmine au classement des priorités d’action des prochains mois avec 51% des suffrages du panel. Après deux années à 5% d’inflation, un coût de la vie plus cher et des salaires moins élevés que sur le continent, les Corses souhaitent que les efforts de la force publique se concentrent sur leur porte-monnaie. L’autre grande priorité porte sur la sécurité, véritable évolution dans l’opinion insulaire (42%), puis viennent l’immigration (37%), la santé (27%), l’éducation et l’environnement à 21%.

Par ailleurs, l’autonomie comme facteur d’amélioration du quotidien ne semble pas convaincre les personnes interrogées (67%). Bien au contraire, selon le panel, les discussions engagées avec le gouvernement seraient de nature à freiner l’avancée de certains dossiers du ressort de la Collectivité de Corse (57%). Sans tomber dans l’opposition caricaturale «fin du mois contre fin du monde», il apparaît clairement que l’autonomie a du mal à s’imposer comme source de croissance auprès des personnes interrogées. Ses partisans ont encore quelques mois pour convaincre les plus perplexes. En parlant concret ?

Sondage Exclusif Paroles de Corse – Opinion of Corsica – C2C Corse Toute reprise totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète. Étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 505 habitants de Corse âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de département de résidence. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 3 à 5 points.

Attirant les producteurs et artisans de la Vallée, la 17ème édition des « Agrumes en fête » se déroulera les 10 et 11 février 2024 à la salle des fêtes de Bastelicaccia

Citron, Orange, Kumquat, Clémentine, Mandarine, Pomelo, Cédrat, Combava, Lime, Citron caviar, Main de Bouddha, aucun de ces agrumes n’aura plus de secrets pour vous, après votre visite à la manifestation.

Organisée autour de près de 70 exposants, vous pourrez en effet y trouver des conseils pour leur plantation et leur taille,  donnés par les membres passionnés de l’association de promotion et de Valorisation des Agrumes de Bastelicaccia (APVAB) et les intervenants de l’INRAE et de la Fredon Corse (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles de Corse)mais aussi participer à une tombola avec de nombreux lots à gagner ou encore assister au concours de confitures des exposants, pendant que les enfants pourront quant à eux profiter des animations organisées par la souris verte . 

Tout au long de cette grande fête, des dégustations de jus d’oranges frais pressées origine Bastelicacaccia vous seront aussi proposées ! Un petit coup de pouce vitaminé pour aider à la promotion de l’agriculture corse puisque la recette de ces jus sera reversée à l’association des jeunes agriculteurs corse.

Et bien sûr, comme chaque année, vous pourrez repartir avec des plants d’agrumes qui seront proposées à la vente. 

A noter qu’un parking obligatoire & une navette gratuite seront mis à disposition des visiteurs

La Corse touchée en onde de choc ? Le refus de l’Assemblée nationale d’examiner la brûlante question de l’immigration crée un schisme de grande ampleur. La secousse frappe de plein fouet l’Élysée. Un gouvernement fragilisé, Darmanin démonétisé aura-t-il la force et l’allant nécessaire pour porter et défendre la réforme institutionnelle insulaire ?

Par Jean Poletti 

Le Palais Bourbon fut le théâtre d’une révolution de palais. Dans une stupéfiante conjonction d’intérêts divergents, une majorité de députés asséna un violent camouflet au ministre de l’Intérieur. Coupable, forcément coupable, disent mezzo voce ceux qui dans son camp ne sont pas peinés de voir un candidat trébucher sur la route de la présidentielle. Lui qui briguait voilà peu encore de s’assoir dans le fauteuil de Matignon. Et qui dans la foulée avait lancé depuis Tourcoing une sorte d’appel en forme de candidature élyséenne est brusquement stoppé dans sa stratégie de conquête. Du côté d’Édouard Philippe ou de Laurent Wauquiez sans parler d’autres prétendants, tel Gabriel Attal, les larmes sont de crocodile. Sans parler d’une Élisabeth Borne jouant avec son encombrant pensionnaire de la place Beauvau à une sorte de « je t’aime moi non plus ». 

Cette petite guerre picrocholine, qui confond l’accessoire et l’essentiel, trouva ses limites sur un sujet qui rassembla les extrêmes pour faire chuter de son piédestal un homme qui voulait forcer le destin. Mais qui fait aussi voler en éclats l’apparence d’une unité gouvernementale, qui avait à n’en point douter la fragilité du cristal. 

À l’épreuve des faits 

Osons souligner par ailleurs que le « fameux en même temps » théorisé par Macron se brisa cette fois sur l’écueil de la réalité. En incidence, comment expliquer son silence ou ses atermoiements sur ce problème de l’immigration qui hante la population ? Où était Olivier Dussopt qui aurait du co-défendre le texte ? Qui oserait soutenir que Matignon mit les mains dans le cambouis ? Tout se passa comme si on avait laissé seul et en première ligne le voltigeur Darmanin. Sans doute pensait-il que son entrisme et ce qu’il croyait sa force de persuasion allaient faire triompher de haute lutte son projet. Un succès qui lui aurait permis d’engranger un atout maître dans le scrutin majeur. Pari risqué. Gageure. Revers. 

La Corse éloignée de ces turbulences ? Qui peut le croire. L’interrogation qui prévaut est de savoir si désormais la question de l’autonomie pourra être examinée dans un climat serein. Dans cette foire d’empoigne qui s’est instaurée chez les parlementaires rien n’est moins sûr. Une majorité relative et friable, des oppositions antagonistes à tous égards qui franchirent le Rubicon pour voter à l’unisson. Des querelles de chapelle. Des soldats de la macronie qui désertent ou s’inscrivent aux abonnés absents. À l’image des cinq députés de Renaissance qui manquèrent à l’appel le jour de la Bérézina. Leur présence dans l’hémicycle eut au moins permis que le texte fut débattu. Évitant le camouflet. 

Abandons de postes 

Mais dans une sorte de comedia dell arte, Monique Iborra était ce jour-là à Toulouse dans le sillage de Macron qui présentait sa stratégie industrielle ! Une autre, élue au titre des Français de l’étranger, était en Arabie Saoudite pour une réunion. Le député de Charente-Maritime avait lui aussi déserté et sa collègue Anne Genetet, pourtant vice-présidente du groupe, se trouvait en Chine pour un déplacement « prévu de longue date. » Et Michel Lauzzana, du Lot-et-Garonne avait sans doute piscine ce jour-là. 

Voilà qui montre mieux que long discours l’état de déliquescence de cette formation qui se targuait de faire de la politique autrement. Belle réussite. Les caciques rompus aux arcanes du pouvoir en rient sous cape. 

Cela indique que la discipline toute aléatoire d’un aréopage, déjà peu nourri, fait craindre le pire lors de prochaines joutes. Ne pouvant compter sur le fait majoritaire celui qui aura à défendre au banc des ministres le projet d’autonomie redoubler de pugnacité. Mais aussi et peut-être surtout d’une crédibilité lui permettant sinon d’être entendu à tout le moins écouté. Sera-ce le cas ? Pour l’heure dans une folle surenchère d’extrapolation tout et le contraire est dit. Remaniement, dissolution, et autres scénarios sont discrètement suggérés par des ennemis intimes. Ou, ce qui est de bonne guerre, martelés à l’envi chez les Insoumis et le Rassemblement national. Ce climat délétère sera-t-il résorbé rapidement. Laissera-t-il des traces, transformant une Assemblée nationale en foire d’empoigne qui transcendent les doctrines et se veulent propices aux coups de théâtres en tant que tels imprévisibles. 

Débats incertains 

En bannissant tout pessimisme exagéré, il n’est pas surfait de dire que si cette jacquerie persiste le débat sur l’autonomie ne se présentera pas sous les meilleurs auspices. Pis, si le précédent de la loi sur l’immigration avait fait tomber les tabous par l’union de la carpe et du lapin qui pourrait raisonnablement décrypter les futurs épilogues ? Qu’on le déplore ou pas, une situation nouvelle a brutalement fait irruption dans les allées parlementaires. Un gouvernement désarçonné, une Assemblée déboussolée un président en quête d’un vital second souffle. Voilà la situation. Éléments de langage et autres arguties n’y changeront rien ou presque. Tout l’édifice craquelle. Au risque de verser dans la redite, qui peut prévoir l’issue du dossier Corse dans un tel maelstrom, pour reprendre l’expression prisée de Prosper Alfonsi. 

« Le pire n’est pas sûr nul n’en disconvient ». Mais aucune nécessité d’être grand clerc pour admettre en contrepoint que le Sénat devient une référence de stabilité et de sagesse. Par nécessité devenu incontournable pour la puissance étatique. Or, on sait sa position sur l’évolution institutionnelle de l’île. Non à tout ou presque. 

Précédent inquiétant 

Dès lors sans avoir à lire dans le marc de café, Darmanin, ou un autre, aura à tenir compte des positions de l’omnipotent Gérard Larcher et la droite majoritaire au Palais du Luxembourg pour espérer qu’en résonance le groupe Les Républicains de l’Assemblée nationale ne taillent pas le document en pièces. Et chez les mélenchonistes, au demeurant plutôt favorables à l’évolution statutaire, certains ne seront-ils pas tentés de donner le coup de pied de l’âne pour accroître davantage encore le trouble dans le landerneau macronien ? Politique fiction ? Sans doute. Mais au gré des circonstances, elle se concrétise parfois. Ainsi, pour ne prendre que cet exemple, qui aurait parié un kopeck sur l’issue stupéfiante du chapitre Immigration. 

Et dans un leitmotiv lancinant affleure l’idée que cette coalition hétéroclite n’a finalement que le seul et unique but de briser Macron. Le contraindre, quelle que soit sa plausible riposte, de l’enserrer dans le rôle d’inaugurateur de chrysanthèmes ou de gesticulateur sur la scène internationale ? Bref le dépouiller de ses attributs régaliens et d’en faire un roi nu. Dans cette hypothèse, les répliques du véto parlementaire récent pourraient bien se reproduire, fut-ce dans des questions n’ayant nulle parenté entre elles. 

Vendetta parlementaire 

Toute l’opposition parlementaire serait alors parcourue par un seul mot d’ordre : haro sur le Président. Une attitude qui pourrait être une vendetta à la méthode de l’exécutif fréquemment enclin à « cornériser » les parlementaires par l’abondance du sacro-saint article 49-3 brandi à profusion. 

Si tel était le cas, quel serait l’accueil fait au tout prochain débat sur l’inscription de la Corse dans la Constitution ? À cette éventualité se greffe et se superpose, comme nous l’avons indiqué en filigrane, le fait que celui qui aura la charge de défendre cette initiative a un genou à terre. Et dans ses hypothétiques remplaçants, qui déjà se pressent à bas bruit au portillon, on peine à deviner celui pourrait remplir une telle mission. Ce qui dans un tel combat, qui se veut âpre, pose une seconde inconnue dans une équation en comportant par ailleurs bon nombre. 

Certains ont assisté aux débats tendus lors du second statut. Une droite réfractaire, des radicaux attentistes, certains socialistes hostiles. Mais Pierre Joxe, au charisme indiscutable, sut mettre de l’ordre chez les récalcitrants de gauche. Et François Mitterrand s’impliqua personnellement. Ainsi, il téléphona à Michel Crépeau alors chef de fil d’une importante mouvance radicale pour le persuader en termes assez toniques qu’il ne devait pas faire faux bond. Message reçu. D’ailleurs en pleine session, Joxe fut nommé ministre des Armées pour cause de conflit. Il fut remplacé Place Beauvau par Philippe Marchand, qui presque à son corps défendant, hérita du débat statutaire. Dire qu’il n’eut pas la tonicité de son prédécesseur relève de la litote. José Rossi qui était le rapporteur dut faire flèche de tout bois pour pallier certaines hésitations ou atermoiements ministériels et le potentiel risque d’enlisement. 

Garder espoir 

Et cette fois ? La donne est différente. L’ombre tutélaire d’alors n’est plus de saison. L’avocat du projet n’a plus la solidité de l’airain. Et la Chambre des députés est devenue un lieu de cacophonie. Une sorte d’exercice de fuite en avant. 

Voilà une trilogie qui n’incite pas à dire que le chemin de l’autonomie, déjà ardu, se parsème de nouveaux obstacles. Dont la Corse est le simple témoin, en espérant qu’elle n’en soit pas une innocente victime de remous dont elle est étrangère.