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LE TÉMOIGNAGE DU JEUNE RETRAITÉ LUC BERENI

Luc Bereni fait ses adieux à la compagnie régionale dont il fut pendant plus de quatre ans l’efficient président du directoire. Sans ostentation mais avec le sentiment du devoir accompli ce Bastiais à la carrière bien remplie dans le transport aérien occupa des postes à responsabilités, ici bien évidemment, mais au préalable sur le continent. Il livre, en forme de souvenirs, son vécu aux commandes d’Air Corsica et égrène ses décisions synonymes de succès, parfois teintés de quelques regrets. Trait d’élégance, il n’aborde pas le sujet de future délégation de service public alors qu’il quitte l’entreprise.

Par Jean Poletti

Quel bilan liminaire tirez-vous à l’heure de votre retraite?
Je suis fier d’avoir été aux commandes de cette belle entreprise pendant plus de quatre ans, au cours desquels Air Corsica aura assuré près de 100000 vols en toute sécurité, avec un taux de ponctualité et de régularité digne des compagnies aériennes les plus réputées de la planète. Cette performance rejaillit sur tous les métiers de la compagnie dont la grande majorité sont exercés en Corse par des salariés d’origine insulaire.

Vos satisfactions?

Malgré les crises à répétition, d’ordre climatique, sanitaire et énergétique, nous avons réussi avec mon collègue du directoire, Hervé Pierret, à conserver tous les emplois ainsi que la solidité financière de l’entreprise tout en investissant pour renouveler massivement la flotte. Entre fin-2019 et le printemps prochain, 11 des 13 appareils en service auront été livrés neufs à Air Corsica par Airbus (A320neo) et ATR (ATR72-600). C’est aussi la matérialisation d’un parti-pris fort dans le domaine d’une aviation plus «verte», en ligne avec notre programme «Ambizione 2025» qui nous a valu d’être distingués de la Palme d’or de l’environnement en 2022.

Des regrets?

Sur le plan social, ne pas avoir pu mieux récompenser le mérite et la productivité, quitte à remettre en question l’avancement automatique à l’ancienneté hérité de la fonction publique. Mais comment dire aux salariés «on traverse les crises, on s’en sort bien financièrement, on achète des avions dernier cri… mais on va tout changer dans votre rémunération, et seuls les plus performants d’entre vous gagneront plus». C’est inaudible pour certains, surtout dans une société d’économie mixte où la direction n’a pas le monopole des échanges avec le personnel, notamment quand les choses se compliquent.

Votre meilleur souvenir?

Poretta le 23 décembre 2019 lors du fameux 

« pont aérien » mis en place lors de la tempête Fabien qui avait dévasté nos locaux et inondé les pistes de l’aéroport d’Ajaccio, qui allait fermer pendant une semaine entière. Le contraste était saisissant avec Bastia, où il régnait une atmosphère surréaliste, avec des milliers de passagers qui affluaient depuis la Corse entière, des dizaines d’équipages et d’agents d’escale tous mobilisés, ainsi que des journalistes et des caméras de partout. Malgré le vent qui soufflait encore fort, les 10 avions d’Air Corsica alors en service et les 3 appareils que nous avions affrété au pied levé en Italie et en Croatie, avec des pilotes aussi aguerris que les nôtres à l’aérologie méditerranéenne en plein hiver, partaient sur le continent et revenaient quelques heures plus tard pour repartir de nouveau. Tout cela jusqu’au lendemain vers midi, quand nous avons pu constater que nous avions tenu notre promesse: permettre à chacun d’être arrivé à destination, sous le sapin de Noël, comme initialement prévu.

Votre regard sur la collaboration avec « le politique »
Nous n’avons parfois pas les mêmes priorités, ni le même rapport au temps… Avec des actionnaires issus de la sphère politique, il n’y a pas de pression sur les résultats financiers dès lors qu’il n’y a pas de pertes, comme ce fût le cas d’Air Corsica sous ma mandature. En revanche, il y a beaucoup d’attentes et de demandes, de tout ordre, de la part du public, qui remontent par l’intermédiaire des 

élus. Hélas, toutes ces demandes ne sont pas compatibles avec les impératifs de bonne gestion. Le rôle du dirigeant est alors de dire non pour protéger la viabilité de l’entreprise, même si cela ne fait pas plaisir à tout le monde.

Donnez-nous un exemple probant

Prenons celui des tarifs, que certains jugent excessifs l’été pour les non-résidents. Il faut beaucoup de temps et de pédagogie – j’ai 

souvent manqué de l’un et de l’autre – pour expliquer que lorsque les coûts flambent en raison de l’inflation alors que les tarifs conventionnés comme le tarif résident et les compensations versées au titre du service public sont stables, les autres leviers de croissance des recettes ne sont pas nombreux. Vendre à trois jours du départ plus de 500€ l’unité les dix derniers sièges sur Paris-Figari un samedi 1er août ne me choque pas quand on sait qu’une semaine plus tôt on trouvait encore du Paris-Bastia à 70€ pour voyager le mardi ou le mercredi suivants. Ce genre de mécanisme existe de partout dans l’aérien et je ne vois pas pourquoi il ne s’appliquerait pas chez nous. Ou alors il faut aussi plafonner le plein tarif dans les OSP, comme cela était le cas par le passé.

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Et concernant les ouvertures de lignes?

On m’a parfois reproché de ne pas avoir assez développé le réseau en dehors des 12 lignes de service public, qui représentent près de 90% de l’activité de la compagnie. C’est ainsi, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Malgré deux années d’incertitude totale liées au Covid, je n’ai eu de cesse de chercher des ouvertures dans ce domaine, mais comme pour le reste, sans mettre en péril l’équilibre économique de la compagnie. Créer des lignes est une chose, ne pas perdre d’argent en créant des lignes en est une autre. En 2023, Air Corsica a exploité 24 lignes ne relevant pas du service public. Nous avons renforcé notre présence en Belgique en ajoutant Bruxelles-Figari face à Ryanair, nous 

avons rouvert des liaisons avec l’Italie en partenariat avec ITA, successeur d’Alitalia, nous nous sommes implantés durablement sur l’Autriche en récupérant le contrat du Club Alpin bien connu en Balagne.

Des revers ?

Nous avons aussi connu des échecs, en Suisse et au Royaume-Uni, non pas en termes de trafic car il est facile de remplir des avions en bradant les billets, mais des échecs économiques, tout simplement quand les recettes totales d’une ligne sont inférieures à ses coûts.

D’autres pistes ?

Je n’entre pas dans le détail de tous les micromarchés où Air Corsica est présente en complément des 36 lignes régulières évoquées précédemment. Mais le fait que le groupe Airbus nous ait renouvelé sa confiance pour les dix ans à venir, soit la durée de deux DSP et demi, pour acheminer quotidiennement ses collaborateurs entre Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire, témoigne de notre réactivité lorsque l’opportunité de positionner la compagnie sur de nouveaux marchés se présente. Certes, l’activité «charter» ainsi que les «escapades européennes» à dates fixes sont marginales par comparaison avec les lignes de service public pour lesquelles 

Air Corsica a été créée et pour lesquelles elle est dimensionnée en flotte et en équipages. Cela me semble cependant être une bonne réponse au souci de diversification souhaitée par tous, jusqu’à ce jour dans de bonnes conditions de rentabilité, tout en étant réalistes eu égard à la démographie et à la saisonnalité de notre île.

Pouvez-vous expliciter ?

Acquérir plus d’avions et embaucher plus de personnel pour ne voler que trois mois par an, ou s’acharner à exploiter massivement toute l’année des lignes non soutenues financièrement serait du suicide. C’est ce qu’ignorent ceux qui parlent du sujet sans le connaître réellement.

Un conseil pour votre successeur Pierre Muracciole ?
C’est un professionnel reconnu qui a fait une très belle carrière dans le Groupe Air France et qui n’a besoin de conseils de personne pour réussir chez Air Corsica. Je ne doute donc pas un seul instant de son succès. L’objectif demeure identique pour tous ceux qui se sont succédé aux commandes de la compagnie: faire en sorte qu’Air Corsica continue d’exister et d’innover comme elle le fait depuis plus de trois décennies, au service des Corses et de la Corse.

Les fusions et acquisitions (Mergers & Acquisition, où M&A) sont fortement pratiquées aux États-Unis, pour près de 50% des transactions mondiales. L’Europe compte pour 25% de la pratique du M&A et à peu près 5% pour la France. Il y a eu pour environ 4 000 milliards de dollars de fusion et acquisition dans le monde depuis les années 2000 avec un marché qui grimpe et baisse au gré des aléas économiques. Le record de transactions a été comptabilisé en 2021 ! Le monde feutré du M&A semble spécifique aux grandes sociétés cotées… pourtant, dans la pratique, il n’en est rien. Les PME sont toutes autant concernées. Tour d’horizon !

Sébastien Ristori est analyste financier, directeur du groupe BARNES Corse, professeur de finance d’entreprise à l’Université de Corse, auteur et directeur de collection aux éditions Ellipses.

Fusion ou acquisition?

Les fusions sont des rapprochements de société par échanges de titres. La société achetée apporte ses titres à l’acheteuse, sur la base d’une parité définie en amont (poids relatifs de chacune des deux sociétés, en valeur ou en résultat). La transaction intégrale en actions modifie l’actionnariat, composé alors des deux collèges d’actionnaires mais ne nécessite pas un débours de cash pour acquérir la société. Inversement, l’acquisition, c’est l’achat en cash des actions de la société cible. L’actionnariat cible est payé et disparaît. La cible est entièrement intégrée à la société acheteuse. Il peut exister des formats d’offres mixtes, où l’acheteur peut proposer à la cible une offre en titres et en cash, exprimé par exemple ainsi : 20€ par action + 2 titres de la société X contre 1 de la société Y.

Les motivations pour faire du M&A

La croissance interne à quelques avantages: elle permet de maîtriser les investissements, de les temporiser et de mesurer les performances économiques attendues de chacun d’entre eux. Toutefois, les délais de réalisation sont donc plus longs, la création de valeur attendue plus lointaine et le résultat final incertain. En miroir, la croissance externe permet d’atteindre plus rapidement les objectifs souhaités. Mais cela nécessite un investissement colossal important et de grandes incertitudes sur la nouvelle entité élargie notamment en termes d’actionnariat, de pouvoir, de culture et d’intégration! Une décision de M&A est principalement motivée par des facteurs macro et micro économiques. Au niveau macro, les défis technologiques rencontrés dans un secteur d’activité peuvent amener deux entreprises à se rapprocher. Également, la santé des marchés financiers et la pratique de taux d’intérêt bas peuvent créer des opportunités de financement qui ouvrent la possibilité d’acquérir une société. Du côté micro, la réalisation potentielle d’économies d’échelles grâce au M&A, l’acquisition de parts de marché, de produits ou la recherche d’un leadership sont des aspects qui motivent la mise en route d’un processus de M&A. Le souhait de céder une activité et de se recentrer sur un métier, ou encore de trouver une source de cash immédiate, peut amener à envisager ce process de croissance externe.

Les intervenants du M&A

Plusieurs intervenants officient sur le marché du M&A: les banques généralistes qui réalisent des transactions entre entreprises, les banques d’affaires spécialisées en M&A ou encore les « boutiques M&A », adaptées à la TPE-PME. Ces boutiques sont, par ailleurs, constituées d’anciens banquiers et d’analystes financiers qui cherchent à mettre leur expertise au sein du secteur non coté, sur des tailles d’entreprises plus modestes que les grandes sociétés. Parmi les autres conseils, les 

experts financiers, comptables, les avocats (le M&A nécessite de fortes documentations juridiques) et les banques de financement font partie des interlocuteurs obligatoires au processus de M&A. Pour les sociétés cotées, les experts indépendants chargés d’établir des attestations d’équité (pour informer les multiples actionnaires cotés sur le prix de marché) et l’autorité des marchés financiers, tout comme les autorités de contrôle de la concurrence, sont des acteurs de premier plan.

Les processus de M&A

Il existe deux grands types de processus de M&A : la négociation privée, entre le candidat acheteur et le vendeur, ou les enchères organisées, entre une multitude de candidat acheteur et le vendeur. La négociation privée est une transaction confidentielle, assortie d’actes engageants pour déterminer les conditions de la cession. Concernant les enchères, elles nécessitent des étapes en plusieurs temps pour «engager» progressivement les offres sérieuses vers différents «tours». L’avantage d’une négociation privée est la confidentialité et la vitesse d’exécution, mais malgré cela, il n’y a aucune assurance que l’acheteur n’achète ni la certitude de vendre au meilleur prix. Pour les enchères, cela permet d’obtenir le meilleur prix possible et rendre ainsi l’offre plus crédible, tout en minimisant le risque d’échec (plusieurs acheteurs potentiels). Le processus est plus complexe à gérer que les négociations privées, plus long, et la confidentialité est, malgré les accords signés, difficile à maintenir.

L’intérêt pour les PME

La fusion-acquisition est un véritable levier de croissance pour les PME. Elle comporte toutefois des défis spécifiques. La croissance accélérée pour croître rapidement, augmenter les parts de marché ou encore accéder à de nouveaux marchés avec de fortes barrières à l’entrée, notamment quand la taille de l’entreprise est trop petite et ne permet pas de saisir des opportunités. Également, la diversification des activités pour réduire la dépendance à un seul segment de marché, ou plus encore, la recherche de synergies de revenus où de synergies de coûts (mutualisation des moyens). En M&A, il est par ailleurs courant d’attendre que 1+1 = 2,5, c’est-à-dire qu’une création de valeur supplémentaire (hausse de la valeur combinée des deux entités distinctes). Généralement, les acquisitions (payées en cash) nécessitent une prime pour intéresser le vendeur à vendre ses titres. Cette prime est, généralement, plafonnée au montant des synergies dont la valeur attendue est actualisée.

L’enjeu de l’après Fusion & Acquisition (post-merger integration – PMI)
L’après M&A est souvent l’aspect le plus délicat de tout processus de fusion-acquisition. C’est peut-être même plus important. Car après les phases de calculs financiers, d’évaluation, les process de rapprochement, les due diligence, la signature d’un contrat d’acquisition d’action, un signing et un closing, il faut bien commencer à travailler ! La phase PMI vise à fusionner et à intégrer avec succès deux entreprises distinctes pour réaliser les synergies et les bénéfices attendus de la fusion ou de l’acquisition. Il faut alors délivrer les synergies espérées et promises au rapprochement, il faut intégrer et fédérer les cultures d’entreprises et les équipes, améliorer les systèmes d’information, gérer, rassurer et rencontrer les fournisseurs, continuer efficacement la relation client… autant de sujets opérationnels qui dépassent de très loin le seul champ de la finance d’entreprise et qui sont absolument nécessaires pour réussir une opération de M&A. 

En octobre dernier, l’Ajaccienne Marie-Laurence Cipriani se lançait dans la traversée de l’océan Atlantique à bord d’un catamaran. Plus de huit mille kilomètres pour relier Port Leucate dans le golfe du Lion à Saint Martin dans les Caraïbes. 

Une expédition motivée par le goût des défis mais surtout par la volonté d’en apprendre toujours plus sur l’océan, poumon bleu de la planète, et son rôle dans la préservation de l’environnement. 

Par Karine Casalta

Cette expédition audacieuse s’intègre en effet pour la jeune femme dans un projet plus global visant à sensibiliser le public au milieu marin et à la biodiversité. L’opportunité de réaliser cette traversée s’est ainsi présentée à elle après deux expéditions en catamaran, effectuées l’été dernier en Méditerranée, pour « One Day in the Mediterranean » (Un jour en Méditerranée), une série d’expéditions initiées avec « Follow Me Production », l’association que Marie-Laurence a cofondée avec le réalisateur Franck Fougère. 

Sensibiliser par la beauté

Mêlant leur fascination partagée pour les richesses de la Méditerranée et le goût de la communication, la série propose des expéditions en Méditerranée, en compagnie d’une équipe d’explorateurs passionnés – plongeurs, scientifiques, photographes et vidéastes –donnant naissance à des contenus vidéos autour d’histoires captivantes afin d’éveiller les consciences et sensibiliser le public à la fragilité des écosystèmes marinsPlus que de la simple production de films documentaires, le parti pris de leur projet est de célébrer la beauté de la nature et plonger les spectateurs dans les merveilles du monde naturel, fort de la devise de Jacques-Yves Cousteau « On protège ce que l’on aime et on aime ce qui nous émerveille. » « One Day in the Mediterranean »est donc né de cette envie de faire découvrir, ou redécouvrir la Méditerranée sous un angle positif, artistique, optimiste… pour donner plus encore envie de l’aimer et de la préserver. »

Un intérêt pour la mer qui n’est pas toujours allé de soi pour la jeune ajaccienne qui a pourtant toujours vécu au plus près de cet élément et que rien n’avait jamais poussé à la navigation. Partie sur le continent faire des études de sciences politiques qu’elle a poursuivies par la suite à l’étranger aux quatre coins du monde, ce n’est qu’en rentrant en Corse en mai dernier que l’envie est venue de redécouvrir cet univers. 

En contact avec Franck Fougère à l’occasion d’une réflexion et d’un travail éventuel à réaliser autour de la COP 28 à Dubaï, c’est le sujet de la Méditerranée qui s’est rapidement imposé à eux : « Au-delà de la COP 28, on a eu l’occasion d’aborder ce sujet avec l’envie de travailler ensemble. Originaires tous deux d’Ajaccio, cela faisait sens de débuter en première ligne par l’origine, la Méditerranée. On aurait eu moins d’intérêt à se lancer ensemble à l’autre bout du monde alors même qu’il y a énormément de choses à faire au départ d’Ajaccio. C’est ainsi que nous avons créé l’association “Follow me production” avec dans la foulée notre projet d’expéditions “One Day in the Mediterranean”. »

La préservation des écosystèmes marins en ligne de mire

Deux expéditions en catamaran ont ainsi vu le jour cet été, pour aller à la rencontre de la diversité et de la beauté des espèces marines présentes en Méditerranée : dans le sanctuaire Pélagos pour la première, zone d’une importance exceptionnelle pour la biodiversité marine, et dans les eaux côtières tout autour de la Corse pour la seconde, à la rencontre de ceux qui vivent et travaillent à sa préservation. Insufflant dans chacune d’elles une dose d’aventure et d’émerveillement, des films documentaires en sont tirés qui seront présentés autour de plusieurs conférences données en janvier à Paris à l’occasion du Salon de la Plongée, partenaire de leur projet.

Des expéditions qui ont aussi donné à Marie-Laurence de croiser la route de Florian Rutsch. Fondateur de Seatreats, il propose des « retraites » en mer afin d’aider chacun à prendre du recul pour se reconnecter avec l’essentiel et trouver en lui ce qui fait sens dans sa vie.

Cette rencontre lui a offert l’opportunité de rejoindre ce dernier pour une traversée de l’Atlantique. Une aventure séduisante pour Marie-Laurence, pour qui, bien plus qu’un défi colossal, cette odyssée maritime représentait là encore un appel à l’exploration et à la découverte de cet océan.

Un défi audacieux

Elle a ainsi embarqué fin octobre dernier sur le catamaran de Florian, au beau nom de Purpose (le but, l’objectif), en compagnie de cinq autres navigatrices plus ou moins expérimentées. Un équipage international très féminin de passionnées, sensibles aux sujets environnementaux, désireuses d’en apprendre plus sur l’océan et de voyager autrement. Un périple qui n’a pas été de tout repos. « Nous sommes partis de Port Leucate, dans le sud-ouest de la France, puis nous avons longé la côte espagnole. Un des moments marquants a été lorsque nous avons dû affronter une première épreuve, les deux tempêtes Ciaran et Domingos qui nous ont obligés à faire escale pour nous mettre à l’abri. » Et d’expliquer en aparté que « sil’Atlantique impressionne, de par sa vaste étendue, la traversée de l’océan est finalement plus calme, avec des alizés qui nous poussent, et les vagues plus espacées que l’on ressent moins, à la différence de la Méditerranée qui est une mer houleuse et changeante ; on en a fait là l’expérience ! On a passé par la suite le détroit de Gibraltar, où là, une deuxième épreuve nous attendait. Une attaque d’orques a causé des dégâts au bateau et nous a contraints à nous arrêter pour faire des réparations dans un petit port, pas vraiment équipé pour accueillir notre catamaran. Ces attaques assez connues restent inexpliquées, et même si on s’y était préparé en tentant d’y parer de différentes manières, cela n’a pas vraiment fonctionné ! Nous avons pu repartir quatre jours plus tard en modifiant notre trajectoire pour tenter de les éviter, en poursuivant notre voyage le long des côtes marocaines. »Poussé par les vents jusqu’aux îles Canaries, le bateau a fait une nouvelle escale pour leur ravitaillement.Une étape stratégiquepour permettre à sept personnesde teniren totale autonomie à des milliers de kilomètres de toute terre habitée ! Des vents peu favorables les ont conduits par la suite à s’arrêter une nouvelle fois au Cap-Vert, avant d’entamer enfin la traversée de l’océan. « Notre dernier arrêt sur terre avant trois semaines de navigation non-stop sans voir de rivage. »

Une inépuisable source de connaissances

Un temps de déconnection totale qu’elle a utilisé pour mettre à plat les apprentissages de ses expéditions passées et mettre à profit de nouveaux thèmes offerts par cette traversée « Cela m’a permis de réfléchir à comment rendre accessible au mieux et au plus grand nombre le contenu de nos expéditions “One Day in Mediterranean”, et préparer la suite des activitésde l’association avec des idées de thématiques à développer et d’ateliers à organiser. Avec le projet aussi de montrer, probablement au travers d’un livre à venir, au regard de ma propre expérience d’Ajaccienne qui a toujours vécu près de la mer, combien finalement on ne connaît rien d’elle. Avec tout l’enjeu environnemental que cela représente, notamment en termes de réduction de notre empreinte carboneIl est étonnant de se dire qu’aujourd’hui on a des cartographies de la lune assez claires alors qu’on n’a pas de cartographies des fonds marins ! Il y a encore tant à apprendre ! »

Arrivée à bon port le 11 décembre dernier, la navigatrice a en aussi profité pour découvrir les Antilles et d’autres îles que sa Corse natale, toujours curieuse d’autres cultures et d’autres gens. Tirant de cette expérience une leçon d’humilité, face à la nature et aux éléments, c’est sur terre désormais que Marie-Laurence poursuit son projet de mise en lumière des enjeux environnementaux liés à la mer. Après le Salon de la Plongée à Paris en janvier, un travail de sensibilisation sera mené, notamment auprès des écoles, pour toucher les plus jeunes et 

Basgialiscu est un projet collaboratif basé en Corse dont le centre de gravité est la Méditerranée. Tel le «Basilic», créature chimérique protéiforme à laquelle il se réfère, cette publication indépendante est une sorte de carnet de recherches participatif, réalisé sous l’égide de sa créatrice Rose Cesari, par des amateurs passionnés dans la pure tradition du fanzine. Espace créatif expérimental et organique, le fanzine à travers un papier, des traits épais, des taches, des déchirures, des pliages, rappelle volontiers un cahier de brouillon, qui offre un support où l’on peut tout tenter sans craindre de gaspiller du papier de qualité. Permettant d’éviter ainsi la crainte de ne pas être à la hauteur d’un carnet plus conventionnel, il en émerge de fait toute la spontanéité des idées notées à la main. Chaque numéro de Basgialiscu organise ainsi autour d’un thème défini un dialogue aveugle entre les participants pour donner naissance à une publication composite riche de la production de chacun. Lancé en 2022, le premier numéro est ainsi né d’un carnet de brouillon intime de sa créatrice, Rose Cesari, nourri d’illustrations et de textes parlant exclusivement de la Corse. Un essai transformé par la suite avec un deuxième numéro qui nous a aussi offert un carnet de voyage de port en port, décliné en format livret et mural.

Ce thème du troisième numéro que je vous invite à découvrir, sorti en décembre dernier, est centré sur la minéralité. Il a rassemblé divers artistes, auteurs et professionnels dans différents domaines. L’objectif étant selon Rose, de permettre à chacun de s’exprimer librement sur le sujet sans direction imposée, créant ainsi un patchwork d’idées et de perspectives. Le fanzine devient ainsi le reflet de la diversité des expériences, un lieu où des vérités en apparence contradictoires coexistent harmonieusement. Un processus de fusion de perspectives divergentes capturées dans le nom même Basgialiscu.

RENCONTRE AVEC LA CRÉATRICE Rose Cesari

Artiste passionnée de dessin, Rose Cesari a toujours eu un lien fort avec l’art. Après avoir suivi une toute autre voie, ce n’est que récemment qu’elle s’est décidée à revenir au dessin pour oser explorer son potentiel créatif et artistique. Explorant diverses techniques, de l’aquarelle à la gouache ou l’acrylique, son style s’est développé avec un intérêt particulier pour le feutre et le feutre à l’encre de Chine, s’inspirant volontiers d’artistes tels que Gitte Maria Moller et Pauline Mauruschat pour leurs compositions intrigantes. La linogravure occupe également une place importante dans son travail, tout comme la typographie reflétant son intérêt pour l’écriture manuscrite et son irrégularité. Des inspirations que l’on retrouve incontestablement dans le fanzine Basgialiscu.

Si vous deviez décrire Basgialiscu en deux phrases ?

Si je dois utiliser que deux phrases je pense que celles de Chesterton sont parfaites «Il est plus soucieux de vérité que de logique. S’il voit deux vérités en apparente contradiction, il les adopte toutes deux avec leurs contradictions.» Il continue d’ailleurs plus loin en disant «Nous ne voulons ni d’un amalgame ni d’un compromis, mais les deux à la fois au sommet de leur énergie : l’amour, la colère, brûlants tous deux.»

Quel est le déclic qui a présidé à sa naissance ?

C’est Forteleone Arrighi qui un jour m’a apporté un livret composé de mes dessins et de ses textes. J’avais toujours voulu faire un fanzine mais je n’arrive jamais à me lancer. J’étais réticente au début parce que j’avais l’impression que ça ne serait jamais assez bien, mais il m’apprend à faire des choses imparfaites.

Pour dessiner, il vous faut… ?

Du papier et un feutre.

Le trait de caractère qui vous définit le mieux ?

Je n’arrive pas à répondre à ça…

Un lieu qui vous ressemble ?

J’aimerais ressembler à la cuisine de ma maison.

Le plus beau compliment qu’on a pu vous faire sur votre travail ?
Un jour, on m’a envoyé un message sur Instagram 

pour me dire que les dessins de sa maison d’enfance l’avaient «touché et même ému», ça m’a fait plaisir.

Ce que vous aimeriez qu’on dise de vous ?

J’aimerais que mes dessins ouvrent une porte, qu’on puisse dire qu’ils touchent juste

Les thèmes qui vous inspirent ?

La vie du quotidien, je dessine ce que je vois, j’essaie d’avoir un trait juste.

Ce qui vous rend fière ?

Je suis extrêmement fière d’avoir réussi à faire grandir le fanzine jusque-là! Depuis le numéro 1, il y a eu du chemin, et là de voir qu’il y a plus d’une quinzaine de personnes qui ont accepté de participer, des sculpteurs, des illustrateurs, des photographes, des auteurs corses, français, italiens, qui ont tous beaucoup de travail et qui ont été assez intéressés par l’objet pour accepter de produire quelque chose pour le numéro 3, ça me rend fière. Et aussi d’avoir réussi à le mettre en page, et à créer ce dialogue dont je parlais tout à l’heure et qui est la raison d’être du fanzine, parce que l’idée était sympa sur le papier mais quand je me suis retrouvée avec toutes ces idées et ces travaux entre les mains, ça a été une autre paire de manches de les faire dialoguer et pas juste de faire un catalogue d’œuvres.

Le casting d’un dîner idéal chez vous? (Réel ou imaginaire)
Étant donné que Noël vient de passer et que j’ai pu profiter du dîner idéal avec ma famille, je dirais un apéritif au coin du feu avec les contributeurs du numéro 3 du Basgialiscu, la plupart ne se connaissent pas. Je pense organiser ça en début d’année pour rencontrer tout le monde et que tout le monde se rencontre, avec les lecteurs aussi, ça sera l’occasion de présenter le travail accompli ces derniers mois.

Si vous aviez une devise ?

La justesse plus que la beauté.

https://www.rosecesari.com/basgialiscu

Insta : @basgialiscu_editions

Avoir une vocation pour la mode a toujours trotté dans la tête de Francesca-Maria, et ne l’a jamais empêchée d’avoir les pieds sur terre. Cela fait plusieurs années que cette talentueuse styliste vit pleinement sa passion pour l’univers du luxe. Elle vient de présenter lors de l’élection
de Miss France, la robe créée pour Miss Corse,
projet dont elle parle avec beaucoup de fierté.
Voici le portrait d’une passionnée, inspirée et inspirante
qui a relevé ce défi avec beaucoup de talent !

Par Anne-Catherine Mendez

Parlez-moi de votre parcours?

J’ai 26 ans, je suis née à Ajaccio, toute ma famille habite en Corse. J’ai passé un bac Scientifique au lycée Laetitia-Bonaparte. Passionnée par l’art, l’architecture d’intérieur et la mode, j’ai quitté la Corse à l’âge de 18 ans pour poursuivre mes études sur le continent. Pendant trois ans, j’ai intégré l’École de Condé de Nice. C’est une école d’arts appliqués qui forme aux métiers du design (design de mode, d’espace, de produit, graphisme). J’y ai effectué une MANAA (mise à niveaux en arts appliqués) puis je me suis orientée vers un BTS Design de mode. Ces études étaient pour moi une évidence. En classe de CM1, j’exprimais déjà l’envie de devenir styliste. J’étais et je suis toujours aussi très attirée par l’artisanat et la décoration. Mais la mode était pour moi comme une vocation, déjà plus jeune, je confectionnais des robes en papier recyclé, avec les rideaux de ma grand-mère. Nous organisions avec mon amie d’enfance des spectacles pour nos parents et je créais, je customisais des costumes. Je planifiais des shootings photo autour de mon village, dans le maquis, à Ajaccio. Mes amies me servaient de modèles, de muses et je m’improvisais aussi photographe. À 19 ans, j’ai fait un premier un stage au sein de la maison de couture libanaise Georges Hobeika, dans son showroom parisien. Un rêve se réalisait pour moi, celui d’évoluer pour la première fois dans le monde du prêt-à-porter de luxe et de la haute couture. Le cursus d’arts appliqués que j’ai suivi a accru ma créativité, j’ai petit à petit trouvé mon style. J’étais sûre de vouloir faire carrière dans des maisons de luxe. Après l’obtention de mon BTS, j’ai souhaité renforcer mes connaissances et mes compétences techniques. Pour cela, j’ai quitté Nice pour Paris, capitale de la mode. À l’école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, j’ai entrepris un perfectionnement en stylisme et modélisme. À l’issue de mes études, j’ai continué mon apprentissage à travers différents stages dans des maisons de couture, comme celles d’Alexandre Vauthier et de Jean-Paul Gaultier. Dans le même temps, j’ai participé à des projets créatifs: la confection d’une robe haute couture Valentino avec une plasticienne. J’ai imaginé et confectionné une robe en déchets recyclés pour un défilé au Palais des Congrès d’Ajaccio. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré notre Miss Corse Sandra Bak. C’est à la fin de mon dernier stage au sein de la Maison libanaise Zuhair Murad, que j’ai décroché mon premier emploi. Je travaille actuellement comme designer dans leur bureau de création parisien. C’est une Maison connue pour ses collections haute couture qui défilent à Paris, ses robes de mariée, mais aussi pour sa ligne de prêt-à-porter de luxe. Son siège est à Beyrouth.

Aujourd’hui, vous êtes donc styliste chez Zuhair Murad, en quoi cela consiste exactement?
En effet, je suis styliste au sein de cette Maison depuis presque deux ans maintenant. Nous sommes une petite équipe à Paris donc j’ai rapidement eu accès à diverses responsabilités. Je travaille sur la ligne prêt-à-porter de luxe de la marque, et propose mes idées et dessins au directeur artistique Zuhair Murad. Je suis toutes les étapes de la collection à savoir l’élaboration de planches d’inspirations (moodboards), des gammes de couleurs, la sélection de tissus, les rendez-vous fournisseurs. Je dessine en partie les collections, mais je peux aussi être amenée à collaborer avec notre designer graphique pour des imprimés et broderies sur mesure, et d’autres développements de matières. Je communique aussi avec notre usine italienne de fabrication et me rends sur place pour suivre là- bas certaines étapes de la collection notamment pour sa fabrication et sa production. En ce qui concerne la partie communication, je participe également au shooting des collections. C’est un travail passionnant, varié et enrichissant. Je peux suivre pratiquement la collection de A à Z, et c’est pour moi une réelle satisfaction.

Vous venez de créer la robe de Miss Corse 2024, qui a été présentée lors de l’élection de Miss France, quelle a été votre ou vos sources d’inspiration?
J’ai eu plusieurs sources d’inspiration pour cette robe. Au départ, j’avais imaginé m’inspirer de nos costumes ancestraux, de nos traditions ou des pans de notre histoire, comme je l’avais fait dans le passé en rendant hommage aux confréries corses dans mon projet de fin d’études. Puis j’ai voulu être plus simple, plus authentique. Montrer la Corse, partager sa beauté, serait sa meilleure représentation. J’ai donc souhaité retranscrire l’île, mon île, celle qui me manque beaucoup et que je retrouve toujours avec les mêmes yeux émerveillés. Je me suis par ailleurs pleinement retrouvée dans les paroles de Tino Rossi et de sa chanson «Ô Corse, île d’amour». Ce couplet est pour moi l’essence même de ce projet :

«Ô Corse, île d’amour
Pays où j’ai vu le jour
J’aime tes frais rivages
Et ton maquis sauvage
J’ai vu des lieux enchanteurs Pourtant au fond de mon cœur Je t’aimerai toujours toujours Ô Corse, île d’amour»

Le but était de magnifier notre île, de la rendre précieuse sur le costume et visible. C’est ainsi qu’elle est l’élément brodé au centre de la robe. La montagne dans la mer vue du ciel, la côte que l’on aperçoit lorsque l’avion survole la Corse, lorsque je rentre à la maison. Cette robe est une représentation stylisée de «ma» Corse et du regard que j’ai sur elle. Les différentes nuances de vert du maquis, les pointes de couleurs du printemps, ses textures, sa flore. Puis le contraste très marqué, presque saturé des couleurs et des reliefs entre terre et mer. Le rapport à l’eau est très important pour moi, c’est pourquoi j’ai choisi une mousseline de soie assez spéciale teinte en dégradé de bleus en rappel aux eaux caractéristiques de l’île. Sandra était aussi couronnée du «diadème du maquis» en référence à la couronne de laurier de Napoléon, et bien sûr en lien avec la ville impériale d’Ajaccio, la ville dans laquelle nous avons toutes les deux grandi. Le diadème représente une partie de notre patrimoine végétal, il est composé de fleurs en métal et en tissu que j’ai réalisé et assemblé à la main. On y retrouve la fleur de ciste, de myrte, l’immortelle, le genêt, l’asphodèle et le chardon.

La Corse est sans cesse présente dans votre vie ?

Oui, pour moi, la Corse est mon repère, l’endroit où je suis née, où j’ai grandi et où je peux retrouver ma famille et mes amies. C’est l’endroit où je me ressource pleinement. Ses paysages sont pour moi une source constante d’inspirations, les couleurs, la flore, les odeurs…

Retour à la mode, quelles sont les grandes tendances des années à venir?
Je ne pourrais pas vraiment vous répondre, car la mode se renouvelle sans arrêt, les collections s’enchaînent très rapidement. Dans le secteur du luxe chaque Maison a des marqueurs forts et son propre ADN qui se déclinent au fil des saisons et prennent des directions assez diverses. La mode est aussi un éternel recommencement, on aime beaucoup puiser dans les archives, dans les grandes époques comme dans les années 70 par exemple, cela fonctionne un peu comme dans le mobilier. Entre nostalgie et renouveau.

Et vous quels sont vos projets?

Pour le moment, je n’ai pas encore atteint tous les objectifs que je m’étais fixés, et les rêves que je projette pour mon avenir. Dans un futur proche, je souhaite bien entendu évoluer au sein de la Maison dans laquelle je travaille actuellement. J’aimerais par la suite, pouvoir intégrer d’autres grandes maisons, avoir des postes avec de plus hautes responsabilités, afin de réaliser un de mes plus grands rêves, celui de dessiner des collections haute couture ou qui sait devenir directrice artistique ! Aussi, depuis quelques années, je mûris l’envie d’étendre mon monde créatif à celui de la décoration. Affaire à suivre…

De quoi êtes-vous fière?

Je suis très fière de mon éducation et de mes attaches. Mes parents m’ont toujours portée et soutenue dans toutes les aventures que j’ai entreprises car dans ce secteur cela n’est pas toujours facile. Pouvoir grâce à eux vivre de ma passion me rend très fière.

Quelle est votre devise?

Si je devais citer une devise personnelle, ce serait :
Rêve beaucoup, travaille encore, persévère toujours pour mieux savourer ton succès.

Par Nathalie Coulon

Libre comme l’air, oui…
Et si nous nous rendions à l’évidence que nous vivons en mode air comprimé: vous permettez, qu’allons-nous nous souhaiter pour cette nouvelle année? De vivre mieux, de vivre libre, d’essayer, du moins de vivre libre et en paix et pendant que nous aurions droit tout le mois de janvier de nous souhaiter: «Pace è Salute» la paix et la santé, nous devrions nous en persuader. Il y a bien des méthodes pour cela. Bien entendu dans un pays en paix comme le 

nôtre. Effectivement un pays qui traverse une crise sociale extrême et ô combien déplorable mais un pays en paix, Dieu merci (oui j’assume le Dieu merci dans cet état laïc, ici c’est culturel plus que religieux de ponctuer ses phrases de toutes sortes de locutions faisant référence à la religion, je les appelle mes bondieuseries) un pays en paix est un pays qui ne connaît pas la guerre. En mettant de côté, les choses bien fondées pour rééquilibrer la notion de paix, nous allons rajouter une dose de spiritualité qui manque tant à la rudesse actuelle.

Nous allons méditer peut-être pour vivre en paix. Depuis des siècles, la spiritualité orientale invite à se mettre en retrait du monde et à méditer. Il y a environ 50 ans, l’Occident a emboîté le pas avec le mouvement hippie. Aujourd’hui, la méditation de pleine conscience est devenue un phénomène de société. Ce prodigieux remède aux maux de la vie trépidante ne devient-il pas, pour celles et ceux qui ont du 

mal à y accéder et à la longue, un principe irritant ? Et si on apprenait un peu à se foutre la paix : Faire un peu ce que l’on veut, quand on veut, au rythme que l’on veut et surtout comme on peut!

Vivre libre: est-ce faire ce que vous voulez? Être délivré de toute contrainte, ne pas être dépendant des autres, choisir et décider par vous-mêmes ?

Mais ne dépendre de personne et n’obéir à aucune loi, suffit-il à vous rendre libre ? Pour piqûre de rappel, «la liberté consiste 

à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (Article 4 de la Déclaration des droits de l’homme).
Vivre libre serait-il un pléonasme, un peu non ?

La faute à qui? à la météo? au collectif? à la politique? au climat social? Toutes ces conjonctures insupportables mais bien commodes pour se trouver des excuses.

Si c’est pas ma faute, c’est de la leur.
Il nous faudrait un tiercé gagnant pour sortir des croyances, de l’éducation, des modèles, des diktats.
Bref, nous vivons sous air comprimé, n’est- cepas?
Alors comme chaque année après les sempiternels vœux de bonne résolution, je vous offre ce petit bout de poème, il n’a pas pris une ride depuis.
« Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie» Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1578

Nouvelle année, nouveau départ? Pas exactement. Interrogés sur leur vision de l’avenir commun de la Corse puis de la France, les insulaires se montrent plus que réservés. En effet, 59% d’entre eux révèlent un certain pessimisme contre 40% d’optimistes. L’écart se creuse d’autant plus à l’échelon national. Ainsi, 75% des personnes interrogées n’ont pas confiance en l’avenir du pays alors qu’un petit quart veut encore y croire. La crise économique est le premier motif d’inquiétude, viennent ensuite les problèmes liés à l’insécurité et le contexte international. Les questions politiques et l’urgence environnementale sont également citées par le panel sans être pour autant prioritaires. Courage, l’année vient tout juste de commencer et peut-être nous réserve-t-elle quelques bonnes surprises.

Sondage Exclusif Paroles de Corse – Opinion of Corsica – C2C Corse Toute reprise totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète. Étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 505 habitants de Corse âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de département de résidence. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 3 à 5 points.

Attirant les producteurs et artisans de la Vallée, la 17ème édition des « Agrumes en fête » se déroulera les 10 et 11 février 2024 à la salle des fêtes de Bastelicaccia

Citron, Orange, Kumquat, Clémentine, Mandarine, Pomelo, Cédrat, Combava, Lime, Citron caviar, Main de Bouddha, aucun de ces agrumes n’aura plus de secrets pour vous, après votre visite à la manifestation.

Organisée autour de près de 70 exposants, vous pourrez en effet y trouver des conseils pour leur plantation et leur taille,  donnés par les membres passionnés de l’association de promotion et de Valorisation des Agrumes de Bastelicaccia (APVAB) et les intervenants de l’INRAE et de la Fredon Corse (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles de Corse)mais aussi participer à une tombola avec de nombreux lots à gagner ou encore assister au concours de confitures des exposants, pendant que les enfants pourront quant à eux profiter des animations organisées par la souris verte . 

Tout au long de cette grande fête, des dégustations de jus d’oranges frais pressées origine Bastelicacaccia vous seront aussi proposées ! Un petit coup de pouce vitaminé pour aider à la promotion de l’agriculture corse puisque la recette de ces jus sera reversée à l’association des jeunes agriculteurs corse.

Et bien sûr, comme chaque année, vous pourrez repartir avec des plants d’agrumes qui seront proposées à la vente. 

A noter qu’un parking obligatoire & une navette gratuite seront mis à disposition des visiteurs

Une manifestation vitaminée à ne pas manquer pour bien commencer l’année !

  Sébastien Ristori est analyste financier diplômé et certifié par HEC Paris, il est directeur du groupe BARNES Corse, enseignant en finance d’entreprise à l’Université de Corse et auteur aux éditions Ellipses.   La recherche de financement pour amorcer la croissance d’une entreprise est une étape fondamentale du développement, que ce soit à l’étape d’une création, d’une reprise, d’une opération de croissance interne ou externe. Mais alors qu’est-ce que la croissance ? Quels financements traditionnels est-il possible de mobiliser ?   Les stratégies de croissance Igor Ansoff a développé en 1957 sa célèbre « matrice d’Ansoff ». Cet outil pose les jalons des quatre stratégies de croissance d’une entreprise qui sont basées sur deux variables : le degré de nouveauté de l’offre et le degré de connaissance des marchés. Parmi les périmètres, on retrouve la stratégie de pénétration de marché ou de développement de marché, la stratégie de développement de produits ou de diversification. La pénétration de marché consiste à accroître les ventes actuelles des produits de la société sur un marché existant, notamment en finançant une force commerciale agressive pour accroître les parts de marché. Le développement de marché nécessite de vendre des produits existants sur de nouveaux marchés, sur de nouvelles zones géographiques ou nouveaux segments de clientèle. Cette stratégie mobilise des fonds importants à allouer au marketing et à l’organisation. Le développement de produits est un axe de développement fortement consommateur de cash pour financier de la recherche et développement, des frais de marketing et de conception. Elle implique très souvent le financement d’investissements nouveaux et de stocks supplémentaires. Enfin, la stratégie de diversification, très risquée, entend intégrer de nouveaux produits sur de nouveaux marchés. Le montant de l’investissement est très élevé et nécessite de fortes levées de capitaux.   Le business plan : clé de voûte du financement Quelle que soit la stratégie retenue, le financement d’une de ces options de développement doit être motivé sur un plan de croissance rédigé et correctement chiffré, mettant en exergue l’ensemble des composantes du marché et des moyens nécessaires à l’obtention des résultats espérés. Ces résultats devront être suffisants pour satisfaire les créanciers qui seront mobilisés (prêteurs, actionnaires, institutionnels) pour étudier le dossier. Ce business plan est la clé de voûte du projet. Il est nécessaire pour convaincre les investisseurs du bien-fondé du projet.   Les financements Il existe différents types de financements pour accompagner la croissance d’une entreprise. Il s’agit des financements par fonds propres ou par emprunt.   Les capitaux propres Le financement par capitaux propres prend la forme courante d’augmentation de capital, par le biais d’émission de nouvelles actions dont la valeur est fixée en tenant compte des flux de trésorerie du projet à financer. Cet apport en capital peut être réalisé par un nouvel actionnaire individuel ou par un fonds d’investissement privé en capital qui souscrit aux actions émises. L’apport en capital a quelques avantages : il n’y a aucune obligation à verser des dividendes, les actions ne sont pas remboursables et le coût comptable est nul. En contrepartie, les actionnaires attendent un taux de rendement minimum dégagé par l’investissement ainsi financé. C’est de cette façon que l’entreprise crée de la valeur pour les actionnaires qui souhaiteront, notamment les fonds privés, revendre leurs actions à un horizon de 7 à 8 ans à un prix évidemment plus élevé qu’ils ne les ont achetées, tenant compte du temps et de la valeur créée. Pour convaincre, le projet doit donc être solide et délivrer la valeur promise aux actionnaires.   Les emprunts Parmi les prêts, nous pouvons distinguer ceux qui sont assis sur des actifs et ceux qui prennent le risque global de l’activité de l’entreprise. Les crédits assis sur des actifs ne courent que le risque de l’objet lui-même, souvent par ailleurs nantis par le financeur pour limiter sa perte. Parmi ses financements, le crédit-bail qui permet de louer un bien plutôt que de l’acquérir pendant sa durée d’usage. Le crédit-bail est courant et permet de limiter l’endettement. Attention cependant à limiter le recours au crédit-bail, qui diminue les flux de trésorerie disponible et peut priver l’entreprise d’un financement global. Autre financement, le dispositif du lease-back qui s’adresse aux sociétés qui disposent d’un actif immobilier ou industriel important. Une société de cession-bail rachète le bien et le reloue à son client. Cela permet à l’entreprise de disposer d’importantes liquidités pour financer un projet de développement. D’autres financements temporaires, pour des durées et des montants plus courts, accompagnent la croissance de la société : les découverts autorisés, les conventions de trésorerie, les crédits de campagne… Concernant les crédits qui prennent le risque global de l’entreprise, on retrouve les traditionnels prêts bancaires accordés par un organisme de financement sur la base d’un dossier cohérent. Pour les levées de fonds importantes, les banques privilégient des tours de table à plusieurs acteurs, notamment avec des fonds privés, pour diversifier le risque. Les fonds privés peuvent intervenir en obligation. Ce sont des titres de dettes puissants. Les obligations sont émises par l’entreprise pour une valeur d’émission, achetées par des investisseurs. Ces obligations génèrent des coupons (intérêts) plus onéreux que le coût d’un crédit bancaire. Les obligations sont remboursables. Il est possible d’assortir aux obligations un prix de remboursement déterminé à l’avance entre les parties.   Les autres financements Parmi les autres outils à la disposition des dirigeants, les obligations convertibles en actions, les prêts d’honneur, les emprunts participatifs, le crowdfunding, les opérations de rachat à soi-même sont autant de dispositifs à mobiliser pour accompagner la croissance. Par ailleurs, l’avènement de la finance durable et responsable incite les entreprises à se diriger vers des investissements qui tendent à la neutralité carbone. Si la création des critères dits « ESG » pour mesurer le verdissement des actifs est en cours, une palette de financement existe déjà : les obligations durables, sociales, vertes ou à impact, des prêts bancaires durables. Ces financements dont l’usage croît depuis 6 ans seront fort probablement la norme des années à venir.   Convaincre Pour convaincre vos interlocuteurs du bien-fondé de votre plan de croissance, outre la qualité de votre business plan, il faut démontrer votre connaissance du marché, de vos clients et de vos produits, votre volonté d’apporter à vos investisseurs des succès d’estime, il faut apporter des preuves de réussite, et comprendre les enjeux financiers de vos interlocuteurs. Ces quelques éléments sont les clés de succès de votre levée de fonds pour réussir le financement de votre croissance.