Aujourd’hui, je vous emmène en Balagne, à la rencontre d’Audrey, à Moncale, dans ce territoire que l’écrivain Pietro Morati appelait déjà en 1715 “le jardin de la Corse”.
En Balagne, la nature offre ses fruits, ses plantes comme un trésor brut, un diamant qu’il faut simplement apprendre à tailler.À l’heure où la Corse, ses villages s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur histoire, la ruralité apparaît plus que jamais comme une voie d’avenir. Une voie d’économie durable, de et de vie choisie. Et parfois, commencer là où l’on est suffit à ouvrir les plus belles routes. C’est exactement ce qu’a fait Audrey. En choisissant de revenir au village, de s’ancrer dans son histoire, de remettre en lumière un verger, et de transformer ce qui l’entoure en projet de vie, elle incarne une manière très corse d’entreprendre : avec passion, patience et créativité. Son aventure nous parle d’un métier ancien, presque alchimique : celui de vinaigrier.
Un savoir-faire attesté dès le Moyen Âge, où le vinaigre, d’abord utilisé pour conserver, est devenu au fil du temps un condiment précieux, capable de relever, d’équilibrer les saveurs.Autodidacte, guidée par l’observation, la lecture et les conseils d’un maître vinaigrier, Audrey a construit une gamme inspirée par son village. Dans cet épisode, on parle de ruralité positive, de retour au pays, de création, de transmission, de gestes appris et répétés, et de la force qu’il y a à bâtir avec ce que l’on a déjà sous les yeux. Pour accompagner cet épisode, et saluer le travail des femmes dans leur manière de créer, j’ai choisi un extrait de Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés :
« Poser des questions, raconter des histoires : tout cela participe à la création de quelque chose, et ce quelque chose, c’est l’âme. »

